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MOUVEMENT DES SECTES

2e et du 3e siècles, et on croit pouvoir prouver la propagation de ses doctrines, de l'Orient, par la péninsule Balkanique, jusqu'en Italie et dans la France méridionale.

Les sectaires, poursuivis par l'Eglise, ont essayé de cacher non seulement leur propre existence, mais aussi les connexions avec leurs coreligionnaires, afin de ne pas les exposer aux mêmes persécutions. C'est ainsi qu'on peut s'expliquer l'absence d'un nom commun'; généralement les désignations sous lesquelles ils sont mentionnés, sont formées d'après les localités où ils ont été découverts (Albigeois p. ex), ou d'après leurs chefs locaux (Valdenses, Vaudois, d'après Vaïdus) ; ou bien ce sont des sobriquets (Lollards, cp. plus tard Quakers). La diversité apparente des doctrines semble s'opposer à cette théorie; mais c'est que les représentants officiels de l'Eglise, et surtout les membres ordinaires du clergé, n'ont aperçu que les bizar* reries des sectes.

Il ne s'agit pas ici de prendre position dans cette discussion. Il nous suffit, pour le problème qui nous occupe, de constater la base commune de vues et de sentiments qui caractérise le mouve* ment des sectes. Pour notre part nous sommes plutôt portés à insister sur certains traits communs, sans vouloir en conclure qu'il y a eu des liens de parenté ou une filiation directe entre ceux qui portent ces traits. La science historique de nos jours n'est que trop souvent disposée à déclarer: post, ergo propter.

Le premier trait qui nous frappe dans le mouvement des sectes du Moyen«Age, c'est l'inspiration directe de la Bible, et surtout du Nouveau Testament. Avec Marcion^ beaucoup d'entre eux sont disposés à rejeter l'Ancien Testament comme ayant été écarté par l'apparition du Christ. Inutile de dire qu'implicitement les tendan< ces anti*militaristes furent ainsi renforcées.

Un autre trait qui caractérise au moins la plupart des sectes,

' Il parait que le plus souvent ils se sont nommés eux<mêmes «frères», ou «chrétiens».

» Voir plus haut, p. 38.

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