‹ Histoire de l'internationalismeChapitre 75 sur 142 · ERASME: DE BELLO TURCIS INFERENDO · texte numérisé non relu

ERASME: DE BELLO TURCIS INFERENDO

Monarchie universelle, vers laquelle l'ambition de certaines personnes semblent se tourner .... Il est vrai, dit Erasme, que la Monarchie [universelle] serait la meilleure des choses, si toutefois il se trouvait un prince ressemblant à Dieu; cependant, les moeurs des hommes étant telles que nous les connaissons, les royaumes de grandeur moyenne sont les plus sûres, surtout s'ils sont unis par des pactes chrétiens.»'"

C'est la fédération des états souverains, un équilibre entre des empires à peu près égaux, qui semble se présenter ici à l'esprit d'Erasme. Le conseiller de Charles»Quint, ayant passé la soixan» taine, regarde le monde d'un oeil désillusionné. L'idéal du Moyen* Age: ut omnes unum fiant, est toujours le sien: «Optima quidem est Monarchia». Mais il n'ose plus aspirer à la perfection; il vaut mieux s'incliner devant la dure réalité: «ut sunt hominum mores, tutis» sima sunt moderata imperia.»

L'histoire de l'Europe est là pour prouver que notre humaniste a vu juste: la fédération des nations indépendantes est devenue l'idéal des pacifistes de nos jours. Et l'Europe contemporaine aurait» elle eu à passer par la crise terrifiante que l'on sait, si au lieu de la juxtaposition de grandes puissances et de petits états, on avait eu un certain nombre de «moderata imperia, christianis foederibus inter se connexa»? Il est permis de le croire.

C'est sur cette parole que nous allons quitter Erasme, le plus grand prédicateur contre la guerre parmi les humanistes, si grand que sa voix est entendue encore de nos jours. J'ai dit déjà que ses écrits sont encore publiés et lus aujourd'hui.

Toutefois Erasme n'était pas seul à faire cette croisade. Nous allons voir que plusieurs de ses contemporains étaient imbus des

'" Op. V, 366—67. «Terret nonnullos universalis Monarchiae vocabulum quo videntur spectare quidam .... Optima quidem est Monarchia, si Princeps detur Deo similis, verum, ut sunt hominum mores, tutissima sunt moderata imperia, chri» stianis foederibus inter se connexa.»

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mêmes principes. Quelques«uns d'entre eux étaient même en rela» tions avec lui, de sorte qu'il est probable qu'ils ont reçu de lui leur inspiration. Sans trop d'exagération on peut parler d'une école paci= fiste du XVIe siècle, dont Erasme, comme je l'ai dit déjà, est la figure dominante.

§ 2. - SIR THOMAS MORE

Le troisième membre du triumvirat des «Oxford Reformers», SiR Thomas More, l'ami d'ERASME et de John Colet, fut appelé à jouer un rôle politique plus actif que ses deux amis. Né en 1477/8, fils d'un avocat, il étudia à Oxford et fut pris par l'ardeur qui y régna pour les études grecques. Son père, qui craignait les nouvel» les idées, le plaça à Lincoln's Inn dans le but de lui faire suivre la carrière juridique. Thomas s'inclina et devint avocat, sans abandon^ ner cependant ses premières amours. Il fréquenta les humanistes et fut même protecteur des artistes. Nous avons vu qu'Erasme écrivit son «Eloge de la Folie» dans la maison de More, et Holbein a peint un tableau renommé de «Sir Thomas More et sa famille».

Son étude d'avocat devint une des plus importantes de Londres, et More fut bientôt appelé à jouer un rôle politique. Le jeune roi Henri VIII, lui«même érudit et ami des humanistes, trouva le même charme dans la compagnie de More qu'Erasme et tant d'autres, et il l'employa dans des missions diplomatiques; mais More jouit en même temps d'une grande autorité auprès des bourgeois. En 1523 nous le trouvons Speaker de la Chambre des Communes. Ce fut au milieu des intrigues de Wolsey et d'Henri VIII avec Cbarles«Quint contre François I^", et Wolsey avait fait convoquer le Parlement afin d'obtenir les sommes nécessaires pour la guerre. Le cardinal comptait sur le nouveau Speaker, mais ses espérances furent déçues: More resta fidèle à ses électeurs bourgeois, et se prononça contre le vote des sommes demandées pour faire la guerre à la France. Le roi, néanmoins, lui continua sa faveur, et lorsqu'en 1529 arriva la

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chute du cardinal Wolsey, Thomas More fut appelé à lui succéder comme Lord Chancelier. 11 garda cette situation jusqu'en 1532. Sa chute fut provoquée par son désaccord avec Henri au sujet du divorce avec Catherine d'Aragon : More n'était pas de ceux qui sacriBent leurs convictions à une carrière. Le roi ne le lui pardonna pas. En 1535 Sir Thomas More fut décapité.

