‹ Histoire de l'Internationale (volume 2)Chapitre 14 sur 115 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

lies journaux de l'Internationale.

LEUR NOMBRE. — COMMENT ILS PARLENT DE IA BOURGEOISIE, DE l'armée, DE LA MAGISTRATURE, DU CLERGÉ.

Nous avons dit que le3 doctrines soutenues dans les congrès la plupart du temps par des orateurs et des rapporteurs qui ontdc grandes prétentions scientifiques et des allures pédantesques, étaient ensuite reproduites, développées et commentées tout le long de l’année par les organes de l’association dans un style plus accessible aux profanes.

M. Testut donne une liste de vingt-neuf journaux qui servent sur le continent européen d’organes à l’Internationale.

Sept de ces feuilles sont rédigées en français, mais aucune n’est imprimée en France; toutes sepublient en Belgique ou en Suisse; Tune de celles qui paraissent à Genève, la Cause du Peuple , est, bien que rédigée en français, l’organe de la section russe de l’Internationale.

Les autres sont :

La Réforme sociale, imprimée à Bruxelles, mais rédigée par Aubry, de Roûen, et écrite spécialement en vue des socialistes normands.

L'Internationale , qui paraît tous les samedis à Bruxelles, depuis le 16 janvier 1869 ;

Le Devoir , organe de la section liégeoise, paraissant tous les dimanches;

Le Mirabeau, organe des sections de la vallée de la Yesdre, paraissant tous les dimanches, à Verviers ;

L'Egalité, journal de l’associafion internationale des travailleurs de la Suisse romande, paraissant à Genève le samedi, depuis le 3 janvier 1869. Elle a succédé à la Voix de l’avenir. Elle a été, pendant les trois premiers mois de son existence, l’organe officiel des sections de la Suisse romande. Depuis plus d’un an, elle ne paraît plus qu'à des intervalles assez éloignés et très-irréguliers.

La Solidarité , organe des sections de la Fédération romande de l’association internationale, paraît à Neuchâtel depuis le 11 avril 1870.

L’association ne possède qu’un seul journal en Italie , c’est la Fratcllanza (la Fraternité) , organe

LES JOURNAUX DE L’INTERNATIONALE. lil

de la section de Naples. 11 paraît depuis le mois de juin de l’année 1869.

Elle en possède au contraire six qui se rédigent en espagnol. Deux d’entre eux paraissent en Catalogne ; un autre se publie à Palma (îles Baléares), les trois autres s’impriment à Madrid.

Tout le reste est écrit en flamand, en hollandais et en allemand.

A New-York l’association possède un journal rédigé en allemand.

Nous ne savons pas au juste combien elle en a en Angleterre, ni même si elle a dans la Grande-Bretagne des journaux qui soient tout à fait à elle.

En France, elle a possédé quelques mois la Marseillaise, , dont elle était, comme nous le verrons dans un autre chapitre, la maîtresse à peu près absolue. Un grand nombre des feuilles démagogiques, qui ont paru dans les derniers temps de l’empire ou depuis le 4 septembre, étaient entièrement à sa dispor sition; mais nous ne croyons pas qu’aucune d’elles ait été son organe officiellement reconnu.

Voyons maintenant comment parlent celles de ces feuilles qui se publient dans notre langue.

Au mois d’avril 1869, à la suite d’une grève qui avait éclaté à Seraing, en Belgique, il s’était produit des désordres assez graves pour nécessiter l’intervention de la troupe. Elle avait été contrainte de faire usage de ses armes, et plusieurs des perturbateurs avaient été atteints.

Dans son numéro du 23 avril 1869, l' Internationale

HJ

public à cc sujet un article intitulé : Une conspiration bourgeoise.

Autrefois, dit l’auteur de cet article, c’étaient les peuples qui conspiraient contre leurs tyrans. Aujourd’hui, la médaille a changé de revers : depuis que les hommes du peuple ne conspirent plus, mais étalent au grand jour leurs plans de groupement du prolétariat, leurs voies et moyens, leur programme et leur méthode, ce sont les despotes qui conspirent contre le peuple.

Sous quelque régime politique que nous vivions, république ou monarchie, le despote par excellence dans la société actuelle, c’est le capital, ou, pour être plus explicite, la classe capitaliste, la bourgeoisie. Tous nos gouvernants, quels qu’ils soient, empereurs, rois constitutionnels, présidents de république, ne tirent plus leur puissance d’euxmêmes comme autrefois, mais bien de la classe privilégiée, dont ils sont les représentants, du capiial dont ils sont l’incarnation.

Nous venons d’assister, en Belgique, à une de ces vastes conspirations tramées par les despotes bourgeois contre les masses populaires.

Le journaliste explique alors à scs lecteurs que la bourgeoisie, épouvantée des succès toujours croissants de l’Internationale, cherche un prétexte pour supprimer cette société devenue trop forte. Elle s’ingénie à irriter par tous les moyens les ouvriers qu’elle veut amener à se mettre en grève, afin de pouvoir présenter celte grève comme une émeute, pour arrêter quelques-uns des associés et irriter les autres.

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