‹ Histoire de l'Italie 1789-1863Chapitre 14 sur 32 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

vernement français mise en ragard des violences du gouvernement pontifical.

Le dimanche 22 janvier, vers sept heures du soir, sans qu'on put prévoir aucune agitation dans la population, des promeneurs s'attroupèrent autour des tambours français qui battaient la retraite sur la place Colona et clans le Corso. Les cris de : Vice Napoléon! Vive la France ! Vive l'Italie ! Vive Victor- Emmanuel ! A bas AntonellU A bas le gouvernement des prêtres! retentirent dans quelques groupes et furent bientôt répétés par une foule considérable. Plusieurs soldats français, sans armes, qui suivaient les tambours selon leur habitude, pour rentrer au quartier, se trouvèrent englobés dans le rassemblement.

Celte manifestation, dont la spontanéité était irrécusable, pouvait donner prétexte à des accusations contre l'armée française ; mais un ordre du jour du général de Goyon, public le 23 janvier, contrasta singulièrement avec ce fameux passage de Fencyclique : Enflammez chaque jour tous les fidtles confiés à vos soins! Le général de Goyon, tout militaire qu'il fût, disait dans son ordre du jour aux soldats placés sous ses ordres :

« Personne ne doit prendre une part directe ou indirecte aux manifestations, sous quelque cri ou quelque drapeau qu'elles se présentent. On doit, au contraire, les condamner, les empêcher et les réprimer vigoureusement au besoin, l'ordre devant

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être maintenu à tout prix là où il y a des troupes

françaises. »

. Singulière antithèse que celle d'un général donnant aux soldais des ordres destinés à assurer la paix et la tranquillité d'un gouvernement qui provoquait à ce moment même, des intrigues destinées à troubler le pays d'où ce général et ces soldats étaient sortis î L'histoire de la papauté depuis dix ans est tout entière dans cet épisode. Il appartenait à la Ville Éternelle, qui avait |été le thcâlre de tant de péripéties, d'être encore spectatrice du plus étrange renversement de choses et d'idées qu'on puisse imaginer : le sabre pacifique à côté de la soutane implacable.

La France n'était pas seule à supporter les colères du Saint-Siège. Il est probable que si Pie IX n'avait pas trouvé un ennemi plus immédiat dans la personne de Victor-Emmanuel, elle eût été bien autrement agitée par l'esprit d'ultramontanisme dont la fureur s'exerçait alors plus particulièrement sur le Piémont. Il est curieux de suivre l'historique des relations des cabinets de Rome et de Turin pendant les premiers mois de l'année 1860.

Le 3 décembre 1859, alors qu'il était vivement

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