HAINE ALLEMANDE ET AME FRANÇAISE
A toutes les explosions conscientes et inconscientes de la Haine allemande, opposons V Ame française, dont la dominante est la générosité. En 1869, aussi, nous eûmes à lutter contre des Allemands; or, voici
comment s'exprimait Paul de Molènes, le chevaleresque auteur de la Folie de l'Epée, revenu depuis peu de Grimée :
J'éprouve toujours une sympathie involontaire pour les gens que j'ai combattus ou que je vais combattre. La haine ne peut vivre en compagnie des sentiments que la guerre développe en nous.
De nouveau l'Ame française l'inspira lorsqu'il eut à parler du prince de VVindischgratz, tombé glorieusement sur le champ de bataille de Solférino :
// n'est point de défaite honteuse sous un par-eil drapeau et je ne souhaite à nos ennemis que de nobles revers.
C'est qu'écoutant son cœur il savait que la générosité rapproche, tandis que la haine aveugle, irrite et sépare souvent pour toujours.