‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 151 sur 257 · I. Lacroix (Louis), op. cit., p. ia · texte numérisé non relu

I. Lacroix (Louis), op. cit., p. ia

constitue, en temps de guerre, un péril sérieux puisque le secret, sur lequel repose la réussite des opérations, peut être violé au moment même où il serait le plus utile.

L'envahisseur a donc le droit absolu de restreindre, comme il le juge utile à ses intérêts, la liberté de la presse et celle de la correspondance. Aussi ne nous étonnerons-nous pas que les Allemands aient usé de ce droit sur tout le territoire envahi. Ce qui est blâmable, c'est le caractère intéressé comme toujours et brutal qu'ils ont imprimé à l'exercice de ce droit.

Après avoir interdit l'entréedans les départements qu'ils occupaient des journaux publiés dans le reste de la France, ils soumirent les feuilles locales à une sévère censure et ne tardèrent pas à recourir à l'amende, à l'emprisonnement, enfin à la suppression; nous passons sous silence les insultes et les mauvais traitements accompagnement ordinaire de ces mesures.

Simultanément, ils avaient créé des feuilles périodiques.

Les journaux de Nancy ayant cessé de paraître, le 22 août, à la suite d'un accord entre leurs directeurs, le gouverneur général de Lorraine fit paraître, le 9 septembre, le Moniteur ofjiciel du Gouvernement général de Lorraine et du préfet la Meurthe ; cette feuille, qui devait paraître tous les cinq jours, fut imprimée par l'imprimeur Hinzelin, que le comte Renard contraignit par réquisition de fournir presses et ouvriers.

Le premier numéro annonça que la ville de Nancy et la commune de Jarville « avaient été frappées cha-

cune d'une amende de i.ouo fr., à raison de plusieurs jets de pierre sur la voie ferrée i ».

On se procura les abonnés nécessaires en requérant les maires, les restaurateurs et les propriétaires des cafés.

Le i8 octobre, parut à Reims le Moniteur officiel du gouvernement général ; l'imprimeur Lagarde avait reçu du « Commissaire civil du Gouvernement général Charles, prince de Hohenlohe », une réquisition dont deux paragraphes étaient particulièrement aimables :

Si vous insistez à refuser le concours de votre imprimerie, les autorités militaires seront requises de l'occuper.

Dans le cas où vos ouvriers se refuseraient à travailler à l'imprimerie, vous les avertirez qu'en les faisant amener de force je saurai les contraindre à travailler sous vos ordres.

Entre ces deux dates du 22 août et du 18 octobre, à Versailles, où le Recueil officiel^ publication administrative, avait vu le jour, le Moniteur officiel du département de Seine-et-Oise paraissait ; il compta 108 numéros.

E. Délerotet G. Desjardins, aux ouvrages desquels nous sommes, bien à regret, obligés de renvoyer, ont relaté tout au long les persécutions dont les journalistes versaillais furent l'objet; ils ont dit à quel point ce journal prussien, qui fut, dit De.sjardins, « le supplice aigu de l'Invasion », employa tour à tour le mensonge, la diffamation et la calomnie, travestissant les faits, tournant en dérision aussi bien Napoléon III, dont « le chevaleresque {sic) M. de Bismarck avait eu l'honneur d'être l'hole »,que Léon Gambelta.

La sollicitude du gouvernement impérial pour la

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