DÉLEROT (E.), op. cit., 2' édition
voisins, sont leur propriété exclusive et le privilège exclusif de leur nation. Ayant vécu avec eux dans respèce de caserne piétiste qu'ils avaient installée au grand quartier général, nous savons amplement ce que valent leur moralité allemande, leur chasteté allemande, leur loyauté allemande^ etc. Ils sont venus pour nous en donner la mesure exacte et notre instruction sur ce point s'est singulièrement complétée. Nous avions pris l'habitude assez naïve de ne juger l'Allemagne que sur ses grands poètes; sans cesser d'admirer ces grands poètes, nous saurons désormais qu'il y a en Allemagne, et surtout en Prusse, une réalité très prosaïque^ qui n'a absolument rien de commun avec les fictions idéales qui nous avaient charmés et dupés.
La démonstration suit avec preuves nombreuses et variées ; renforçons-la encore, bien que ce soit superflu. La plupart des exemples ont été fournis de visu par le sous-préfet Charles Dehais, de l'arrondissement des Andelys.
Les officiers de l'entourage du prince Frédéric- Charles donnèrent, comme leur chef, les preuves de chasteté que nous savons.
A Grainville (Seine-Inférieure), les officiers, log-és, en avril 187 r, au château de M. Henri d'Onsembray, fournirent des preuves identiques « en souillant de leurs débauches une maison respectable 1 ».
En plus d'un endroit, à Châlons-sur-Marne notamment, des officiers allemands firent venir d'Allemag'ne les... « filles folles »" qui leur manquaient 2, mais les titres nobiliaires dont elles étaient aflublées ne trompèrent personne et elles furent vite expulsées. Beaucoup de ces malheureuses .':.e mêlèrent, d'ailleurs, de maraude et de recel.
... Presque toutes les villes et les villages de la Champagne