‹ Histoire de l'Italie 1789-1863Chapitre 23 sur 32 · MO CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

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rattachant directement an gouvernement. Pour réaliser ce but il était nécessaire que les Napolitains fussent représentés à Turin dans le ministère. Mais il fallait pour cela que le ministère fut reconstitué, et il annonça que le cabinet en masse venait de donner sa démission.

M. de Cavour fut immédiatement chargé par le roi de reconstituer le cabinet. Il n'y fit que trois modifications; M. Vegezzi fut remplacé aux finances par M. Bastogi, banquier de Livourne; M. Corsi au commerce par M. Natolli, de Messine; M. Mamiani à l'instruction publique par M. de Sanctis, Napolitain qui avait passé une partie de sa vie en exil. Le président de la cour suprême de Naples, M. Niutta, fut nommé minisire sans portefeuille. L'élément napolitain était donc représenté dans le conseil des ministres, non pas au point de vue de la politique, qui lui était étrangère, mais au point de vue de la justice, de l'enseignement et du commerce.

Ce devait être le dernier coup d'Etat de ce grand ministre, dont la politique avait fait faire un pas si rapide à la régénération italienne. Ses derniers discours à la Chambre furent comme un

résumé de sa ligne de conduite et de celle de ses successeurs. Il déclara que l'Autriche abdiquait pour lavenirses droits sur Venise en n'accordant aucune concession aux habitants de la Vénétie ; que Rome devait être considérée comme la capitale de l'Italie, mais qu'il ne fallait point la conquérir par la force ; on n'y pouvait pénétrer que par la persuasion. « Les relations avec le Saint-Siège, dit-il, sont rompues; mais n'y-a-t-il pas des exemples de papes qui ont fait alliance avec des princes qu'ils avaient d'abord anathémalisés? Clément VII ne sacra-t-il pas Charles-Quint à Bologne? » Ces paroles, prononcées le 25 mars, furent suivies d'appréciations destinées à établir que si Fintimidation sacerdotale avait perdu son influence en Italie, le sentiment et l'esprit religieux s'étaient agrandis. La discussion fut fermée par un vole qui acceptait presque à l'unanimité Tordre du jour proposé par M. Boncompagni: « Rome capitale de l'Italie, la liberté de l'Église et la nécessité de l'accord avec la France. »

La partie la plus intéressante de la session fut celle qui amena l'explication, depuis longtemps attendue, entre M. de Cavour et Garibaldi. Ce fut M. Ricasoli qui la provoqua en demandant des explications au général Fanti, sur sa conduite dans l'Italie méridionale. Le général Fanti était blâmé très-énergiquement d'avoir dissous les volontaires et d'avoir privé la Péninsule d'une partie des forces dont elle pouvait disposer en cas de guerre. Legé-

néral Fanti répondit qu'on avait incorporé tous ceux qui avaient voulu prendre du service, mais que les plaintes provenaient des officiers garibaldiens qu'on n'avait pas reçus avec leurs grades sans qu'ils eussent fait preuve des capacités nécessaires. Un concours allait être ouvert à Ivrée pour les examens. En dernière analyse, les plaintes n'étaient pas fondées, car si Ton comptait un nombre de soldats moins considérable, en revanche ceux qu'on avait gardés étaient bien disciplinés. On n'avait d'ailleurs aucune crainte à formuler puisque l'Italie comptait dix-sept divisions parfaitement équipées, bien pourvues d'armes, de vivres, d'équipages, de munitions, et animées de la plus grande énergie.

Garibaldi qui avait été attendu par le ministère pour la discussion des affaires napolitaines, adressa alors la parole à M. de Cavour. 11 prétendit qu'on l'avaitdupé; il voulait, disait-il, raconter des faits glorieux, mais le ministère avait étendu sur le pays une main froide et malfaisante. M. de Cavour protesta, avec un peu trop d'emportement peut-être, contre les allégationsde son adversaire politique.L'agitation qui avait déjà pris naissance avec les ^interpellations de M. Ricasoli se transforma en tumulte. Jl fallut que, de part et d'autre, les amis des deux adversaires intervinssent pour les rappeler au calme. La séance reprit après une interruption assez longue. Garibaldi, moins véhément dans la forme, ne fut pas plus modéré dans le fond ; il récapitula tous les

P.tKMIKR PARLEMENT ITALIEN

griefs de ses volontaires, griefs dont quelques-uns étaient sérieux et qui provenaient d'une rivalité exagère entre l'armée régulière et l'armée irrégulière. 11 déclara qu'il fallait non seulement reconstituer l'armée méridionale, mais aussi procéder à l'armement de tout le pays. Après plusieurs pourparlers, M. de Cavour déclara que ce n'était ni la question politique, ni celle de l'armée méridionale qui le séparait dcGaribaldi, que c'était seulement la question de Nice; mais il prenait la Chambre à témoin des exigences de la situation, et des bénéûces que l'Italie avait retirés de cette concession à la France. Garibaldi déclara qu'il ne niait en aucune façon la sincérité et le patriotisme de M. de Cavour, mais il voulait une explication et demandait qu'à défaut d'armement général, les gardes nationales fussent mobilisées. L'explication de M. de Cavour fut digue 1

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