Pat:>rni (lieatenant), op. cit
LES GEOLES ALLEMANDES 333
blanc: baçues, éping-Ies de toutes les formes, inéclailles, etc., qui ti'ouvaient de nombreux acquéreurs, comme les petits bateaux fabriqués par les marias et les sabots-bijoux des sabotiers. Ce gain permit à quelques prisonniers d'améliorer leur nourriture ou de faire face à des besoins urgents.
Nous serions incomplet si nous ne mentionnions pas les tentatives que firent les Allemands pour affaiblir physiquement et moralement les prisonniers et la façon dont ils les exploitèrent.
Dans certains dépôts, à Ing-olstadt, par exemple, ainsi que le capitaine Quesnay de Beaurepaire en a fourni le témoig-nag"e *, le g'ouverneur donna l'autorisation de vendre des liqueurs fortes dans les casemates à nos malheureux prisonniers.
Nous étions bien pour tous ces Allemands, dit le témoin, les Français de la décadence morale et physique. Le but a été atteint autant que pouvaient le souhaiter les Prussiens et ceux qui exécutaient leurs ordres dans les Etats du Sud. Hâtons-nous d'ajouter que rien n'a été omis pour parier aux yeux des populations et frapper leur esprit, pas même les moyens que repousse rhumanité. . .
Parmi ces moyens, deux sont à sig"naler: — montrer des Français ivres et débraillés escortés par des soldats bavarois très corrects : voilà pour le niveau moral ; — présenter, comme pri$onniers de guerre, de pauvres infirmes qui n'avaient jamais dû porter un fusil : voilà pour le côté physique. La conduite des rég'iments provisoires qui , fournis par ces prisonniers, terrassèrent la criminelle Commune, déjoua leur déloyal calcul.
Les prisonniers furent parfois exploités d'ime façon odieuse. C'est ainsi qu'en Poméranie des soldats et des sousofficiers allemands se firent les complices des brocanteurs juifs. Il leur sufiit, avant (pie le froid eût sévi, de répandre dans le camp un double mensonge : la paix est sig'née; le