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Publ. Je l'Inst. Nobtl norvégien. IV

HUMANITARISME RELIGIEUX ET SENTIMENTAL

gués, Comenius insiste sur une conception qui a un accent tout moderne: le monde, la terre est une unité au point de vue naturel; pourquoi ne le serait*il pas au point de vue moral ? Nous sommes tous citoyens d'un monde unique; qu'est-ce qui pourrait nous em» pêcher de nous unir dans une communauté unique, sous une loi unique?

C'est la conception des stoïciens que nous retrouvons sous la plume de ce philosophe chrétien du XVIIe siècle. Sans doute nous devons y constater l'effet, dans un esprit éclairé et sensible, des grandes découvertes scientifiques des Copernicus, Galilei, et Kepler, qui préparèrent la voie au système de Newton. GiORDANO Bruno avait déjà pressenti les conséquences des progrès scientifiques pour la philosophie générale, Comenius veut les appli* quer dans le domaine de la morale, tout comme le pacifisme mo;^ derne veut tirer les conséquences de l'évolution technique et éco» nomique de notre temps, dans le domaine de la politique inter» nationale.

Comenius essaye même d'indiquer l'évolution sociale : «C'est la base des sociétés ... là où plusieurs s'unissent, tout comme les membres dans un seul corps, régis par une seule tête dans l'intérêt de l'ordre»" . . . «De même, pour qu'on fût plus protégé, les uns des autres, on a commencé à se fédérer, d'abord les rois avec leurs sujets, et inversement, par des lois solides, puis des cités voisines, des ré< gions, des royaumes. Mais si l'on estimait que le contrat avait été violé par l'autre partie, et l'infraction ne pouvait être redressée par des plaintes et des exigences, alors on a cherché à venger les injures par des guerres et ainsi regagner la liberté.

Un autre remède moins violent a toutefois été essayé contre les discordes, à savoir la réduction de plusieurs pays sous un seul sceptre, afin de prévenir ainsi les occasions de discordes. Ainsi des

' Societatum fundatio . . . ubi plures coalescunt, ut in unum corpus membra, regenda tamen a capite uno, ordinis caussa. (p. 43).

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royaumes d'ordre secondaire ont été réunis, on a même eu la tenta» tion de réduire tous les royaumes du monde sous un seul chef. Mais semblable tentation n'a jamais réussi d'une manière suffisam< ment heureuse, et il n'est guère concevable qu'un seul homme puisse suffire pour cette tâche» . . .' L'ambition des fonctionnaires a pro» voqué des insurrections ; les empires ont été détruits, et des états moins grands ont surgi de nouveau.

Comenius indique ici très clairement la voie de la fédération comme celle qui pourrait préparer le règne de la paix. Mais les en* seigncments de l'histoire le découragent. Il est caractéristique qu'il envisage la monarchie comme la seule forme organisée d'un Etat, et nous ne pouvons donc guère nous étonner qu'il conclue sur un ton résigné : «causae bellorum perstant semper». Il n'a pas vu, et il ne pouvait guère à son époque voir, que dans la démocratie il y a une garantie de paix, parce qu'il existe entre les peuples une solidarité des intérêts qui n'a jamais uni, et ne peut jamais unir, les dynasties ou les oligarchies, que celles»ci soient d'ordre national ou bien d'ordre économique

Comenius désespère donc d'arriver à l'unité et à la solidarité qu'il vise, par la voie politique ou juridique: il se borne à prêcher l'amélioration morale. Sa Panegersia qui n'est au fond qu'une sorte de manifeste, destiné à servir de préambule à ses écrits pansophiques, a pu être résumé dans l'exhortation suivante:

' Etiam ut alii ab aliis tutiores esse possent, coeptum est foederibus sese co« pulare, primum quidem reges cum subditis suis, et vicï versa, legibus certis, tum vicinae civitatcs, regiones, régna. Si autem vioiari foedus altéra pars sentiret, nec emendari querelis et expostulationibus res posset: bellis ulcisci injurias, seque re» stituere libertati, quaesitum.

