‹ Histoire de l'Italie en 1848-49Chapitre 7 sur 50 · IV. j · texte numérisé non relu

IV. j

L'année 1847 s'ouvrit, pour les Deux-Siciles, dans les mêmes conditions que les années précédentes ; seulement les révoltes y furent plus nombreuses encore. On ne savait lesquels devaient se lasser le plus tôt, des victimes ou des bourreaux. I

En Sicile et dans les Calabres, Reggio et Messine s'insurgèrent. Une vaste conspiration avait été organisée par un Calabrais, Domenico Romeo; mais la révolte

éclata avant le temps fixé. Le gouvernement fit écraser les conjurés. Reggio, bombardée, devint le théàtred'excès de tout genre. A Gerace, le général Nunziante présida à l'exécution de cinq jeunes gens, dont Tun, Mazzoni, avait quelques jours auparavant sauvé la vie à plusieurs agents du gouvernement.

A Messine, le combat avait été de peu d'importance. Lue trentaine de révoltés, après avoir tenu tête, une heure durant, à la garnison, purent s'enfuir dans les montagnes, entraînant avec eux leurs morts et leurs blessés. Domenico Romeo tombait au même instant assassiné dans un piège.

Del Caretto mit à prix les têtes des conjurés -, il faut dire qu'il ne trouva personne qui voulût gagner cet in-

considérable; mais l'importance des personnes compromises effraya le gouvernement, qui commua pour quarante-six .condamnés la peine capitale en celle de Yergastule, prison creusée au-dessous du niveau de la mer.

A Naples, une grande démonstration eut lieu le 1 i décembre pour obtenir une constitution à l'exemple des autres principautés de l'Italie. Cette démonstration donna cours à de nouvelles rigueurs; mais le lendemain on affichait dans la ville la protestation suivante, couverte de cinq cents signatures :

« Nous, soussignés, déclarons avoir tous, soit par le conseil, soit par l'action, concouru à la sainte manifestation du 14 décembre 1847. Nous protestons donc

de toutes nos forces contre les arrestations faites à cette

occasion.

« Si aimer soa pays est un crime ; si c'est un crime de manifester publiquement cet amour ; si c'est un crime de s être rendu les organes des désirs modérés de tous ; si c'est un crime d'avoir cru et espéré que notre roi nous aimait assez pour exaucer les vœux de son peuple, à l'exemple des autres princes italiens..., nous sommes tous coupables ; — et s'il ne suffit pas au gouvernement de nous avoir fait charger par ses soldats, d'avoir blessé plusieurs des nôtres, foulé aux pieds des chevaux et frappé grièvement beaucoup de citoyens, il faut, ou qu'il nous honore tous de l'emprisonnement, ou qu'il n'attente à la liberté de personne. »

Cette généreuse réclamation effraya la police. Le sontiment public se montrait trop ouvertement pour qu'on pût dédaigner un pareil avis. Les arrestations furent suspendues.

On le voit, la liberté, loin de plier sous l'arbitraire du gouvernement, devenait de jour en jour plus menaçante. Les réformes pontificales et les améliorations que la Toscane et la Sardaigne introduisaient dans leur constitution, encourageaient les prétentions de Naples et de la Sicile. Partout les Italiens semblaient dire qu'ils étaient prêts à se faire justice eux-mêmes si l'on refusait d'accéder à leurs vœux; partout grondait une sourde colère; partout apparaissaient les germes d'une révolution prochaine.

Le \ 2 janvier 1848, anniversaire de la naissance du roi, le tocsin de l'insurrection se fit entendre à Païenne.

Le peuple tout entier se leva sans chefs et presque sans armes. Des moines mêlés aux combattants échangeaient leurs crucifix contre des fusils et des sabres. La garnison, assaillie de toutes parts à Pimproviste, ne put organiser une résistance efficace. Les barricades, élevées comme par enchantement, rendaient inutiles les charges de la cavalerie, pendant que des fenêtres pleuvait une grêle de balles et d'autres objets meurtriers. On jetait de l'eau et de l'huile bouillante sur les troupes, et une des premières dames de la ville fit précipiter sur les soldats un piano d'un très-grand prix.

