I. Lacroix i Louis), o/). cil., p
dent les habitants responsables du succès reuiporté, le 27 septembre, par le général Lapasset.
« Deux jours de suite, on mit le feu à toutes les maisons froidement, systématiquement, et l'on n'en laissa subsister aucune i. »
On brûla notamment une maison religneuse où les soeurs avaient soigné, depuis le commencement du siège, des blessés et des malades allemands. Or, au moment même où ces bâtiments que la charité avait rendus sacrés brûlaient, un aide de camp du prince Frédéric-Charles vient demander six religieuses pour soigner des blessés sur un autre point.
« Devant la maison en flammes, les nobles sœurs répondirent : « Nous irons. » Elles partirent sur-lechamp, et les Prussiens, qui venaient de détruire leur asile, acceptèrent leurs services! ! »
Mantes et Mésiêres (Seine-et-Oise), le 21 septembre. — Quelques ulilans ont été lues, près de Mézières-sur-Seine, par des francs-tireurs, pendant que le général von Bredow marchait sur Mantes.
Le maire de Mézières est arrêté, roué de coups, piétiné par les chevaux ; puis, après que quelques maisons ont été enduites de pétrole, la colonne se retire pour bombarder la ville, où le feu fit son œuvre.
Mantes fut ensuite traitée de la même façon, sans qu'aucun motif ait pu être ailégué. Les deux gares furent mises au pillage.
Ablis (Seine-ct-Oise), lc8 octobre -. - Le 7 octobre au soir, Ablis est occupé par de la cavalerie prus-
1 , MÉziÉuES (A.), Revue des Deux-Mondes du i" mars 1871.
2. DiLHAu (Alphonso), Une page de l'histoire de la guerre avec, la Prusse. i8/0-i8ji. — Sac, pillage et incendie du village d' Ablis (Seine-et-Oise).
sienne et de l'infanterie bavaroise; les mesures de sûreté prises sont tout à fait insuffisantes ou nulles.
Le 8, vers 4 heures du matin, i8o francs-tireurs de Lipowski se glissent dans le bourg ; une heure après environ, ils en sont maîtres par surprise et de vive force.
Les pertes s'élevaient, pour la compagnie bava.roise, à i5 prisonniers dont un blessé, sur 120 hommes^ pour l'escadron prussien, fort de i5o hussards, à 65 cavaliers dont 8 tués ou blessés et 67 prisonniers; ii5 chevaux restaient entre nos mains, dont 16 tués ou blessés et 99 capturés.
A 6 h. 3o, les francs-tireurs avaient détalé avec leurs prises évaluées à environ 20.000 francs i.
Peu de temps après, le général von Schmidt arrive avec ses deux brigades. Sa fureur est telle qu'il ne procède à aucune enquête : il injurie grossièrement le maire Marcille et le conseiller municipal Bailly, qu'il traite de « brigands, canailles, traîtres » ; il accuse les habitants d'avoir « trahi » (sic) les Allemands et d'avoir été de connivence avec les francstireurs.
En peu de temps, six habitants sont massacrés : Bée Jules; Poinot^ d'Ablis ; Théophile Maugain, Emile Chartrain et Alcide Gloué, de Prunay ; le jeune Hajcdouin, de Bullion.
Ordonné, le pillage, présidé par le colonel Griime, dura jusqu'à 2 heures du soir.
Le maire venait cependant de payer une somme de 5.000 francs pour racheter le village de l'incendie, lorsque l'ordre est donné aux habitants d'évacuer
I. Genevois (Henri), /es Coups de ninin pendant la guerre. Ablis, ChétUlon-sur-Seine, Châteauneuf, Ilam, Fontenay-sar-Moselle.
un certain nombre de maisons désignées pour être brûlées.
A 3 heures, dit A. Dilhau, le feu était mis de tous côtés, à la torche et au pétrole, et les soldats emmenaient sur la route de Rambouillet, à l'entrée du villai^e, tous les habitants (jui, malg'ré l'ordre donné, avaient été trouvés cachés dans leurs maisons ou dans celles des autres.
Sur les i88 maisons d'Ablis, 98 durent être reconstruites oa réparées ; 64 étaient complètement détruites, 3/| étaient g-ravement détériorées.
La perte totale fut évaluée à i 281. Goo francs : 572.445 fi"' pour la valeur des maisons, 709.816 francs ])oiir celle du mobilier, des récoltes et du bétail qu'elles contenaient.
L'innocence des habitants d'Ablis ayant été reconnue au bout de quelques jours, le général von Schmidt fit relâcher les i4 habitants qu'il avait emmenés, otages qu'il comptait faire fusiller. — ainsi que le préfet de l'Eure en fut prévenu, — si les hussards prussiens ne lui étaient pas rendus K
On a parlé des remords de von Schmidt ; nous ne nous y arrêterons pas. Nous avons mentionné le regret éprouvé par le Roi et l'avons jugé. Rustow a qualifié cette exécution d' « acte de vandalisme ».
Charmes-surMoselie (Vosges), du 12 au 20 octobre. — Charmes fut occupé les 12, i3, i4, I7et20 octobre, journées [)endant lesquelles, « au milieu d'une population désarmée et inoffensive, les Allemands ont pratiqué le vol, le pillage, l'incendie et l'assassinat 2 ».
1. Les rédacteurs du Récit officiel prussien out... oublie de consigner celle menace indiçiic ; pour eux, cvidemmenl, c était un détail négligeable.
2. Regnauld (J. ), l'Inuasiun aUeinande à Channes-siir-Moselle {Vosges) en 18/0, p. 2.
Le i4, un habitant paisible, Oscar Mariotte, pharmacien, reçoit, sans motif connu, deux coups de baïonnette dont il mourut.
Jules Barbier, que la goutte retient au lit, est jeté à bas et traîné à la mairie ; pendant ce temps, on pille sa cave ; le i5, on incendie sa maison après l'avoir saccagée.
Le 17, les habitants sont informés
Qu'ils doivent sur-le-champ dénoncer et livrer au commandant prussien les auteurs (prétendus) des coups de feu tirés rue du Pont et rue Liégeois, sinon que, dans une demi-heure, il sera procédé à l'incendie de cinq maisons; une amende de 100.000 fr. est, en outre, imposée à la ville et devra être versée, au plus tard le 20, entre les mains du commandant,sous peine de pillage de toute la ville 1.
Le maire et deux conseillers sont pris comme otag-es. A 10 heures, le signal de l'incendie est donné ; les otages sont dirigés sur Nancy ; au sommet de la côte de Gripport, on les fait arrêter et retourner.
Le ig octobre, la rançon est versée; le lendemain, les otages sont libérés.
Le montant des déprédations commises par les Prussiens, dans le canton de Charmes, s'est élevé à 44 1 -303 francs 2.
Vaux (Ardenncs), 28 et 29 octobre 3. — Le 28, des francs-tireurs postés près de Vaux échang-ent des coups de fusil avec les Allemands, auxquels ils tuent un sous-officier.
Le village est aussitôt envahi ; 4o habitants sont saisis et enfermés dans l'église. En vain, l'abbé Mar-