Sed et aliud minus violentum discordiarum reraedium tentatum est, reductio nempe pluriiim terrarum sub sceptrum unum: ut dissidiorum praevenirentur occa» sioncs. Inde regnorum minorum conjunctiones, usque ad tentamen omnia mundi régna sub unum reducendi caput. At nec id satis féliciter successit unquam. a tôt monarchis et nationibus toties tentatum. Nec enim unum hominem sufKcere om« nibus possibile . . . 1. c. 43.

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«Il faut que tous les hommes se réunissent pour parer à la cor» ruption. 11 faut apporter la lumière à tous les hommes. Toute la science politique consiste à gouverner l'homme; mais on n'a le droit de le gouverner que selon la justice et l'équité. Il nous faut revenir de la diversité et de la discorde à l'unité, et de nos égarements à la simplicité, de la violence à la liberté innée. Nous vivons tous en un domicile commun, la terre; un souffle de vie est ardent en chacun de nous ; nous sommes tous concitoyens du monde. Qui nous déf fendra de nous réunir dans une république unique? Mais pour cela, il nous faut revenir à la voie royale, que dis«je? à la voie divine de la lumière, de la paix et de la sécurité, à la voie d'unité, de simpHcité, et de liberté . . . La voie d'unité consiste dans une union générale de toute la race humaine . . . Venez donc tous, qui avez à coeur votre salut et le salut de l'humanité ; vous tous, de tout peuple, de toute langue, de toute secte, qui craignez Dieu, et à qui les égarements humains sont en horreur. Unissons nos pensées, afin que disparaisse tout ce qui nous exclut de la lumière de l'esprit, tout ce qui nous sépare de Dieu et tout ce qui nous sépare les uns des autres. Ayons sous les yeux un seul but, le salut de l'humanité, et mettons de côté entièrement toute considération de personne, de langue, de nationalité, de secte.»*

' J'emprunte ce texte aux «Libres entretiens», Ile série 1905—06; «Sur l'inters nationalisme», Paris, pp. 227—28. — Il faut dire cependant que ce résumé force un peu le sens des déclarations, en les concentrant. — Voici, toutefois, certains pas» sages caractéristiques, dans le texte original : «Concives igitur unius mundi cum simus omnes, in unam rempublicam, sub easdemque legcs, coire quid prohibet? (pp. 49—50) ... Si ergo redeundum est. ad principia redeundum est . . . a dispersione ad unionem ; a multiplicitate ad simplicitatem ; a violentiis ad spontaneitatem fp. 64) .... Omnes homines itidem unum corpus sumus, per omnia sui membra coherens (p. 66) . . Venite igitur, quibus sua et generis sui salus cordi est, ex quacunque gente, lingua, secta, omnes Dei timentes, omnes confusionem humanarum pertaesi, omnes meliorum cu= pidi! . . communibusque usibus adaptandi! (p. 80) . . . Unius mundi cives sumus omnes; imo sanguis unus omnes; Odisse hominem quod alibi natus sit, quod aliam loquatur linguam, quod aliud quid de rébus sentiat . . . quae incogitantia ? Desis namus obsecro ! homines enim sumus omnes : imperfecti ergo omnes : iuvandi ergo omnes : debitores ergo hac in re omnibus omnes« (p. 83).

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Comenius emploie la formule «une république unique» ;" mais il est bien douteux qu'il ait eu une conception nette d'ordre poli» tique. En réalité il n'est jamais sorti du domaine moral et in» tellectuel.

. La Panegersia avait été écrite sous l'impression des horreurs de la Guerre de trente ans. Nous avons vu que ce ne furent pas les seules tragédies guerrières qu'avait vécues Comenius ; aussi ses con» victions pacifistes se sont«elles intensifiées avec l'âge. La Panegersia fut imprimé en 1666 à Amsterdam ; peut»étre pourrons»nous expliquer qu'à cette époque Comenius affirme de nouveau sa conviction pacifiste.