Au bruit du combat, des bandes de paysans accoururent de la campagne pour renforcer les insurgés. Le combat dura jusqu'au soir; mais le peuple, s étant emparé de cinq pièces de canon, força les soldats de se retirer dans les forts.

1a ville s'illumina alors tout entière aux cris de liberté. Le tocsin fit place à une sonnerie de fête. A chaque coin de rue étaient affichés des écriteaux prononçant la peine de mort contre les pillards. Un bateau à vapeur, surpris par les révoltés, fut expédié autour de l'île pour y propager l'insurrection !

Les nouvelles de ce soulèvement parvinrent le 23 au wir à Naples. On ordonna aussitôt le départ de neuf

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bateaux, à vapeur et de cinq mille hommes, sous le commandement du général Désauget et du comte deir Aquila, frère de Ferdinand.

Les ordres du roi étaient d'attaquer d abord Païenne et de la bombarder au besoin.

Arrivée devant la ville, l'expédition y trouva les habitants disposés à la plus vigoureuse résistance. Le comte dell' Aquila résolut alors d'exécuter les ordres du roi ; il fit en conséquence les préparatifs du bombardement.

A cette nouvelle, les consuls étrangers s'assemblèrent et demandèrent un sursis de vingt-quatre heures. Ce sursis leur fut accordé ; mais les assaillants ayant été repoussés avec de nouvelles pertes, le comte dell' Aquila crut pouvoir en venir à ses dernières ressources, c'està-dire au bombardement.

En effet, des forts et de la plage le canon tonna bientôt. Les consuls alors, au milieu d'obstacles sans nombre etmême au péril de leur vie, se réunirent de nouveau à la porte de Macquada, au consulat français, et là ils rédigèrent et envoyèrent au chef de l'expédition la protestation suivante :

« Le corps consulaire, qui se rendit dans la journée du 15 auprès de S. Exc. le lieutenant-général, pour solliciter en faveur des étrangers une suspension du bombardement, et qui fut assez heureux pour l'obtenir

pendant vingt-quatre heures, frappé de l'immense unanimité, de l'exaltation prodigieuse des sentiments de la population palermitaine, croit avoir à remplir un devoir plus sacré encore.

i Les soussignés pensent que, pour faire cesser et prévenir d'incalculables désastres, pour empêcher une de ces grandes catastrophes qui font lâche et époque dans l'histoire d'un siècle, il faut que les horreurs d'un bombardement soient épargnées dans tous les cas à une population de 200,000 âmes, à l'antique et vaste cité de Palerme.

« Si cependant, ce qu'à Dieu ne plaise, le commandaut en chef des forces royales devait en venir à cette extrémité sauvage ou déplorable, les soussignés protestent d'avance et de toutes leurs forces, au nom de leurs gouvernements, contre un acte fait pour exciter à jamais l'exécration du monde civilisé.

a Ils protestent déjà avec toute l'énergie possible, et sous toutes réserves, contre l'absence totale de formes, d'avertissement, de délai, qui a lieu à leur égard, avant qu'au péril de leurs jours ils pussent pénétrer jusqu'à l'autorité supérieure pour arrêter le bombardement commencé, dont plusieurs étrangers ont été victimes dans leurs personnes et dans leurs propriétés. »

Ayant reçu cette protestation, le comte dell' Aquila partit pour Naples afin de prendre conseil du roi ; mais

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il trouva toute la ville émue et frémissante, par suite de la longue résistance de la Sicile.

Ferdinand II comprenait enfin que la lutte n'était plus possible, et qu'il fallait, pour maintenir son trône, céder aux demandes légitimes de ses sujets.

Le 1 8 et le \ 9 janvier parurent quatre édits dans lesquels il accordait la formation d'un conseil d'État, étendait la liberté de la presse, et donnait une administration séparée à la Sicile.

