‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 235 sur 257 · Fautras [Gustave], op. cit., p. i · texte numérisé non relu

Fautras [Gustave], op. cit., p. i

330 L'INVASION ALLEMANDE EN ISIOlSll

L'alimentation fut déplorable, avons-nous dit.

A Stettin, dit Bruchon, les prisonniers reçurent « une espèce de bouillie grisâtre assez semblable à ce que l'on voit dans les pots des colleurs d'affiches, mais cependant bien moins épaisse et plus noire. C'était de la farine de seig-le aigre et gâtée, délayée avec des balais de bouleau et où il n'y avait pas même de sel *... «.

Si encore le pain dont les Français sont friands avait pu dédommag-er de ce brouet répugnant î

... Ils nous donnèrent à chacun, dit encore Bruchon, quelque chose de carré ressemblant assez à un poids de 20 kilos; il y avait une marque faite avec des chiffres afravés sur l'une des faces : cétait uoir et moisi, et cela avait l'apparence d'un bloc de terre pressée dans un moule à briques ; celle chose, c'était du pain ! Il y en avait un peu plus d'un kilo pour quatre jours s...

A Torgau, « le plus lamentable coin de ce grand cimetière qui s'appelle l'Allemagne », et où le chiffre des morts s'éleva à i.i34,

la nourriture était juste ce qu'il faut pour ne pas mourir de faim. Pain noir mêlé de paille, bouillie de farine aux patates. Cétait tout 3...

Le même témoin irrécusable a décrit l'habillement :

... Ces pauvres enfants, dépourvus d'habits, furent gratifiés de vieilles long'ues tuniques de soldats prussiens, si dé;j^uenillées, si sales, si habitées, me disait l'un d'eux, qu'il aurait fallu prendre un crochet de chiffonnier pour les saisir. On leur distribua même de vieux souliers éculés. Ceux qui pouvaient les chausser avaient encore les orteils dehors *...

Dans les autres dépôts, les prisonniers ne furent pas mieux traités.

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