En 1667 les envoyés de la Grande Bretagne et des Pays»Bas étaient réunis à Bréda dans la province du Brabant septentrional, afin de négocier la Paix. Comenius écrivit alors d'Amsterdam un petit ouvrage qui fut imprimé l'année suivante : «L'Ange de la Paix».'" Le titre en indique la tendance et le contenu. Comenius ne sort guère, ici non plus, du domaine moral. Il prie les plénipotentiaires de vouloir bien transmettre à tous les rois de la terre sa «Paneger» sia», qui leur apprendra la bonne méthode pour l'amélioration des choses humaines. Il appelle également leur attention sur un autre de ses écrits, «Lux e tenebris».*' — D'ailleurs ce petit ouvrage n'a

" Comp. la formule «republique chrestienne», si fréquente chez les auteurs du XVIIe siècle, chap. X, § 1.

'" Voici le titre complet: «Angélus Pacis ad Lcgatos Pacis Anglos et Belgas Bredam missus, indcque ad omncs Christianos per Europam et mox ad omnes Po» pulos pcr Orbem totum mittcndus, ut se sistant, belligerare désistant, pacisque Principi Christo, pacem gentibus jam loquutoro, locum faciant.»

" Cet ouvrage, qui avait d'abord paru sous le titre Lux in tenebris, rapporte les visions de certaines personnes illuminées, en qui Comenius — dont nous avons mentionne les tendances chiliastes — avait mis une confiance très naïve. Il alla même jusqu'à prédire la fin du monde pour l'année 1672. «11 n'y a presque per» sonne qui ne croie qu'il mourut donc bien à»propos puisqu'il évita la confusion de voir lui=mêmc la vanité de ses prophéties». (Bayle, Dictionnaire, s. v. Corne» mus). La renommée de Comenius a longtemps souffert de la mention très eau» stique qu'a faite Bayle de ses croyances chiliastes.

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aucune importance et en tout cas il n'a pas la portée politique qu'aurait pu faire supposer le titre.

Entre»temps Comenius avait engagé une polémique très vive avec le socinien Daniel Zwicker'*, qui en 1658 publia à Amster* dam un ouvrage anonyme polémique Irenicum Irenicorum. Come» nius y répondit par son De Irenico Irenicorum, qu'il publia à Am» sterdam en 1660. La polémique violente, caractéristique de l'âge, ne nous intéresse pas, excepté sur un seul point. Zwicker, conformé» ment à la doctrine socinienne que nous connaissons," avait com« battu dans un chapitre spécial le recours à la force militaire: «De usu Gladii, Bello, Militia, Magistratu post Christum et Apostolos, ab universa primorum seculorum Ecclesia, in Christianis improbato.»

Sous ce rapport Comenius fait abstraction de son ton polémique, en disant : «Ici tu as énoncé des choses qui ne sont pas mépri» sables, d'après lesquelles les commandements des consciences des Pères que tu allègues, fixent la liberté, qui ne doit jamais être vain» eue par aucune force extérieure. Mais, tout comme les Chrétiens sont prohibés d'avoir recours à la force au nom de la religion, de même ils doivent également être prohibés de repousser la violence par la violence. Car ce n'est pas avec vous seulement qu'il y a eu des controverses (vous qui n'avez pas porté les armes, puisque vous n'en aviez pas; autrement, peut»être, d'autres auraient sévi davantage contre vous, tout comme dans le passé l'esprit anti»trinitarien, lorsqu'il en a eu le pouvoir, a révélé sa mentalité chez les Ariens). Je ne veux pas approfondir ces problèmes . . .»'*

" Médecin; né à Dantzig 1612 et mort en 1678. Il avait des accointances avec les Frères moraves, mais il fut un adversaire des tendances irénistes de Co« menius. Voir Allg. Deutsche Biographie, XLV (1900), pp. 533-35.

" Voir Chap. VII, § 3, pp. 241 ss.

" Hic non contemnenda aftulisti, quatenus Patrum a te allegatorum monita Conscientiarum, nullâ unquam externâ Vi edomendam, libertatem concernunt. An vero, sicut Religionis causa vim inferre Christiani prohibentur, ita etiam vim vi repellere prohibeantur, quia non cum solis Vobis lis esset (qui arma non adhibe= tis, quia non habetis: saeviores alias forsan in alios futuri quam alii in Vos, quem-

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Comenius revient sur ce problème dans le dernier grand ouvrage de sa vie, et qui fut pour ainsi dire son testament spirituel, sous plusieurs rapports peut-être son oeuvre la plus caractéristique: IJmim Necessarium.^^ Il y discute le problème du recours aux armes comme un élément du problème général de la vie au point de vue Chrétien.