Ces mesures étaient malheureusement dictées à contrecœur. La nomination du comte dell' Aquila à la viceroyauté de Sicile en était la preuve manifeste ; cette île avait d'ailleurs disposé autrement d'elle-même.

Un gouvernement provisoire venait d'être organisé à Palerme sous laprésidence d'un ancien amiral, Ruggiero Settimo, l'homme le plus respectable du pays; et lorsque le duc Majo, qui commandait l'expédition en l'absence du comte dell' Aquila, après avoir accueilli à coups de feu la députation du peuple, signifia les volontés du roi, le gouvernement provisoire répondit en réclamant la Constitution de 1812.

• La nouvelle des concessions arrachées à Ferdinand n'était pas de nature à ramener Palerme à l'obéissance; aussi, lorsqu'on fit des promesses évasives en réponse à ses réclamations, le gouvernement provisoire déclara qu'il savait trop bien, d'après une cruelle expérience, la foi qu'on devait accorder à une monarchie absolue.

« Nous nous sommes levés, ajoutait-il, pour recouvrer nos anciens droits et les garanties qui peuvent seules

assurerla prospérité de notre patrie. Nous ne déposerons les armes que le jour où la Sicile, représentée à Palerme par son parlement, aura adapté aux besoins de l'époque la Constitution de 1812. »

Pendant toutes ces négociations, le combat continuait entre les troupes et les habitants. La junte gouvernementale s'était divisée en deux sections : l'une d'administration et l'autre de résistance, et cette dernière faisait paraître un journal intitulé le Citoyen.

Au couvent du Novizziato, le peuple triomphant avait bien traité les soldats et leur avait fait pointer d'eux-mêmes les pièces tombées en son pouvoir. A quelque distance de la villa de la princesse Butera, à l'endroit connu sous le nom de l'Olivuzza, une lutte s'était engagée entre deux cents Napolitains et une quarantaine de jeunesgens de Palerme : l'un d'eux, blessé àlatête, etessuyaut lesang qui coulait sur son visage, dit à un de ses camarades : « Si je meurs, tu porteras ce mouchoir à Naples, ettu diras au peuple que ce sang a été répandu pour son salut. »

Pendant toute la journée du 27 janvier, les troupes napolitaines, qui tentaient leur dernier assaut, furent repoussées de toutes parts ; on n'entendait que le canon, le tocsin et la fusillade. Elles se retirèrent enfin, laissant sur le champ de bataille plus de neuf cents des leurs, tandis que les habitants n'eurent hors de combat que deux cent cinquante personnes.

Le 2#janvier au matin, les dernières positions avaient été évacuées par les soldats de Ferdinand : Palerme était libre.

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À Naples, cependant, l'agitation populaire prenait des proportions de plus en plus grandes ; le roi avait été obligé d éloigner son confesseur Code et le ministre Del Caretto. Ce dernier fut jeté sur un bateau à vapeur et conduit à Marseille, où il ne put se soustraire à l'indignation générale qu'en s'enfuyant entre deux gendarmes jusqu'à Montpellier. Il avait été successivement repoussé à Livourne et à Gênes par les Italiens.

Le matin du 27 janvier, on vit deux jeunes gens se promener dans les rues de Naples, portant un parapluie rouge et un parapluie vert, qu'ils avaient attachés l'un à l'autre avec un mouchoir blanc. C étaient les trois couleurs qui représentaient l'unité de l'Italie. Un rassemblement considérable les entoura aux cris de : Vive la Constitution I et chacun s'empressa de mettre à sa boutonnière la cocarde tricolore.

La population tout entière s'associa à cette manifestation. Les dames jetaient du haut de leurs fenêtres les cocardes nouvelles par milliers dans les rues, et les prêtres les distribuaient sur le seuil des églises.

