‹ Histoire de l'Italie 1789-1863Chapitre 5 sur 32 · CHAPITRE PKEMllX · texte numérisé non relu

CHAPITRE PKEMllX

d'un vasle mouvement nation.il. Pourquoi les Romagnes seraient-elles restées étrangères à ce mouvement général? Allons plus loin, et disons : Comment aurait-il pu se faire qu'elles n'y participassent pas, puisqu'â tous les maux inhérents à leur propre gouvernement venait se joindre chez elle le poids de l'occupation étrangère? » La conduite des Romagnois était donc très-explicable. Ils ne pouvaient être accusés de subir l'influence de factieux.

Si, comme le gouvernement pontifical l'avait prétendu, le mouvement des Romagncs avait été le résultat des efforts de quelques agitateurs, les cinq mille hommes de troupes que l'armée pontificale entretenait dans le pays auraient suffi pour étouffer la révolution dès son origine. Le Saint-Siège ne pouvait arguer de sa mansuétude après les événements dont Pcrouse avait été le théâtre. Il n'aurait donc reculé devant aucune extrémité pour faire rentrer sous sa loi les provinces révoltées.

Quant aux calomnies qui avaient pour but de signaler à la réprobation du monde chrétien les persécutions dont les prêtres avaient élé regardés comme victimes, elles avaient élé suffisamment réfutées par ceux-là mêmes qu'on avait voulu considérer comme des martyrs. Si quelques membres du clergé avaient élé l'objet d'une répression en raison des appels qu'ils avaient fait au désordre, le nombre s'en restreignit à six, et encore avait-on use envers

LE PAPE

eux des plus grands égards. Ces calomnies ne prouvaient que la colère du Saint-Siège. La modération qu'on avait opposée témoignait au contraire de la force et de l'unanimité du parti libéral. Les prêtres avaient été respectés en tant que ministres du Dieu de paix dont ils avaient mission d'enseigner les doctrines ; mais de ce que le gouvernement n'avait pas permis que les chaires fussent transformées en tribunes politiques, il était déraisonnable de conclure que l'Église fût persécutée. En aucun temps et dans aucun pays, les prêtres n'ont été traités avec plus de modération que dans les Romagnes. Ils s'accordaient tous d'ailleurs à constater les égards dont ils avaient élé entourés par le gouvernement, et ils témoignèrent publiquement à différentes reprises que les accusations d'impiété dont ce gouvernement avait été l'objet , n'avaient aucun fondement.

Nous nous contenterons de citer un exemple.

Les journaux du parti clérical en France avaient fait grand bruit d'une prétendue invasion faite à Verruchio dans un couvent de religieuses par une bande de volontaires romagnols; ces volontaires auraient enfoncé les portes du couvent. Après avoir tué un officier qui serait intervenu, ils auraient pénétré dans rétablissement et se seraient rendus coupables sur les pensionnaires des violences les plus condamnables. Ces actes auraient été accomplis au milieu d'un tel concours de sacrilèges que l'indi-

CHAITI'RE IMIFMŒK.

gnilion publique était en droit d'en exiger les représailles les plus sévères.

L'.îbesse du couvent fit parvenir, à ce sujet, un démenti officiel à la commission municipale de Rimini, dont Verruchio était une dépendance.

« Aucun attentat, disait ce démenti, n'a été commis dans la communauté religieuse de professes et de pensionnaires par les soldats du corps militaire de Roselli, alors qu'il se trouvait à Verruchio... La porte de notre couvent n'a pas été enfoncée et il n'y a eu de violences d'aucune sorte exercées par les soldats. — Aucun officier n'a été tué pour avoir voulu s'opposer à des actes qui n'ont jamais eu lieu.

Aucun soldat n'a jamais mis le pied dans notre couvent, et par conséquent aucun n'a commis et ne pouvait commettre, sans y entrer, le moindre outrage ou le moindre acte contre les bonnes mœurs au préjudice des religieuses et des pensionnaires. — En somme, il n'est absolument rien arrivé de tout cela et, en conformation do la vérité de ce que j avance, je vous transmets au besoin le présent document. »

Cette réfutation, signée et datée du 21 septembre, fat confirmée par les autorités municipales de Rimini ; elle coupa court aux déclamations de 1a presse religieuse en Italie et à l'étranger.

LE PAPT.

Le 8 novembre, le marquis Pepoli, qui avait été nommé ministre des finances dans les Romagnes après la révolution, voulut rendre compte à l'Asscmtlée des actes du gouvernement.

Il s'agissait, à ce moment, de faire entrer les Romagnes dans une ligue de l'Italie centrale, dont la régence devait être confiée au prince de Garignan. On constata que la population, unanime dans ses sentiments, avait opposé aux attaques du Saint- Siège une indifférence qui témoignait de sa force; Tordre n'avait pas été troublé, la ligne de conduite du pouvoir avait affecté le caractère de la plus grande modération en dépit des violences, de l'arbitraire et des représailles exercées par le gouvernement pontifical sous le couvert de l'Autriche, après la révolution de 1849.

On avait reconnu la partie de la dette pontificale qui pesait sur les Romagnes et dont profitaient encore les corporations religieuses et les établissements pieux. Il avait été accordé des compensations aux victimes des réactions de 1849; des gardes nationales avaient été organisées, les lois relatives à la marine réformées, des mesures prises pour la protection du commerce, des lignes de douane supr. v. 3

la

Page 1