Il prêche la concorde et la conciliation — «Concordia, glutten illud animorum, omnia societatis membra in unitate continens» (p. 150), et il la prêche parce qu'elle est plus conforme à la nature humaine que la contrainte et la force. «Le secret de la domination, c'est la sagesse, pas la violence; le bon sens, pas la corde.»'*

L'auteur se demande d'où viennent tant de confusion dans les choses humaines, et il répond: «De la négligence de ce qui est le seul nécessaire et de l'admission de plusieurs choses non»nécessaires.» Il énumère ces superfluités, et nous y trouvons e. a : «Le dédain et la violation des lois, que nous appelons la raison d'Etati>}^ C'est un défi à la licence inhérente au principe anarchique de la souve» raineté des états, et sous ce rapport Comenius soulève de nouveau le problème de savoir s'il est permis aux chrétiens d'avoir recours à la force.

«Le Christ posa la tolérance des injures comme le seul moyen

admodum semel olim potestaiem nactus Antisitrinitarius .spiritus indolent suam. per Arianos, satis ex[s]eruit) nolo his immorari ... De Irenico Irenicorum, p. 168.

'* En voici le titre complet: «t/num Necessarium, scire quid sibi sit neces» sarium in vita, et morte, et post mortem, quod nonnecessarius, mundi fatigatus. et ad Unum Necessarium sese recipiens, Senex Jo. Amos Comenius anno aetatis suae LXXVll Mundo expendendum offert.» Ed. Amsterdam, A. 1668. — J'ai consulté une réimpression de Leipzig, 1724.

" Humana enim natura humanis modis régi vult, ductu magis quam tractu, suasione, quam coactione: quippe ad imaginem Dei rationalis et libéra, suique prorsus iuris facta. Imperandi ergo artificium sapientia est, non vis ; prudentia, non laqueus. (p. 151';

" «Legum aspernatio et violatio quam Rationem SUtus vocant.»

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de paix»,'* et dans des mots indignés Comenius se tourne contre la raison d'Etat, qui prend des ombres pour les objets et profane ar» bitrairement le droit divin. «On l'appelle raison d'Etat et par cela on comprend la licence de faire quoi que ce soit qui serve l'intérêt égoïste sans aucun égard aux pactes et promesses contraires. Si cela est admis (et d'autres pourront demander semblable admission d'après l'exemple donné) il en sera fait de toute foi mutuelle entre les hommes, aucun engagement ne sera assuré contre infraction, le droit ne régnera plus, mais la force ou la fraude »'®

La question est posée de savoir ce qu'il faut faire devant une nécessité absolue de guerre, «afin que la guerre ne devienne une im» passe» (ut bellum ne labyrinthus sit). Voici la réponse : «Ou bien il ne faut pas la commencer (mais la prévenir par des conseils paci» fîques) ou bien la terminer au plus vite, ou bien la faire avec pru* dence afin qu'elle n'apporte la défaite au lieu de la victoire. La première chose est très facile, la deuxième plutôt difficile, la troisième d'une difficulté extrême. Et le Christ a toujours conseillé la pre» mière voie comme la plus sûre (Matth. 5. 25 et 37; Luc. 14. 31). Et comme la guerre a quelque*chose de bestial, ainsi l'humanité et la mansuétude conviennent aux hommes, parce que toute controverse peut être réglée par une voie judiciaire bien ordonnée (Job, 34. 4).»°"

" Equidem Christus inter pacis média solam injuriarum tolerantiam posuit. - 1. c, p. 160.

" Vocant rationem status, intelliguntque licentiam quidvis agendi, quod propriis commodis serviat nullis in contrarium obstantibus pactis aut promissis. Quod si conceditur (concedi autem sibi alii aliorum exemple postulant) actum erit de mutua inter homines Hde, nihil a foedifragio tutum erit, non Jus regnabit jam, sed Vis aut Dolus. L c. pp. 163—64.

