‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 221 sur 257 · LES VERTUS GERMANIQUES · texte numérisé non relu

LES VERTUS GERMANIQUES

Les moralistes d'Outre-Rhin ont opposé les fameuses « vertus germaniques » aux défauts, à la corruption même des races latines en général, et plus particidièrement de la France, à laquelle Guillaume P"", d'ordinaire modéré, ne craignit pas d'opposer l'Allemagne, « le pays des mœurs pieuses et de la crainte de Dieu^ ».

Les qualités que les Allemands s'attribuent le plus volontiers sont :

La pureté des mœurs, la loyauté, la bonté et tous les dons

I. Il n'est pas inutile de rappeler que, dans la seconde strophe du fameux hymne Wacid arn Rheinili Garde au Rhin; composé vers i84o, on lil : «... L'Allemand vertueux, pieux ci vigoureux protège In frontière sacrée du pays « ; c'est une idée fixe.

supérieurs qu'ils englobent clans ce mot prestigieux : la culture. A les entendre, personne n'est paré de plus de moralité, de plus de science, de plus de religion qu'eux .

Certes, on est déjà fixé sur la valeur de ce certificat ; demandons cependant à trois observateurs loyaux ce qu'ils en pensent.

Voici d'abord l'opinion du lieutenant Patorny,qui fut interné en Poméranie :

... Bien amusante cette fumisterie de la « vertu allemande » ! Il y a eu ici, pendant notre séjour pourtant si pénible, des aventures qui pourraient défrayer toute une chronique scandaleuse et dont certes la France n'a jamais fourni d'exemples aussi grotesques... Tous les vices de notre civilisation excessive fleurissent dans cette vertueuse Allemagne, à cette seule différence que les nôtres ont une élégance relative et un tour léger qui en atténuent la dépravation, /c/, la débauche brutale, et cela dans tous les mondes -,

Le lieutenant-colonel Mejret se trouva à Cologne ; voici son opinion :

... La gourmandise occupe une large place dans l'existence des Allemands. . . A côté de ces défauts ou de ces vices, de réelles (}ualités comme mères de famille ou maîtresses de maison...

L'àpreté au gain est incroyable, tout est à vendre;

Peuple à instincts bas, serviles ; deux mots français n'ont pas d'équivalents dans la langue allemande; c'tst générosité et cou/-toisie.

E. Délerot put exercer sa sagacité à Versailles même 3 :

. . . Bien des faits dont nous avons été les témoins nous ont de même rcuscigné d'une faron très claire sur la valeur réelle de certaines de ces « vertus germaniques » qui, à entendre nos

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