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DÉBUTS DE LA LITTÉRATURE PACIFISTE

neurs de nos âmes que nous devons contester, avecques nos especs. Mais entre ceux qui portent un mesme titre, les differens se doyvent terminer avec douceur et vérité» (pp. 544—45).

En dernier lieu il faut mentionner deux ouvrages français de polémique datant de l'année 1604, et qui discutent le problème de la guerre et de la paix à propos d'une situation d'actualité.

Une guerre de tarifs entre la monarchie espagnole et la France avait failli amener des hostilités ouvertes, et le Gouvernement fran» çais préparait l'opinion pour cette éventualité par des pamphlets in» spires.^ L'un de ceux«ci «Le Soldat François», anonyme, mais écrit par Pierre de L'Hostal, gentilhomme béarnais et auteur assez fer» tile, défend avec beaucoup de verve la thèse militariste.'" L'épi» graphe du titre en trahit la tendance:

«La guerre est ma patrie, mon harnais ma maison, et en toute saison combattre est ma vie.»

Et plus loin nous trouvons l'éloge suivant de la guerre: «. . . l'ennemy estranger n'est qu'une pierre affiloire pour aiguiser nostre vaillance, et comme un mémorial qu'un grand empire ne peut estre sans ennemy, guerre et tousiours guerre, mais guerre paisible (sic!) pourvueu qu'à peine les tabours et les trompettes se puissent ouyr de nostre frontière» (p. 170).

Il va sans dire que la théorie de l'inimitié fatale et «naturelle», dans l'occurrence entre les deux royaumes d'Espagne et de France, fait partie de l'arsenal de cet auteur. Il s'adresse au Roi de France :

«Sire, si vostre France est asseurée et comme on dit, dans les murs de Semiramis, si elle est au dessus du vent, et au couvert de l'Ambition d'Espagne, qui ne seroit pas mesme contente des mondes

' L'Histoire de France, pub. par Lavisse, VI. i, p. 111—12 (par Mariéjol). '° Le Soldat françois, s. 1., 1605 (3 : 1604, puisque le chroniqueur I'Estoile dit l'avoir reçu en janvier 1601), 191 pp. injl6°.

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