‹ Histoire de l'Italie 1789-1863Chapitre 4 sur 32 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

valeur. « Ce sont tout simplement, disait-il, des termes de chancellerie en usage à Rome, lorsque celte cour veut exprimer son déplaisir, ils ont été fulminés contre trop de gens et trop de choses que le respect met hors de leur atteinte, pour qu'il soit nécessaire de s'y arrêter. »

Une noie signalait, sans s'y arrêter, la prétention du gouvernement pontifical à faire croire qu'il rendait ses sujets très-heureux; l'intervention de la France et l'insistance de l'empereur Napoléon III à réclamer du Pape la séparation des Légations, étaient des témoignages qui déposaient d'une façon irrécusable contre le peu de fondement d une pareille prétention. Le gouvernement des Romagnes rappelait la mauvaise volonté que le Pape avait apportée dans l'application du motu proprio, pourtant bien ancien, qui avait signalé la rentrée de Pie IX. Les franchises promises aux communes avaient été transformées en retraits des privilèges encore subsistants; il était impossible d'agir d'une façon plus contraire à la loyauté et aux intentions de la Puissance qui avait effectué la restauration.

La note rappelait le voyage du Pape dans ses Etats en 1857, et les tristes expédients qu'employa le gouvernement pour empêcher toute manifestation politique. Mais, disait-elle, le mécontentement avait gagné jusqu'aux élus du pouvoir. Ce fut par leur intermédiaire que les plaiulesdes populations parvinrent au Souverain Pontife. Elles n'eurent aucun ré-

LE PAPE

Filtat. C'était pourtant le moment où l'empereur d'Autriche accordait une amnislie aux exilés lombards, ses ennemis; le Saint-Père, lui, refusait impitoyablement do gracier les exilés romagnols, ses sujets, ses enfants. Il semble môme qu'il prit plaisir à susciter le mécontentement général en libérant des voleurs et des faussaires. De pareilles grâces n'étaient donc qu'un scandale de plus. Il est vrai que des sommes considérables avaient été allouées aux municipalités pour la construction des édifices religieux. C'était sans doute pour prouver qu'à défaut de libertés politiques, on aurait pu satisfaire en partie à la demande du peuple de Pérouse, qui avait crié : Du pain et la constitution (pane et statuto). Le pain fut transformé en ornements d église, do même que les libertés réclamées pour les patriotes ne profitèrent qu'aux forçats.

Telle était donc la situation des Romagnes au moment où la situation malheureuse de l'Italie déterminait la grande guerre de 1859.

Page 1