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Les légitimistes les plus acharnés cherchèrent à venger leur défaite. Dans l'impossibilité de combattre ouvertement les Piémontais comme ils l'avaient fait jusqu'à la reddition de Gaëte, ils cherchaient à leur faire le plus de mal possible. Nous verrons par la suite quels furent les résultats de leurs manœuvres; mais nous allons examiner auparavant quel était à la fin de l'année 1800 l'état de l'Italie.
Le problème de l'unité était résolu. Il restait à opérer la fusion si nécessaire à Tordre gouvernemental. On répartit d'abord la Péninsule en circonscriptions militaires qui furent remaniées par la suite, mais dont nous allons donner le dernier tableau.
On comptait sept grands commandements : Turin, Milan, Parme, Bologne, Florence, Naplcs et Païenne, auxquels il faut ajouter le commandement moins important de la Sardaigne. Chacun d'eux avait des divisions secondaires. Le commandement de Turin, limité au nord et à l'ouest par les Alpes, au sud par le golfe de Gènes, comprenait quatre divisions : Gènes, Alexandrie, Turin et Novare.
Le commandement de Milan, sis entre la Vénétie a Test, les Alpes au nord et le commandement da
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Turin à l'ouest, comprenait les divisions de Milan, Pavie, Crémone et Brescia,
Le commandement de Parme, limité au nord par les deux commandements précédents, s'étendait au sud jusqu'aux anciennes frontières de la Toscane; il comprenait les divisions de Plaisance, Parme, Modène et Carrare.
Le commandement de Florence se composait des Etats de l'ancienne Toscane avec les divisions de Florence, Livourne et Sienne. On y avait ajouté la division de Pérouse qui était limitée par les Etats de l'Eglise et les Apennins.
Le commandement de Bologne était constitué de toute la partie du territoire italien sise entre le Pô, l'Adriatique, les frontières de Parme, de la Toscane et de Naples. Il comprenait les divisions de Bologne, Forli, Rimini et Ancûne.
Le commandement de Naples, le plus important au double point de vue du territoire et de la population, n'était autre que la partie de terre ferme du royaume des Deux-Siciles avec les divisions militaires de Chieti, de Naples, de Bari, de Salerne et de Catanzaro.
Le commandement de Palerme comprenait la Sicile proprement dite avec les divisions de Palerme, Messine, Syracuse et Caltaniselta. Le commandement de Sardaigne, enfin, n'avait pas de divisions militaires; il gardait pour chef-lieu Cagliari.
Il est certain que celte division avait pour but
de ménager les anciennes démarcations de territoire,' et l'on ne saurait trop approuver l'esprit qui présida à celte démarcation; mais on doit s'étonner à bon droit de l'excès de symétrie apporté dans les divisions. On ne s'explique pas que les Etats napolitains ne comprennent que cinq divisions, quand les Marches en comprennent quatre et la Sicile autant. Celte inégalité semble d'autant moins jus tifiable que les Etats plus éloignés que les autres du centre militaire, avaient besoin d'être mieux surveillés, tant à cause du brigandage que de la facilité avec laquelle les soulèvements peuvent se propager dans les populations méridionales; mais il est à présumer que celte répartition ne sera pas définitive.
Hi.
La prise de possession du territoire par l'autorité militaire n'était que superficielle. Il fallait surtout préparer les élections en vue du grand Parlement italien. Ces élections étaient d avance favorables à la cause de l'unité; il n'y avait pas à craindre d'opposition de ce côté, mais on devait redouter à plus juste titre une autre opposition plus dangereuse, celle des partis garibaldien et mazz'micn. Il s'agissait en définitive de savoir si le pays se pronon-
cerait en faveur de la politique du ministère. Tous les efforts de M. de Cavour concoururent à ce résultat. Les hommes qu'il avait mis à la tète de l'administration dans les différents pays étaient dévoués à sa politique; ils reçurent les instructions les plus sérieuses pour déterminer le triomphe du ministère. MM. Farini à Naples, La Farina et Cordovaen Sicile, se renfermèrent presque exclusivement dans celte mission. Le premier négligea môme, comme nous l'avons déjà vu, les autres intérêts du pays. On lui reprocha particulièrement d'avoir laissé à la disposition de la bourgeoisie les biens communaux, dont il aurait dù ordonner la répartition entre les habitants. Il n'en fut pas de même dans les Romagnes, où M. Pepoli, tout en suivant la politique ministérielle, avait proposé l'abolition des communautés religieuses et l'adjonction de leurs propriétés au domaine de l'Etat. Celte proposition fut agréée par le ministère, malgré les dangers qu'elle comportait, et mise à exécution. Il fut décidé que les couvents resteraient à la disposition des titulaires actuels jusqu'au dernier survivant.
Les élections pour le nouveau Parlement eurent lieu à la fin de l'année 1860. Elles réussirent audelà des espérances de M. de Cavour. La majorité lui était acquise; il comptait en sa faveur les trois quarts des voix. Garibaldi fut acclamé à Naples où sa popularité tournait presque à i'adoration, car le jour de la Saint-Joseph on allait prendre une châsse