‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 145 sur 257 · Desjardins (Gustave), op. cit., p. io · texte numérisé non relu

Desjardins (Gustave), op. cit., p. io

M"" Odot résiste à des soldats, son mari Charles, venu à son secours, est assassiné.

La Ferté-Milon (Aisne), à la fin d'octobre. — Le maire meurt d'émotion après avoir lutté contre des soldats voulant outrager des femmes.

Neiiville-et-This (Ardennes), le 27octobre. — Après avoir isolé, comme nous l'avons dit, les femmes et les jeunes filles, les Prussiens s'attaquent à elles et s'entraident pour leur faire subir les derniers outrages. Si l'enquête n'a pas signalé un plus grand nombre d'attentats, c'est que les violentées reculèrent pour la plupart devant une déclaration aussi pénible ; mais la déclaration du maire ne fut que trop catégorique* :

Je De puis dire de oisii quelle a été, pendant toute la durée de ces scènes, la conduite des soldats qui s'étaient introduits dans les maisons du village, mais on m'a dit (ju'ils y avaient beaucoup pris, qu'ils avaient insulté les femmes, et même qu ils en avaient violé plusieurs, entre autres, je puis vous citer le nom de Mme X..., femme d'un maçon de Neuville et âgée d'environ ([uarante ans. J'ai su aussi qu'une dame Z... aurait été, elle, seulement insultée, parce qu'elle s'est éuergiquement défendue et que son mari est arrivé armé d'un marteau.

Le Rapport relate que l'une des victimes fut mainten.ue par des ulilans, un fer de lance sur les jeux, de façon à lui interdire le moindre mouvement.

Sens et Citeaux (Yonne), en novembre. — Dans une auberge, des uhlans contraignent à coups de plat de sabre les filles de la maison à s'enivrer avec eux ; après quoi, ils abusent d'elles.

Arrondissement de Clerniont (Oise), le 17 novembre. — Après que M. Barbier a été fusillé, les Prussiens lient sur le lit son père et sa mère, violent sous

I. Pi'ûcès-verbal d'enquête... daté du 2 novembre 1870, p. 19.

leurs yeux leur fille âg-ée de dix-neuf ans, puis l'assassinent. Quand des voisins vinrent délivrer M'^^ Barbier, elle était folle.

Charleuille (Ardennes), le i6 janvier 1871. — Ici, le crime a été froidement calculé et consommé, non sans un certain profit. M'"^ veuve Prudhomme, âgée de quarante ans, débitante sur le port, commet l'imprudence, à la nuit, d'aller chercher de l'eau à une pompe voisine. Elle est assaillie par trois Prussiens : ils la maîtrisent, la violentent successivement, puis se sauvent non sans avoir eu soin de la dépouiller d'un porte-monnaie contenant environ aoo francs.

On lit dans louvrage de Leg-relle :

Au Tréport, dix-huit Prussiens, qui n'ont pas laissé leurs noms pour les inscrire dans l'histoire de la moralité germanique, achetèrent une jeune fille mineure à son père. On pourrait ainsi retrouver toute une traînée de libertinage violent ou immonde, surtout en Picardie et en Normandie, à la suite de l'armée qui venait de lever le siège de Metz i.

Mainville (hameau de Draveil en Seine-et-Oise), à la fin de janvier 1871. — Joseph Rabot, cabaretier, arrive au moment où, pendant que ses camarades boivent, l'un des soldats cherche à violenter sa fille ; comme il intervient, il est saisi, entraîné sur le seuil et, séance tenante, fusillé ^.

Des officiers qui ne montraient pas toujours l'exemple des bonnes mœurs ne devaient pas avoir, sous ce rapport, une réelle influence sur leurs inférieurs ; parfois même, ils fermèrent les yeux.

Partout où ils en trouvent l'occasion, dit un auteur qui les a vus à l'œuvre, ils (les officiers) se livrent en se secret à des orgies. Un grand nombre introduisent de force des filles de joie

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