‹ Histoire de l'Italie en 1848-49Chapitre 48 sur 50 · C. ArMELLINI, ÀURELIO SaFFI · texte numérisé non relu

C. ArMELLINI, ÀURELIO SaFFI

*iè<;e et puise de home.

Qu'il nous soit maintenant permis d'esquisser quelques traits caractéristiques sur la révolution romaine et les hommes qui la dirigèrent.

L'Assemblée romaine, après l'occupation du bastion Saint-Pancrace par les Français , avait entendu avec calme les rapports que lui firent successivement le général Garibaldi et le triumvirat; elle avait déclaré qu'elle reconnaissait l'impossibilité d'une plus longue résistance, mais qu'elle continuerait de siéger. Elle refusa ensuite de traiter avec le général Oudinot, qui demandait à occuper Rome en promettant de sauvegarder la vie et les biens des citoyens ; elle se contenta de lui faire répondre que c'était aux membres de la municipalité qu'il devait s'adresser; que, quant à elle, elle ne demandait et ne voulait accepter aucune concession.

Le lendemain, au moment où les Français, entrant par la porte del Popolo, se disposaient à prendre possession de la ville, le président de la Chambre, du haut du grand balcon du Capitole, proclamait la Constitution que l'Assemblée avait élaborée au bruit du canon. Et lorsque Rome fut entièrement occupée par les troupes françaises, lorsqu'elle fut retombée aux mains de la réaction, à ce moment encore l'Assemblée, forte de ses droits et de sa conscience, siégea pendant trois jours, comme si elle n'avait pas cessé d'être souveraine, délibéra sur les intérêts généraux du pays, et publia ses

m DERN1ÈKES LUTTES,

décrets dans le journal officiel jusqu'à cequ enfin legénéral Oudinot eût chargé un bataillon de la dissoudre. Alors seulement elle céda. Mais ses membres, avant de se séparer, consacrèrent le fait de leur existence par une protestation qu'ils signèrent presque tous, et qui fut remise au commandant de l'armée française.

Ajoutons que, quoique l'Assemblée romaine fût restée en permanence pendant plusieurs jours sans autre garde que son immense autorité morale, aucune plainte, aucune insulte, aucun cri de vengeance ne B'éleva contre elle, et que, exemple unique peut-être dans l'histoire, pas une acclamation ne salua sa chute.

Le général Oudinot, en occupant la ville, annonça aux citoyens que le pape venait de nommer, par un bref daté de Gaëte, une commission gouvernementale composée des cardinaux délia GengaSermatei, Vanicelli et Altieri.

Ces cardinaux se laissèrent aller à de cruelles me-

sures; ils destituèrent en masse tous les employés nommés depuis le 16 novembre 1848 ; ils instituèrent un tribunal inquisitorial destiné « à rechercher les fautes et la conduite des impies, » et refusèrent de reconnaître les assignats lancés dans la circulation. Il fallut que le général Oudinot interposât sa médiation pour les empêcher de faire replacer la ville sous le joug d'une tyrannie qui Pau rai t dépeuplée en quelques jours.

Page 1