‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 79 sur 257 · PLAGES FORTES, VILLES, BOURGS S'ETANT DEFENDUS · texte numérisé non relu

PLAGES FORTES, VILLES, BOURGS S'ETANT DEFENDUS

Parmain, gros bourg- de i.ioo habitants, est relié par un pont sur l'Oise à l'Isle-Adani.

La conduite d'un détachement ennemi, venu, le 21 septembre, à Parmain, avait été telle que les habitants prirent la résolution de s'opposer à une nouvelle insulte.

Le surlendemain, Capron, qui a pu réunir 38 hommes armés de fusils de chasse, attaque, à Stors, un convoi ennemi chargé de provisions, le capture après avoir tué le chef de l'escorte mise en fuite et l'envoie à Beauvais.

i Ce succès lui procure de nombreux volontaires, ce qui porte sa troupe à environ 200 hommes ; il fortifie le passage de l'Oise et attend l'ennemi.

Le 27, il fait échouer l'attaque de 5oo Allemands qui, disposant de quatre canons, avaient fait marcher devant eux le curé de l'Isle-Adam et son vicaire ; ils se retirent non sans avoir incendié, dans l'Isle- Adam, trois maisons.

Le 29, les francs-tireurs de Capron déjouent, de 8 heures du matin à 7 heures du soir, les efforts de i.5oo Allemands qui, lorsqu'ils ont battu en retraite, n'osent pas entrer dans Parmain. Le surlendemain, ils assouvissaient leur rage en détruisant 82 maisons et en fusillant deux jeunes gens après un semblant de jugement.

Partis pour Pontoise avec une dizaine d'habitants attachés deux par deux et n'ayant ni souliers ni coiffure, ils s'arrêtent sur les bords de l'Oise, à Persan, et, là, ils fusillent deux patriotes pris les armes à la main, M. Desmortiers, ancien juge d'instruction au tribunal de la Seine, âgé de 7 1 ans, et son serviteur,

132 LINVASION ALLEMANDE EN 187U-1871

Edouard Maître, de Jouy-le-Comte,àgé de 34 aus, qui n'a pas voulu le quitter*.

Lorsque Capion, dont la tête avait été mise à prix, rentra chez lui après quatre mois d'absence et de Irîbulation, il était ruiné, les Prussiens ayant brûlé sa maison d'habitation et sa pharmacie.

VARIZE ET CIVRY (^KURE-ET-LOIr) le i5 octobre.

Le 10 octobre, comme une quarantaine de uhians qui avaient poussé jusqu'à Jallans revenaient, ils sont accueillis à coups de fusil par les gardes nationaux de Varize et de Civry.

Le II, sur la demande des habitants, une compag"nie des francs-tireurs de Paris fortifie Varize.

Le i4, des cavaliers allemands perdent i5 hommes tués ou blessés.

Le i5, un détachement mixte, fort de 5oo cavaliers, 100 fantassins et i pièces de canon, arrive de Palay. Le village, qui comptait 372 habitants, est bombardé, puis les barricades sont enlevées.

Le pillag^e précède l'incendie, qui détruisit eu deux heures 60 à 70 maisons 2 ; puis on s'en prend à ceux des habitants qui ne sont pas réfugiés dans les marais de la Conie. Sur i3 d'entre eux, tout à fait inofFensifs, 8 sont assassinés, 5 sont blessés.

I. Depuis 1887, deux raonuments corarnémoratifs existent : le premier à rislc-Adaiti porte l'inscription suivante : R. F. iSyo-iSji . Défense du passage de l'Oise ; le nom de Capron auraitdû être mentionné ; le second, à Persan, glorifie le maître et le serviteur : Courage et dévouement. A la mémoire de D<'smortiers et Maître, fusillés à cette place par les Prussiens . r-' octobre iSyn.

a. CouDRAY (L.-D.) dit Go ; pour (sambert (G.), il y eut 74 maisons brûlées.

l'LACES FORTES, VILLES BOllRGS S'ETAN T DÉFENDUS iVi

Givry,dont la population ne dépassait pas 662, subit ensuite le même sort.

NOGENT-EN-BASSIGNY (hAUTE-MARNe) les y et 12 décembre..

L'acte de barbarie dont fut victime Nogent-en- Bassig"nj, ville qui comptait 8.428 habitants, n'est pas connu comme il devrait l'être *.

Le 6 décembre, 60 mobiles environ de la Haute- Savoie, que l'on a été chercher à Vitry, chassent de Nogent une soixantaine d'Allemands venus de Chaumont pour exécuter une réquisition.

