‹ Histoire de l'invasion allemande en 1870-1871Chapitre 91 sur 257 · DÉLERor {E.),of), cit., pp. aaS à · texte numérisé non relu

DÉLERor {E.),of), cit., pp. aaS à

alors furent souvent bien dépassés : c'est ainsi que Li§^ny-en-Barois (Meuse) et le village voisin du Pelit-Maulan, — où des cavaliers bavarois qui surveillaient la pose d'un fil télégraphique avaient été mis à mal par des francs tireurs venus de Lançres, — furent frappés, le 21 octobre, d'une amende de 100 000 francs. Les maires furent invités, — on ne l'a pas oublié, — à prévenir le préfet, sous leur propre responsabilité, de la présence de francs-tireurs sur le territoire de la commune; or, voici ce qui leur fut signifié :

Si cet ordre n'était pas strictement .suivi, il en résulterait les suites les plus graves pourj votre commune, qui non seulement serait frappée d'amendes très fortes, mais encore serait responsable pour dommages et intérêts. (Chàlons-sur-Marne, le 30 novembre 1870.)

L'étalage, la distribution ou le colportag-e des brochures interdites comme « cou tenant des passages injurieux envers les puissances allemandes alliées, et notamment envers la Prusse 1 », exposaient les délinquants à une « amende de 700 francs au minimum pour chaque cas particulier ».

L'intention même était taxée. C'est ainsi que les habitants et la municipalité de Oharmont (Marne), « ayant fait preuve, allégua-t-on, d'une attitude hostile à l'occasion d'un vol commis au préjudice d'un fournisseur de l'armée allemande », les amendes suivantes furentprononcées:la commune 3.336 francs; le maire Lecoq, 3oo, et l'adjoint Piat,20o; total: 3.836 francs.

A Bar-le-duc,dès le 23 octobre, les halnlanls furent

I. Quelques-unes étaient intitulées -.la France et la Prass' deranl r Europe ; l'Homme de Mets ; illotiune de Sedan. Le 17 février 187 1, la défense fut étendue à r Indépendance Belge, sous peine d'une « amende de 25 à 5oo francs pour chaque cas de contravention » : décision du gouverneur général de la Champagne.

prévenus que les pénalités suivantes frapperaient les otag^es qui feraient preuve de mauvais vouloir : premier jour, amende de 200 francs ; le second, 4oo fr. et ainsi de suite, eu doublant jusqu'à exécution de l'ordre donné.

Les amendes relatives aux voies ferrées se multiplièrent tellement dans la Haute-Marne que les intéressés constatèrent plusieurs fois, à la suite d'enquêtes, la fausseté du délit; le préfet était de mauvaise foi.

Terminons en relatant deux exemples bien différents, mais édifiants.

Pris d'un scrupule honorable, mais tardif, M. Dumont, de Nancy, va déclarer au juge docteur Houstein qu'il a oublié de déclarer de vieilles armes qui, depuis des années, sont reléguées dans un coin de son grenier; on le remercie et on le taxe de i.ooo fr. à solder, le jour même, sous peine de prison^.

Le maire de Signy-le-Petit (Ardennes) se présente pour verser la moitié d'une amende due et obtient un délai pour le paiement du reliquat. Au terme fixé, il se voit imposer l'intérêt de la somme totale. Avec les Allemands, qui savent compter, on avait à solder non seulement l'intérêt de 5 0/0, mais aussi les intérêts des intérêts. C'est ainsi que telle commune des environs de Laon, qui avait dû attendre pour payer 2.000 fr., vit sa dette majorée de 1.700 francs 2.

a Plus d'un juif allemand, a dit Legrelle, eut rougi de faire crédit à pareil taux 3, »

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