CHAPITRE PREMIER
adhérera son conseil, parce qu'il comporte d'insurmontables difficultés, vu notre dignité et celle du Saint-Siège, vu notre sacré caractère et les droits de ce même Siège qui n'appartiennent pas à la dynastie de quelque famille royale, mais à tous les catholiques... Et, entre autres choses, nous avons fait savoir audit Empereur que nous ne pouvions pas abdiquer les susdites provinces de notre domination pontificale sans violer les serments solennels qui nous lient, sans exciter des plainte* et des soulèvements dans le reste de nos Etats, sans faire tort à tous les catholiques, enfin sans affaiblir les droits, non-seulement des princes de l'Italie qui ont été dépouillés injustement de leurs domaines, mais encore de tou$ les princes de l'univers chrétien qui ne pourraient voir avec indifférence l'introduction de certains principes pernicieux...
«... Emu de cette paternelle charité avec laquelle nous devons veiller au salut éternel de tous, nous avons rappelé à son esprit que tous un jour devront rendre un compte rigoureux devant le tribunal du Christ et subir un jugement très-sévère, et qu'à cause de cela chacun doit faire énergiquement ce qui dépend de lui pour mériter d'éprouver plutôt l'action de la miséricorde que celle de la justice...
« Appuyé des secours de celui qui a dit : « Vous serez opprimés dans le monde, mais ayez confiance, j'ai vaincu le monde (Jean XVI, 33)» et : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice
LE PAPE
(Mathieu V, 10) ; » nous sommes prêt à suivre les traces illustres de nos prédécesseurs, à mettre en pratique leurs exemples, à souffrir les épreuves les plus dures et les plus amères, à perdre même la vie, avant que d'abandonner en aucune sorte la cause de Dieu, de l'Eglise et de la Justice...
« Vous donc, vénérables frères... enflammez chaque jour davantage les fidèles confiés à vos soins, afin que, sous votre conduite, ils ne cessent jamais d'employer tous leurs efforts, leur zèle et l'application de leur esprit à la défense de l'Église catholique et de ce saint-siége, ainsi qu'au maintien civil du même siège et du patrimoine de saint Pierre, dont la conservation intéresse tous les catholiques. »
Plus d'une âme chrétienne dut se demander quelle était cette dignité d'un représentant du Dieu toutpuissant qui s'était fait homme, pauvre et persécuté, pour faire prévaloir le principe d'humilité. Plus d'un catholique s'étonna de se savoir possesseur, au moins pour une quote-part, des États de l'Église ; plus d'un Romain dut protester à l'assertion que la population gouvernée par la camarilla se soulèverait, si l'on ne rendait pas au pouvoir temporel les sujets mêmes qui avaient repoussé le pouvoir; plus d'un *