Le lendemain matin, à 8 heures, arrive une colonne mixte de 800 hommes environ, chargée de bombarder, de piller, de fusiller et d'incendier ; ce programme fut sui". i de point en point.

Vax venant, cette colonne a fusillé trois personnes (pii passaient en voiture : MM. Duvoisin, de Noyers, et François Robert, vieillard de 70 ans. A Nogent, MM. Pierre Deg-abriel et Nancey Didier sont fusillés sur le pas de leurs portes; l'adjoint Combe et quinze notables sont fusillés aussi.

Sur ces entrefaites, un détachement appelé de Langres détermine, au bout d'une heure, vers midi, la retraite de l'ennemi ; il emmène avec lui nos prisonniers qui, chemin faisant, sont roués de coups.

Venu de Langres avec 2.000 hommes et du canon, le général Arbellot avait le devoir d'assurer sérieuse-

I. Cavaniol (Th.), l'Invasion de i8yo 1871 dans la Haute-Marne, chap.XII. Tout ce récit est le résultat de l'enquête faite, vers le milieu (le décembre 1870, par son auteur, avec le concours du jug^e de paix Des forges ci du conseiller municipal Iiordut,(\n\ remplissait les fonctions de maire de Nogent.

ment la défense de Notent puisqu'un retour offensif était immanquable. Or, le 8 au matin, il se retire avec i.5oo hommes; le ii au matin, 2.000 Allemands environ quittent Chaumont avec du canon ; ils sont à peine retardés dans leur marche par les Mobiles, qui se noient dans la Traire ou qu'ils massacrent même quand ils se sont rendus.

Dans la ville basse, 60 maisons et une belle usine sont ])rûlées. On a conservé le souvenir d'une de ces maisons des combles de laquelle des femmes se précipitèrent sur le sol avec leurs enfants tandis que les Mobiles étaient reçus à coups de baïonnette ou rejelés dans les flammes.

Pendant ce temps, une batterie de six pièces établie sur les hauteurs de la Perrière entamait contre la ville haute un bombardement qui dura jusqu'à 3 heures du soir ; le pillage lui succéda alors dans les endroits que le feu avait épargnés. Remy-Girardot et Cazot-Voirin furent fusillés dans la rue.

Les Allemands se retirèrent à 4 heures. Malgré tous les efforts des habitants, 80 maisons demeurèrent la proie des flammes. Après un mois de neutralisation, les Prussiens revinrent à Nog-ent,où ils demeurèrent jusqu'à la conclusion de la paix.

En vain le colonel von Dannenberg, qui commandait à Chaumont, s'efforça, le 1 3 décembre, de pallier ce forfait ; ne retenons que sa conclusion, qui confirme le système en vigueur :

...Ce qui précède est porté à la connaissance du public qu'on avertit en même temps d'avoir à s'abstenir de toute participation à des actes d'hostilité directs ou indirects contre nos troupes, étant de mon devoir indispensable de poursuivre de pareils actes avec une sévérité extrême.

PLACES FORTES, VILLES, BOURGS S'ÉTANF DÉFEND l'S 135

BAZEILLES (aRDENNES) les /, 3, 3 et 4 septembre.

Le dësastre de Bazeilles est connu de tous dans ses détails les plus importants; nous ne lui accorderons donc qu'un récit restreint. Bazeilles se trouva mêlé, on le sait, par le fait des circonstances, à la bataille de Sedan ; le patriotisme de bon nombre de ses habitants donna à !a lutte un caractt>re particulier.

Le capitaine bavarois Lessignold, se souvenant de la vie commune en Alg-érie, couvrit de son corps les défenseurs de la « Maison de la dernière cartouche » ; eu dehors de cet acte généreux, les Bavarois se conduisirent d'une manière infâme. C'est en vain que, répondant au duc de Fitz- James*, le général von der Tliann, qui commandait le premier corps bavarois, tenta une juslitication^ dans laquelle il ne fut question ni du meurtre d'habitants défendant leurs foyers, ni de l'emploi systématique du pétrole; son nom restera voné à jamais à l'exécration des siècles ^.

D'ailleurs, la municipalité de Bazeilles, reconstituée le 5 août 1871, s'appliqua aussitôt, tout en faisant un appel à la charité, à rétablir la vérité^.

... Bazeilles comptait avant la çuerre COO maisons : il possédait plus de 3.000 habitants, ."Jto métiers à tisser le drap, 3 filatures de laine, 3 brasseries, 2 établissements métaliurg-iques, 2 moulins, 3 marchands de houille, 12 épiciers, 5 magasins de rouennerie, 3 boucheries, G boulangeries, etc. Aujourd'hui, ce

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