‹ Histoire de l'Italie 1789-1863Chapitre 11 sur 32 · CHAPITRE PKKMIEH · texte numérisé non relu

CHAPITRE PKKMIEH

soumission desRomagncs par roccupalion do forces étrangères, occupation qui soulèverait les haines de l'Italie, la défiance des Puissances, et perpétuerait un état d'irritation, de malaise et de crainte, l'Empereur concluait en ces termes :

« Que reste-t-il donc à faire? car enfin celte incertitude ne peut pas durer toujours. Après un examen sérieux des difficultés et des dangers que présentaient les diverses combinaisons, je le dis avec un regret sincère, et quelque pénible que soit la solution, ce qui me paraîtrait le plus conforme aux véritables intérêts du Saint-Siège, ce sciait de faire le sacrifice des provinces révoltées. Si le Saint- Père, pour le repos de l'Europe, renonçait à ces provinces, qui depuis cinquante ans suscitent tant d'embarras à son gouvernement, et qu'en échange il demandât aux Puissances de lui garantir la possession du reste, je ne doute pas du retour immédiat de Tordre. Alors le Saint-Père assurerait à l'Italie reconnaissante la paix pendant de longues années, et au Saint-Siège la possession paisible des Etats de l'Eglise. »

Le conseil était sage; il réconciliait l'Eglise avec les Puissances étrangères, il permettait au Pape de reconquérir une partie de son influence perdue. Le vicaire du Christ, en sacrifiant ses intérêts matériels à la paix du monde, donnait un exemple d'abnégation qui eût valu au Saint-Siège la sympathie de tous les véritables chrétiens. En fait, lo

LE PAPE

pouvoir temporel était sauvegardé, puisque le Pape gouvernait Rome; mais la Providence, qui ménageait à l'Italie des destinées plus hautes, et au monde des enseignements plus profonds, ne permit pas que la voix de la conciliation fût entendue de ceuxlà mêmes auxquels étaient confiées la concorde et l'harmonie universelles.

Au reçu de la lettre de l'Empereur, Pie IX déclara qu'il était décidé à défendre jusqu'à la dernière extrémité ses prérogatives temporelles. Il répondit dans ce sens à son illustre correspondant. Celle bouche, qui ne devait s'ouvrir que pour lais, ser tomber des paroles de paix, formula une sorle de déclaration de guerre.

Le 19 janvier, une lettre encyclique fut adressée à tous les dignitaires de l'Eglise et frappa de stupeur le monde chrétien, car on eut soin de lui donner toute la publicité possible.

Cette encyclique avait spécialement trait à la lettre de Napoléon III : « Sans aucun retard, disait le Pape, nous nous sommes hàlé de répondre audit Empereur, et, dans la liberté apostolique de notre âme, nous lui avons déclaré clairement et ouvertement que nous ne pouvions en aucune manière

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