Leslibéraux, formant des groupes nombreux, s'entendirent alors pour signer des pétitions et les faire circuler dans la foule. La rue de Tolède, cette vaste artère de Naples, était encombrée de citoyens qui poussaient les cris de : Vive la Constitution ! auxquels se mêlaient les cris de : Vive l'Italie ! Vive Pie IX! Des cava-

NAPLES ET LA SICILE. - Cl

liers ayant voulu faire une charge pour disperser les rassemblements, furent forcés de se replier devant les masses devenues de plus en plus compactes. Quelques uns d'entre eux étant tombés de cheval, furent relevés par le peuple, pendant que les femmes agitaient, du haut de leurs fenêtres, leurs mouchoirs en signe d'approbation.

Le général Statella, voulant reconnaître le caractère de la manifestation, s'engagea au milieu de la foule. 11 fut entouré de toutes parts, mais sans aucune apparence de colère. Les cris de : Vive la Constitution î se succédaient sans interruption autour de lui. — « La Constitution ! s ecria-t-il, eh bien ! vous l'aurez. » Et il parvint à se dégager, au milieu des acclamations enthousiastes de la multitude.

De retour au palais du roi, il dit à Ferdinand qu'on ne pouvait plus tarder, et qu'il fallait accéder aux vœux unanimes du peuple. On apprenait à ce même moment que le général Ruberti, gouverneur du château Saint-Elme, s'était refusé, malgré ses opinions légitimistes, à tirer sur la ville : — « Jamais, s'était-il écrié, jamais je ne commanderai le feu ! »

Circonvenu par ses conseillers eux-mêmes, Ferdidinand prononça une diatribe contre les réformes de Pie IX et du grand-duc de Toscane, ^et s'écria enfin : « Ils ont voulu me pousser, je les pousserai à mon tour. » Il changea immédiatement le ministère, et proclama la Constitution, dont la rédaction fut confiée à M. Bozelli, jurisconsulte distingué qui avait été exilé à

Paris en 1824 . Elle devait être faite sur le modèle de la Charte de 1830.

En attendant que cette rédaction fût terminée, le gouvernement, redoutant à juste titre que la manifestation ne dégénérât en révolution, rédigea un acte dans lequel il annonçait la nature des réformes qu'il allait accorder.

Cette pièce était précédée de la nomination d'un nouveau ministère sous la présidence du duc de Serra- Capriola (1). Nous la mettons sous les yeux du lecteur.

« Naples, Je 29 janvier.

« Ferdinand II, roi des Deux-Siciles et de Jérusalem, duc de Parme et de Plaisance, grand-prince héréditaire de Toscane, etc., etc.

« Ayant entendu le vœu général de nos bien-aimés sujets pour avoir des garanties et des institutions conformes à la civilisation actuelle, nous déclarons que notre volonté est de condescendre aux désirs qui nous sont manifestés, en leur donnant une Constitution; et pour cela nous avons chargé notre nouveau ministre d'État de présenter à notre approbation, dans un délai qui ne

(l) Les ministres étaient le baron Bonnani, le prince Dentice, Je prince tic Torclla, le commandeur Scovazzo, et le général Gaxzia.

devra pas excéder dix jours, un projet sur les bases suivantes :

« Le pouvoir législatif sera exercé par nous et par deux chambres, à savoir : une chambre des pairs et une chambre des députés. Les membres de la première chambre seront nommés par nous ; les députés seront * nommés par des électeurs sur les bases d'un cens qui sera fixé.

« L'unique religion dominante de VEtat sera la religion catholique, apostolique, romaine, et aucun autre culte ne sera toléré.

« La personne du roi sera toujours sacrée, inviolable, et non sujette à la responsabilité.

a Les ministres seront toujours responsables de tous les actes du gouvernement.

« Les forces de terre et de mer seront toujours dépendantes du roi.

« La garde nationale sera organisée dans tout le royaume sur un mode uniforme, et analogue à celui de la capitale.

a La presse sera libre, et sujette seulement à une loi répressive pour tout ce qui peut offenser la religion, la morale, Tordre public, le roi, la famille royale, les souverains étrangers et leurs familles, ainsi que l'honneur et les intérêts des particuliers.

