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LA «PAIX UNIVERSELLE» DU 2 OCTOBRE

Nous avons vu que ce fut le danger turc qui forma la base, ou, si l'on veut, le prétexte du projet de confédération de Georges Po« diebrad de l'an 1464. Encore au commencement du 16e siècle la «rmateria christiana» joue un rôle si grand qu'elle peut servir de point de départ à une convention dont l'initiative appartient au pape Léon X lui«même,' et qui fut conclue par les trois jeunes monarques qui pendant une génération étaient destinés à jouer les rôles les plus remars^ qués sur la scène politique européenne: j'ai nommé Henri VIII d'Angleterre, François 1er de France et Charles 1er d'Espagne, plus tard l'Empereur Charles»Quint. Ce n'est pas la &materia christiana» de ce traité qui le rend remarquable, ce sont les dispositions qu'il comporte visant une pacification générale en Europe.

Nous nous trouvons à l'époque des guerres d'Italie; les allian» ces se font et se défont; les horreurs des guerres continuelles déso» lent l'Europe. Léon X avait lancé, le 7 mars 1517, une bulle ordon» nant une trêve de cinq ans à l'Europe chrétienne, et il avait soumis aux Cours européennes un projet d'expédition contre les Turcs. A Cambrai les envoyés de l'Empereur Maximilien, de François premier et du jeune Charles d'Espagne avaient discuté le projet de croisade, et le 11 mars 1517 les trois monarques avaient conclu un traité établissant une protection réciproque de leurs états et prévoyant une croisade contre les Turcs. Il est probable que la dernière disposition n'était que de style. En tout cas le ministre anglais Wolsey, arche*

' Voir pour les efforts de Léon X visant l'organisation d'une croisade, Dju» VARA, Cent projets de partage de la Turquie (Paris, 1914), pp. 51 ss; ter meulen, 1. c, pp. 128 ss.

' DuMONT, Corps diplomatique, IV, p. 256.

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