Joseiili (R. P.), la Captivité à Ulm, préface, p
3. C'est ainsi que plusieurs commandants de places, dont les fils, prisionniers en France, y étaient bien traités, usèrent de réciprocité envers leurs propres détenus.
LES GEOLl.S ALLEMANDES 3ir.
Enfin, il ne sera g-uère question, dans cette enquête succincte, que des soldats et des gradés. Certes, les officiers ont eu aussi beaucoup à souffrir, mais surtout moralement : ceux d'entre eux qui étaient dépourvus de ressources personnelles, même minimes, endurèrent des privations que l'on ne saurait cependant comparer à celles de leurs malheureux soldats.
En captivité, il existe, k n'en pas douter, des devoirs et des droits pour le vainqueur aussi bien que pour le vaincu. « ... La fin de la j^i^uerre étant, a dit J.-J. Rousseau, la destruction de l'Etat ennemi, on a le droit d'en tuer les défenseurs tant qu'ils ont les armes à la uiain ; mais aussitôt qu'ils les posent et se rendent, cessant d'être ennemis, ils redeviennent simplement hommes, et l'on n'a plus de droit sur leur vie *... »
Le Suisse Wattel (1714-1764) a, de son côté, nettement fixé les devoirs et les droits du vainqueur envers le vaincu, qui ne .saurait être transformé en un esclave: « ... On est en droit de s'assurer de ses prisonniers et, pour cela, de les enfermer et de les lier même, s'il y a lieu de craindre qu'ils ne se révoltent ou ne s'enfuient ; mais rien n'autorise à les traiter durement, à moins qu'ils ne se soient rendus personnellement coupables, envers celui qui les tient en sa puissance. En ce cas, il est maître de les punir. Hors de là, il doit se souvenir qu'ils sont hommes et malheureux. Un g-rand cœur ne sent plus que de la compassion pour un ennemi vaincu et désarmé «... »
Dans notre règlement du 3 mai 1882 sur le service en campagne, encore appliqué en 1870, l'article i35 était ainsi formulé : « Les officiers doivent rappeler aux soldats que la g-énérosité honore le courage. En conséquence, les prisonniers de guerre ne sont jamais dépouillés; chacun d'eux est traité avec les ég'ards dus à son rang". «