‹ Histoire de l'Italie 1789-1863Chapitre 9 sur 32 · CHAPITRE PREM1KR · texte numérisé non relu

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qui regarde la province. Ils voleraient les dépenses locales, la répartition de l'impôt, et formeraient près le légat ou gouverneur de la province un conseil doué d'attributions spéciales.

Les gouverneurs seraient laïques pour les provinces des Légations, des Marches et des Romagnes.

Conseils municipaux. — Ces conseils seraient élus conformément à Tédil du 24 novembre 1850. Seraient électeurs, sans aucune limite de nombre, tous les individus appartenant aux diverses professions indiquées par cette loi.

Amnistie. — Il conviendrait d'accorder une amnistie générale, sauf quelques exceptions, aux exilés, aux prisonniers politiques et à ceux qui, également pour cause politique, se trouvent sous le coup de poursuites. — Les conditions de cette amnistie seraient réglées entre la France, le Saint-Siège et l'Autriche.

Perception des revenus publics. — On adapterait aux Élals Romains l'organisation de l'impôt telle qu'elle existe en France.

Il serait utile de nommer une commission pontificale qui, d'accord avec un des fonctionnaires supérieurs des finances de la France, procéderait au travail d'organisation.

Ces propositions signalaient, malgré leur retenue,

LE PAPE

bien des vices dans les États de l'Église; aussi n'ont-elles pas besoin de commentaires. L'accueil qui leur fut fait par le Saint-Siège fut de telle nature, qu'une crise devait tôt ou tard en résulter entre les cabinets de Rome et de Paris. Nous allons voir comment cette crise se produisit.

La fin de l'année 1859 fut signalée par l'apparition dune brochure qui fit une grande sensation, non -seulement en France et en Ilalie, mais dans toute l'Europe catholique. Cette brochure, le Pape et le Congrès, imprimée à Paris sans nom d'auteur, annoncée d'avance comme l'expression môme des pensées du gouvernement français, fut accueillie avec une vive curiosité. Aucun démenti ne vint contredire celle croyance, qui devint presque une certitude quand on vit avec quelle déférence elle était traitée dans les sphères et par les journaux semi-officiels.

Cet ouvrage examinait avec une grande liberté la situation faite au Pape par le pouvoir temporel. Après avoir exposé sérieusement et sans parti pris tous les avantages et toutes les garanties qu'un État indépendant donnait au chef de la chrétienté, il passait à l'examen des difficultés qu'entraînent, pour le vicaire du Christ, les exigences d'un pouvoir civil aux prises avec l'influence religieuse. Les conclusions étaient sincères, et par conséquent hardies. « L'autorité catholique, disait la brochure, fondée sur le dogme, est inconciliable avec l'autorité conventionnelle fondée sur les mœurs publiques,

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