« En notifiant ici en public notre souveraine et libre résolution, nous nous confions dans la loyauté et le boa

esprit de nos peuples pour le maintien de Tordre et du respect dû aux lois et aux. autorités constituées.

« Ferdinand.

« Contresigné par le Président du Conseil des Ministres,

« Duc de Serra-Capriola. »

Chose étrange, et qui peint la politique de la cour de Naples : le jour où Ton publiait cette pièce, les troupes royales bombardaient Messine.

Il faut dire aussi que la pensée qui avait présidé au choix du ministère trahissait la peine que ces concessions causaient au roi : les personnages qui le composaient ne semblaient pas de nature à pouvoir réaliser les promesses libérales du gouvernement. Le général Garzia, entre autres, auquel était confié le département de la guerre, avait une fort mauvaise réputation; il avait été l'exécuteur des volontés de Ferdinand dans les rigueurs qui avaient signalé le début de son règne.

Néanmoins, cet acte avait suffi pour dissiper les rassemblements formés dans la ville. On attendit patiemment que les réformes fussent mises à exécution.

Selon la promesse du roi, que la crainte rendait fidèle, cette constitution parut le 1 i février. La satisfaction fut générale, à cette exception près, que Ton trouvait arbitraire les articles qui déclaraient la religion

>APLKS ET LA SICILE tw

catholique. seule religion de l'Etat, et qui niaient la liberté religieuse.

Cette pièce importante avait été précédée de plusieurs actes dans lesquels Ferdinand, pressé par Topin ion publique et par les difficultés qui l'entouraient de toutes parts, avait fait de nouvelles concessions. Aussi la proclamation de la Constitution provoqua une imposante manifestation, et pour la première fois le roi entendit les cris de joie de ses sujets.

Le nouveau ministère, mal à Taise dans les nouvelles conditions que lui imposait le libéralisme de sa politique, ne répondit pas cependant aux espérances qu'il avait fait concevoir. 11 commit maladresses sur maladresses, partagé qu'il était entre deux volontés, la volonté royale et la volonté du peuple.

La plus grande de toutes ces fautes fut sans contredit la conduite qu'il tinta l'égard de la Sicile.

Le siège de Messine, la mauvaise volonté constante du gouvernement napolitain, qui ne cédait qu'à contrecœur à la force des circonstances, indisposaient de plus en plus les Siciliens. Le nouveau ministère ne devait pas ignorer, d'ailleurs, que les peuples, une fois sur la route de l'affranchissement, ne sauraient être contrariés sans se porter aux extrémités.

Après de nombreux pourparlers entre le gouvernement provisoire de Palerme et le ministère provisoire de

haï S

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Naples, le roi se décida, le plus tard qu'il put* à accorder la constitution de 1812; mais cette décision arriva quand il n'était plus temps.

Le parlement sicilien, réuni le 25 mars 1848, fut ouvert par un discours dans lequel Kuggiero Settimo déclarait quctôutes les propositions qu'il avait faites au gouvernement napolitain, par l'entremise de lord M i nto, avaient été repoussées, et qu'il n'avait pas cru devoir céder en rien sur les justes prétentions de la Sicile.

Ce discours fut vivement applaudi, et ce que Ruggiero Settimo n'avait pas voulu faire de lui-même, l'Assemblée le décida trois semaines après.

Le 13 avril, les représentants du pays déclarèrent devant la nation, que toutes transactions étant devenues impossibles, la dynastie des Bourbons était à jamais déchue de ses droits sur la Sicile.

Le 8 mai, Ruggiero Settimo et les ministres assemblés, voulant régulariser autant que possible la situation nouvelle de leur pays, adressaient à l'Europe un manifeste dans lequel ils rappelaient le mépris du serment et l'ingratitude des rois de Naples, la mauvaise volonté du gouvernement à accepter les propositions faites au nom de la justice et de l'équité, le peu de cas qu'on devait faire de l'amnistie promise après tant d'amnisties révoquées, et où ils expliquaient enfin la nature et les motifs du décret de déchéance rendu quelques jours auparavant par l'Assemblée nationale.

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