Sir Thomas More était donc non seulement un jurisconsulte et un homme d'état, il était aussi un grand caractère. Tous ses con» temporains vantent le charme de sa compagnie, la finesse de son esprit. Erasme, nous venons de le voir, lui rend le plus charmant hommage par le titre de son ouvrage «Morias enkomion».

Une étude de ses idées sur la guerre et la paix nous dira la communauté d'esprit qui le liait avec Erasme etColet: la conviction qu'il avait de la vanité des guerres et de la nécessité de la paix. C'est dans son célèbre traité du pays Utopia que nous trouvons ses idées exposées. Le titre porte le même cachet d'une douce et triste ironie que l'adage d'Erasme, Duke bellum inexpertis. Il est dérivé de où — non — et de rô^roc; — lieu — nulle part on ne trouve — peut»étre nulle part on ne trouvera non plus — l'état idéal que nous expose More.

Le traité fut écrit en 1515—16, pendant les mêmes années qui virent paraître les travaux les plus importants d'Erasme sur le pro« blême de la guerre. Le livre, écrit en latin, fut le fruit des loisirs de son auteur pendant une mission politique dans les Flandres au service de son Roi. La scène en est à Anvers, où More rencontre le voyageur intelligent et savant Raphaël Hythloday. Le 2e livre a été composé d'abord; il décrit d'une manière très détaillée le pays Utopia, alors que le I" livre, écrit l'année suivante, fournit le cadre et pour ainsi dire le fond de la description de l'Etat idéal: des re» flections et des critiques sur les conditions poHtiques et sociales de l'Europe, et notamment de l'Angleterre, préparent la pensée du lec* teur à la nécessité des améliorations, des réformes que suggérera la connaissance des conditions utopiques.

12 — Publ, Je l'Institut. Nobel norvégien. IV. 177

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Les relations internationales, les problèmes de la paix et de la guerre ne jouent pas un rôle de premier plan pour Sir Thomas More ; les questions intérieures le préoccupent davantage. II se trouve, cependant, un chapitre dans le 2^ livre intitulé «On War^ fare»,' et nous trouvons dans les deux livres des sorties fréquentes et des traits satiriques qui nous permettent de nous former une opinion assez complète de ses idées sur les questions qui nous intéressent.

Sir Thomas partage l'horreur des humanistes pour la guerre. Ces sentiments sont au moins ceux des Utopiens. «War or battle as a thing very beastly and yet to no kind of beasts in so much use as to man they do detest and abhor.» — Nous reconnaissons les raisonnements d'Erasme. «And contrary to the custom almost of ail other nations they count nothing so much against glory as glory gotten in war.»- More trouve l'origine des guerres — encore une fois d'accord avec Erasme — dans l'habitude de faire abattre les animaux ;^ il met la chasse — contre laquelle il se prononce avec une violence étonnante pour son époque — sur le même niveau, occupation «indigne des hommes libres».* Le métier de soldat est par conséquent peu considéré par notre auteur. «Nor thieves be not the most false and faint«hearted soldiers, nor soldiers be not the cowardiiest thieves: so well thèse two crafts agrée together.»^ Les utopiens emploient des mercenaires afin de ne pas corrompre le

' Je cite le «Utopia» d'après l'édition réimprimée de la traduction de Ralphe RoBYNSON, pub. par J. Rawson Lumby, Cambridge Univ. Press (1902). — J'ai ioute^ fois transcrit le texte d'après l'orthographe moderne.

' L. c. p. 88. «For they permit not their free citizens to accustom themseU ves to the killing of beasts, through the use whereof they think clemency, the gentlest affection of our nature, by little and little to decay and perish.»

* Voir p. 111.

^ p. 30. Cp. la description qui suit de l'état de la France «filled and be; sieged with hired soldiers in peace time (if that be peace)» . . .

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caractère de leur propre peuple, et pour ce métier ils emploient un peuple particulier, les zapoletes, «hideous, savage and fierce . . . of a hard nature . . . abhorring from ail délicate dainties, occupying no husbandry, nor tillage of the ground . . . The most part of their time is by hunting or stealing . . .»* Suit un tableau peu bienveiU lant de toutes les mauvaises qualités des mercenaires, telles que le 16e siècle ne les connaissait que trop bien : leur convoitise et cruau< té, leur inconstance et mauvaise foi, qui les fait changer de parti «for a halfpenny more wages by the day» . . . «This people fighteth for the Utopians against ail nations because they give them greater wages than any other nation will. For the Utopians, like as they seke (3: prépare) good men to serve well, so they seke thèse evil and vicious men to abuse .... Nor the Utopians pass not (3 : do not regard) how many of them they bring to destruction. For they believe that they should do a very good deed for ail mankind, if they could rid out of the world ail that foui stinking den of that most wicked and cursed people.»'

