CONCLUSION GÉN. BKS TROIS PREM. CHAP. 0U80LUT. ETC
un quart d'heure, le rose un moment, et cette nuance du rose que j'y distingue encore, sans pouvoir la nommer, n'y est déjà plus ; descendez un degré, vous êtes arrivé au flux dont parle Heraclite. Mais le nuage, pour moi, n'est pas ces nuances qui paraissent et s'effacent aussi vite; le nuage, pour moi, c'est le rouge; ou plutôt c'est cette couleur particulière déterminée dans le nuage par le fond bleu du ciel, au milieu duquel je le saisis, et cette couleur , cette différence est permanente. Voyez encore cette anémone : non-seulement la couleur, mais encore le rouge y sont permanents; le vermillon y restera tout un jour, et cette nuance particulière du vermillon que j'y distingue encore sans pouvoir la nommer, une heure peut-être ; descendez un degré, deux degrés, trois degrés, vous arrivez au flux dont parle Heraclite. Mais aussi l'anémone, pour moi, n'est ni le rouge, ni le vermillon, ni la nuance particulière dont je parle, ni ces nuances qui, d'après Heraclite, paraissent et disparaissent à tout moment dans cette fleur; mais certaine nuance du rouge déterminée dans l'anémone par les fleurs infiniment variées qui l'entourent ; et cette couleur est permanente.
Les réalités apperçues changent continuellement, c'est vrai, mais ces changements sont soumis à une loi : c'est que ces changements auront lieu dans la réalité sans détruire, sans même altérer les grandes différences qui sé