‹ Histoire de l'internationalismeChapitre 33 sur 142 · LES SUCCESSEURS DE DANTE · texte numérisé non relu

LES SUCCESSEURS DE DANTE

Le «De Monarchia» était un épilogue. Il n'est pas le dernier. Le fameux traité anticlérical «Defensor pacis», écrit en 1324' par Marsile de Padoue en collaboration avec Jean de Jaudun, déve* loppe la thèse de la nécessité d'une indépendance de l'Empire vis'à* vis de l'Eglise. Il semble que le titre du fameux ouvrage a fait croire que c'était un traité pacifiste*. Ce n'est» vrai que pour le point de départ du raisonnement, qui est celui de «De Monarchia» : «La paix et la tranquillité dans la société est la meilleure des choses pour tout empire; elle est profitable aux peuples, et l'intérêt des na< tions est servi par elle.»'

Cependant la paix dont parlent les deux auteurs, c'est la paix intérieure au sein des états. La paix internationale ne les intéresse pas; le problème international ne paraît même pas exister pour eux. Ils considèrent l'Empire comme une unité politique existante, et s'ils combattent les prétentions papales, c'est parce que celles»ci provoquent des dissensions et des luttes au sein de cet Empire. Ils ne voient pas qu'il existe une société internationale, si ce n'est la société reli» gieuse. Ils revendiquent une organisation démocratique pour l'Eglise,

' Cette année est indiquée par la plupart des auteurs. Lindner. Deutsche Geschichtc unter den Habsburgcrn u. Luxemburgern, I (Stuttgart, 1S90), pp. 353-62, dit que l'ouvrage a été écrit «pas avant 1326», sans toutefois en donner les preuves. — Le Defensor fut condamné par la cour d'Avignon en 1326.

' Lagorgette, La guerre (Paris 1906) p. 676 en cite une traduction anglaise dans une liste de publications pacifistes; [F. W. Hirst], The Arbitcr in Council, p. 264, également.

' «Omni quippe regno desiderabilis débet esse tranquillitas, in qua et populi proficiunt et utilitas gentium custoditur » Defensor Pacis, cap. 1. Je cite d'après une édition de Frankfort, 1S92.

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