‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 229 sur 257 · Legkelle (A.), op. cit., pp. ao2 à · texte numérisé non relu

Legkelle (A.), op. cit., pp. ao2 à

3. « BliU ist ein ganz besonderer saft », a dit M. de Sybel : 0 Le sang versé est une sève puissante. »

formées an un pays d'Empire qui sérail comme « la clef de voûte de l'unification de l'empire g^ermanique»; — fournir à la Prusse un excellent « prétexte pour tenir en respect le libéralisme allemand, surtout pour développer le militarisme»; — rendre impossible « au moins tout retour d'amitié entre la France et l'empire allemand ».

Plus perspicace, de Moltke aurait soutenu que cette cause d'iniquité et de violence maintiendrait pendant cinquante ans l'Europe en armes. Par surcroît, le «gage commun » s'est transformé, contre l'attente du chancelier, en une cause de discorde : c'est ainsi qu'il arrive d'habitude entre larrons.

Il est hors de doute que Bismarck créa un abîme infranchissable entre deux peuples qui auraient eu tout à gag-ner à marcher la main dans la main ; l'opprimé ne peut éprouver qu'une haine implacable contre son oppresseur ; entre eux se dresse la noble et vigoureuse protestation qu'Emile Keller, député du Haut-Rhin, lut, dans la mémorable séance du 17 février 1871, à l'Assemblée nationale, au nom des représentants de l'Alsace et de la Lorraine ; elle se terminait par un engagement solennel qui a été tenu :

Vos frères d'Alsace et de Lorraine, séparés en ce moment de la Jamille commune, conserveront à la France, absente de leurs foyers, une affection fidèle, jusqvLUU jour où elle viendra y reprendre sa place.

Page 1