'° Aut non inchoandum est (pacificis praeventum consiliis) aut finiendum cito, aut gerendum prudenter, ut ne victoriae loco cladem afferat. Primum est facilli:" mum, difficilius secundum, tertium difKcillimum. Christus tamen primum com: mendare solitus fuit semper, tanquam tutissimum. Et quia bellum belluinum quid» dam est; homines humanitas et mansuétude decet, quia lites, judicio rite suscepto, terminari possunt omnes. 1. c. pp. 169—70.

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C'est une confession antimilitariste très nette, et que Comenius n'hésite pas à appliquer aux relations entre les états. Mais comme toujours il reste dans le domaine moral, et ne formule pas de règles juridiques. Cette besogne ne l'intéresse pas.

Il insiste encore une fois, dans des termes élevés et éloquents, sur l'unité du genre humain : «Nous nous trouvons tous assis dans le grand théâtre du monde; tout ce qui se passe ici, regarde tous . . . Nous formons tous, le genre humain tout entier, une descendance, un sang, une famille, une maison, et de par le même droit qui dit qu'une partie doit aider son tout, un membre tous les autres mem» bres du corps, un parent toute autre personne appartenant à la fa» mille ou, s'il le peut, toute la famille, ainsi nous qui sommes de nature humaine, devons aider nos semblables.» Dieu a commandé au,x hommes d'avoir soin de leurs semblables, et «la raison même l'enseigne à chacun, comme cela ressort des leçons des sages (So» crate, Sénèque)»."

On dirait que Comenius avait deviné la théorie toute moderne de l'unité biologique du genre humain, théorie qui de nos jours a été approfondie sur la base de recherches scientifiques, afin de prou» ver que la guerre détruit même les états qui l'entreprennent.'*

C'est dans son Unum Necessarium que Comenius remercie Dieu de ce qu'il a bien voulu lui garder la faculté d'être un v/r desiderù orum:'' un homme plein d'optimisme, porté vers l'avenir, vers le

-' Omnes in magno mundi theatro consideraus: quicquid hic agitur omncs tangit . . . Totum humanum genus una progenies sumus, unus sanguis, una familia, una domus: quo ergo jure pars succurrit suo toti, et membrum quodvis aliis om« nibus in eodem corpore membris, unusque familiaris alteri ejusdem familiae, aut etiam toti, si potest, familiae ; eodem jure nos naturae humanae consortes consorti» bus . . . Ipsa ratio sana id ipsum cuique dictât, ut in visis sapientibus patet . . . 1. c, pp. 218-19.

" G. F. NicoLAi, Die Biologie des Krieges, (Ziirich, 1917), notamment pp. 367-74.

" «Gratias itaque ago Deo meo, qui me pcr totum vitam virum desiderionim esse voluit.» Unum. Nec, p. 212.

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progrès. C'est ce trait de son caractère qui l'a rendu pédagogue: l'éducation des enfants, c'est avant tout une oeuvre d'avenir et de progrès ; aucun pessimiste, qui veut rester fidèle à lui-même, ne peut se vouer à l'instruction et à l'éducation. C'est le même caractère d'indestructible optimisme qui fait de Comenius, au milieu des dé» sastces qu'il avait vécu, au milieu des déchirements de la Guerre de trente ans, un croyant fervent en l'unité et la conciliation.

Ses efforts parfois nous paraissent utopiques, ses idées peu pré« cises; il a néanmoins légué à la postérité certaines tendances d'ordre internationaliste, qui ne se perdront pas : il est un avocat convaincu du mouvement des Académies, et il trouvera en Leibnitz un succès» seur passionné ; ses idées pansophiques seront reprises par les francs» maçons, qui également continueront ses efforts pour le rapproche» ment des confessions et même des peuples. Il est l'un des initiateurs du large courant d'humanitarisme qui est caractéristique du XVIIIe siècle, en France, en Angleterre et en Allemagne.

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