On ne peut guère imaginer une diatribe plus violente contre la guerre et les guerriers ; elle dépasse de beaucoup tout ce qu'avait écrit Erasme. L'auteur peut»il dire toute sa pensée parce qu'il parle par l'intermédiaire de sa fiction? C'est ce que nous ne pourrons jamais savoir. C'est le propre des «Utopies» : elles semblent parler avec une franchise sans feinte, et subitement surgit dans notre esprit cette objection : mais ceci ne se passe nulle part et ne pourra exister nulle part!

En tout cas il faut constater que ni Thomas More, ni ses utopiens ne sont antimilitaristes dans le sens contemporain de ce mot. Ils ne doutent pas de la légitimité de la guerre dans certains cas, sous certaines conditions. «. . . they never go to battle, but either in the defence of their own country or to drive out of their

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friend's land the enemies that hâve invaded it, or by their power to deliver from the yoke or bondage of tyranny some people that be therewith oppressed. Which thing they do of mère pity and com» passion.»" . . Les utopiens vont même plus loin : «Howbeit they send help to their friends; not ever in their defence, but sometimes also to requite and revenge injuries before to them donc. But this they do not, unless their counsel and advice in the matter be asked, while it is yet new and fresh. For if they find the cause probable, and if the contrary part will not restore again such things as be of them justly demanded, then they be the chief authors and makers of the war.»"

Les utopiens ne font jamais la guerre afin de se procurer des avantages de commerce; même les pertes économiques ne les émeuvent guère, l'organisation socialiste de leur pays ayant pour résultat que de semblables préjudices ne se font pas sentir. Au contraire, si l'un d'entre eux est mutilé ou tué, ils ouvrent tout de suite des hostilités — si les coupables ne leur sont pas livrés."*

Il n'est pas facile de tirer une doctrine complète sur les critères d'une guerre légitime de ces indications très sommaires." Le problème

» ibid.

" Laurent, ouvr. cité, X, p. 39.5 dit: «Morus admet encore une autre cause légitime de la guerre. Les Utopiens envoient des colonies dans les pays incultes ; si les colons rencontrent une nation qui repousse les lois de l'Utopia, ils la chas= sent des terres qu'ils veulent coloniser, au besoin, par la force des armes. Dans leurs principes, la guerre la plus juste est celle que l'on fait à un peuple qui poss sède d'immenses terrains en friche, et qui en interdit l'usage à ceux qui viennent y travailler et s'y nourrir suivant le droit imprescriptible de la nature.» — Il m'a été impossible de retrouver ce passage extrêmement intéressant, repris par Nys, Revue de Dr. int, 1889, p. 71—72. La façon très sommaire de citation de ces deux auteurs rend le contrôle de leurs citations très difficile. — Si aptes tout la citation était correcte, Morus soulèverait ainsi tout le problème de la colonisation, des «protectorats» européens, pour ne pas parler des «peuples arriérés». — Cp. une discussion intéressante à ce sujet dans «The Independent» (New York) 1912 et 1915, ouverte par M. Théodore Marburg.

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n'est pas approfondi: comment savoir qu'une guerre dite défensive l'est réellement? Comment les utopiens sauront»ils que la cause de leurs amis est juste, lorsqu'ils vont en guerre afin de «rétribuer et venger des injures précédemment faites à ceux»ci?» Tout cela peut certainement servir de prétexte à la guerre la plus injustifiée.

Toujours est«il que les leçons tirées par Raphaël Hythloday de la politique suivie par les utopiens étaient bien faites pour contre» carrer l'esprit de conquête, si répandu au XVIc siècle, si bien vu par les princes de l'époque. C'est surtout de ce côté qu'il faut en» visager l'enseignement de Sir Thomas More. Il parle à plusieurs re« prises de la stupidité et de la futilité des conquêtes. Lisez la para» bole des Achoriens,^- voisins de l'Ile d'Utopie «vers le sud»est», qui à la fin ont soumis à leur roi conquérant le choix entre son propre royaume et celui qu'il avait pris par les armes, «alleging that he was not able to keep both, and that they were more than might well be governcd of half a king: forasmuch as no man would be content to take him for his mule driver that keepeth another man's mules besides his.» Il est vrai que tout ceci est présenté hypothéti» quement. L'auteur semble dire: que dirait»on si j'avançais de telles opinions? Mais on ne sent que trop bien de quel côté sont ses sympathies. Il pense aussi, «that the kingdom of France alone is almost greater than that it may well be governed of one man.»"' Il voit que les préparatifs pour la guerre ne sont nullement proportion» nés aux avantages que tirerait le pays d'une guerre éventuelle;'* il sait que la guerre ne paie pas, et il partage l'avis des utopiens : «They be not only sorry, but also ashamed to achieve the

" L. c, pp. 50-52.

