Guers {chanoine E.), op. cit., p. sGo
LES GEOLES ALLEMANDES 331
Parmi les conventions internationales qui règlent le sort I des prisonniers de g"uerre, il en est une relative aux travaux publics que l'on est en droit d'exig-er d'eux : ces travaux ne doivent avoir aucun rapport direct avec les opérations de guerre, et il est naturel qu'ils ne soient ni exténuants, ni humiliants pour leur grade ou leur position, soit officielle, soit sociale. C'est ainsi que le vainqueur n'a pas le droit d'employer des prisonniers à nettoyer des rues de la ville où ils sont internés : des soldats prisonniers sont toujours des soldats. Si, d'un commun accord, des prisonniers travaillent pour des particuliers, il convient, comme nous l'avons déjà dit, que ce travail soit rétribué, et que le salaire serve à améliorer leur position ou leur soit compté au jour de la libération.
Les Allemands, faisant passer avant tout leur intérêt, ne tinrent trop souvent aucun compte de ces règles; elles découlent pourtant d'une appréciation à la fois équitable et digne du caractère du soldat qui, bien que trahi par le sort, n'a pas démérité.
En Poméranie, dit Bruchon, « les besognes les plus rudes et même les plus abjectes nous étaient toujours réservées ; on nous fit faire maintes et maintes fois le service de vidangeurs,dans les casernes et dansdififérents autres bâtiments ; et, chose Inouïe, nous n'avions même pas d'eau pour nous laver!... »
Jamais non plus le plus mince salaire ne nous fut donné en échange d'un aussi rude labeur; au contraire, lorsque nous étions loués à des particuliers, c'étaient les soldats poméraniens chargés de nous surveiller à la besogne qui recevaient de leurs compatriotes des gratiHcations comme récompense des coups qu'ils nous donnaient lorsque nous éprouvions le besoin de souffler dans nos doigts ou que nous nous arrêtions un instant de travailler '..,
Pendant l'hiver, des prisonniers furent utilisés pour dégager les places et les rues de Stettin :