DECRET DE LA DELEGATION DE TOURS
du 2 novembre i8yo
En novembre 1870, « Considérant que la Patrie est en danger, que tous les citoyens se doivent à son salut, que ce devoir n'a jamais été ni plus pressant ni plus sacré que dans les circonstances présentes », la Délégation de Tours décrète, à l'instigation de Gambetta :
que « tous les hommes valides de 21 à 4o ans, mariés ou veufs avec enfants, seront mobilisés » ;
qu'ils « seront organisés par les préfets » ;
que, leur organisation une fois terminée, le 18 novembre, ils seront « mis à la disposition du ministre de la guerre ».
Il est à peine besoin de faire remarquer que, seize jours séparant le 18 novembre du 2, c'était aller quelque \ peu vite en besogne ; mais une précipitation inconsidérée marqua la plupart des décisions prises par des gouvernants inexpérimentés, trop pressés ou se refusant à tenir compte des avis des gens compétents.
Le 25 novembre 1870, un décret pourvut à la création de camps d'instruction dans lesquels devaient être instruits les corps en voie de formation.
ENGAGEMENTS PRIS, EN AOUT 187O, PAR LE ROI GUIL- LAUME I^"", ENVERS LA NATION FRANÇAISE
Dès son entrée sur le territoire français, le roi de Prusse tint en langage conforme au droit des gens et prit envers la France des engagements formels dont i^ la prompte violation ne saurait être justifiée.
Les deux proclamations des 8 et 1 1 août 1870 ï doivent être reproduites in extenso :
La première, datée de Hombourg, le 8 août, est adressée aux armées allemandes.
Soldats !
La poursuite de l'ennemi repoussé après de sanglants combats a déjà conduit une grande partie de notre armée au delà de la frontière. Plusieurs corps d'armée fouleront aujourd'hui et demain le sol français. Je compte que la discipline qui vous a distingués jusqu'ici sera observée, surtout en territoire ennemi.
jVous ne faisons pas (a guerre aux pacijiques habitants du pays ; c'est au contraire le devoir de tout bon soldat, jaloux de son honneur, de protéger la propriété privée et de ne pas permettre que le bon renom de notre armée soit entaché même par des actes isolés d'indiscipline.
Je compte à cet effet sur le bon esprit de l'armée, ainsi que sur la surveillance et la sévérité de tous les chefs.
Le II août 1870, Guillaume P*" s'adresse aux Français :
Nous, Guillaume, roi de Prusse, faisons savoir ce qui suit aux habitants des territoires français occupés par les armées allemandes... Je fais ta guerre aux soldats et non aux citoyens français. Ceux-ci continueront, par conséquent, à jouir d'une complète sécurité, pour leurs personnes et leurs biens, aussi longtenq)s qu'ils ne me priveront pas eux-mêmes, par des entreprises hostiles contre les troupes allemandes, du droit de leur accorder ma protection.
Les généraux commandants des différents corps détermineron par des dispositions spéciales qui seront portées à la connaissance du public les mesures à prendre envers les communes ou les personnes qui se mettraient en contracdition avec les usages de lu guerre...