" ibid., p. 50.

'* «Furthermore if I should déclare unto them that ail this busy preparance to war, whereby so many nations for his sakc should be brought into a trouble» some hurly^burly, when ail his coffers wcrc cmptied, his treasures wasted and his peoplc destroyed, should ail the length through some mischance be in vain and to none effect . . . this mine advice, how think you it would be heard and taken?» L. c, p. 52.

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victory with bloodshed, counting it a great folly to buy precious wares too dear».

Que dirait Sir Thomas More des surenchères du XXe siècle?

Et que dirait«il du système des alliances? La fin du chapitre intitulé «Of Bondmen, sick persons, wedlock, and divers other matters» est formée par un paragraphe «Of leagues»,''' qui est au fond une satire amère sur la diplomatie de l'époque. «As touching leagues, which in other places between country and country be so often concluded, broken and renewed, they never make none with any nation. For to what purpose serve leagues? say they. As though nature had not set sufficient love between man and man. And who so regardeth not nature, do you think he will pass for (3: consider) words?» Et Raphaël expose que — contrairement à ce qui se passe en Europe, où, «especially in thèse parts where the faith and religion of Christ reigneth, the majesty of leagues is every* where esteemed holy and inviolable, partly through the justice and goodness of princes, and partly at the révérence and motion of the head bishops (sic !)» — on n'attache pas grande importance aux allian« ces dans les pays avoisinants de l'Utopie. «. . . they think . . that the custom of making leagues was very evil begun. For this causeth men (as though nations which be separate asunder, by the space of a little hill or a river, were coupled together by no society or bond of nature) to think themselves born adversaries and enemies to one another .... They be of a contrary opinion. That is that no man ought to be counted an enemy which has done no injury. And that the fellowship of nature is a strong league ; and that men be better and more surely knit together by love and benevolence than by covenants of leagues; by hearty affection of minds, than by words.»

C'est l'étudiant grec d Oxford qui parle, imbu de l'esprit véri» table d'un humanisme large et ouvert. C'est aussi le juriste dés»

"^ L. c. pp. 128-30.

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illusionné qui constate que dans la diplomatie la parole n'est que trop souvent destinée à cacher la pensée.

Il est peu important pour notre objet d'analyser comment More voudrait voir réformer les coutumes de la guerre; il en parle à plusieurs reprises, et notamment dans le chapitre «On Warfare». J'ai dit qu'il préfère la guerre par les mercenaires, afin de ne pas dépra» ver le peuple lui«méme. Cela n'empêche que tous les utopiens — y compris les femmes — ne soient exercés dans l'usage des armes. Et les excellentes conditions intérieures de leur Etat qui créent une satis» faction générale chez les citoyens, développent chez eux des facultés extraordinaires de guerre. On dirait le raisonnement moderne en faveur des réformes sociales, aptes à provoquer une force de résistance remarquable chez une nation!'^

More ne connaît que trop bien quelles sont les horreurs et les atrocités que provoque la guerre, et ses utopiens en tirent la consé» quence: «If any prince stir up war against them, they meet him incontinent out of their own borders with great power and strength. For they never lightly make war in their own country.»" — Il ne faut pas oublier qu'ils en tirent la conséquence, même pour leurs adversaires. Leurs armées ne pillent pas; ils ne détruisent pas les moissons, «thinking that it groweth for their own use and profit» — donc une déduction logique de la maxime développée plus haut, de la solidarité du genre humain.

Sir Thomas, s'est«il fait des illusions sur l'effet que produirait son ouvrage? Déjà le titre provoque des doutes à ce sujet, et à main' tes reprises un scepticisme résigné et moqueur s'y fait jour. Il met dans sa propre bouche les paroles suivantes, qui résument peut»étre sa pensée dans cet ordre d'idées: «How can so strange informations be profitable, or how can they be beaten into their heads, whose minds

" Cp. «Kuhurfôrsvaret», dans les polémiques suédoises sur le problème de la défense nationale (en 1914) " L. c, p. 143.

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be already prevented with clean contrary persuasions? This school philosophy is not unpleasant among friends in familiar comraunica» tion, but in the counsels of kings, where great matters be debated and reasoned with great authority, thèse things hâve no place».'"

L'histoire des 400 ans qui sont passés depuis ne peut que con« firmer ce scepticisme et cette résignation.

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