DES ALLEMANDS CONSIDERES COMME ORGANISATEURS
Lorsque des refus formels eurent répondu aux avances les plus séduisantes, la manière rude succéda brusquement à la manière doucereuse.
Sous ce rapport, la tactique employée à Versailles, dès le i^'' octobre, par le roué que fut le préfet prussien de Brauchitsch est typique.
Dès sou arrivée, il réclame des citoyens, dans l'intérêt des troupes allemandes, comme dans celui de la population, « un concours loyal et sincère »,... sous peine de l'oblit^er à employer les moyens dont il dispose ; il désire maintenir en fonctions « toutes les autorités administratives et municipales qui ne se montreront pas hostiles dans leurs fonctions... ».
Le 3 octobre, il inflige une amende de 200 francs aux chefs de division de la Préfecture qui lui ont refusé par écrit leur concours.
Puis il destitue, pour le même motif, les souspréfets.
Bref, il ne conserva plus que les maires, dont il usa et mésusa.
Le gouverneur général utilisa alors, pour faire
marcher les divers services, les fonctionnaires allemands qu'il avait à sa disposition et les infortunés maires.
Pour radministration;judiciaire,à défautdes magistrats locaux français, il dut instituer une juridiction nouvelle dans laquelle les Conseils de^guerre, les Cours martiales et des Tribunaux spéciaux jouèrent le principal rôle.
Dès le i8 août 1870, les Conseils de guerre avaient reçu l'ordre de ne condamner qu'à la peine de mort, leurs jugements étant immédiatement exécutoires.
Les Cours martiales ne devaient prononcer que des peines en rapport avec la gravité des fautes, mais elles étaient contraintes de se conformer aux règles ordinaires de la procédure.
Les tribunaux spéciaux étaient composés soit par les gouverneurs généraux, .soit par les préfets allemands.
Chaquegouverneur général disposait d'un Moniteur ojyîciel et du. Recueil des actes administratifs destiné à renseigner les maires.