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koootr ûxéi par estima- » Pans, le 3 nivôse de l'an 9 de la République
lion poor la ce«ion du française, une et indivisible,
irrand enirre de la Carte de la Lune.
Le Ministre de Tlntérieur, tt Au citoyen Cassini, membre de l'Institut national.
» D'après les réclamations que vous m'avez adressées. Citoyen, je me suis fait rendre compte du Rapport du Directeur du Cadastre ( 1 ), du 19 nivôse de Tan 8', avec l'estimation ordonnée par l'un de mes prédécesseurs, le C* Quinette, pour déterminer la valeur actuelle de la grande planche gravée de la Carte de la Lune, due au célèbre Cassini votre oncle (sic), et qui est restée déposée à l'Imprimerie nationale. Le désir que vous avez de voir conserver pour l'utilité de l'Astronomie ce précieux monument des savantes observations continuées et enrichies par vos travaux, le désintéressement que vous avez mis à l'estimation pour en faciliter l'acquisition, et sans rien réclamer pour le prix de la petite planche remise à l'Observatoire, m'ont paru autant de considéra-
(») De Prony.
lions propres à faire adopter les conclusions du rapport du C» Prony.
1» Je viens en conséquence d'autoriser l'expédition à votre nom d'une ordonnance de la somme de quatre mille francs, montant de la fixation de votre indemnité. Le paiement vous en sera fait sur les premiers fonds qui doivent être mis à ma disposition par le crédit de Tan 9 pour l'acquisition des objets de sciences et arts.
» Je vous salue avec considération,
» Signé : Ghaptal. »
Malheureusement, la planche gravée, au lieu d'être portée à l'Observatoire, resta à l'Imprimerie nationale, et lorsqu'on 182^ le Bureau des Longitudes voulut savoir ce qu'elle était devenue, Arago dut lui faire connaître que, d'après un renseignement qu'il tenait de Bouvard, elle avait été vendue à un chaudronnier, à une époque où le Directeur de cet établissement jugea à propos de se débarrasser d'une partie du matériel qui encombrait ses magasins. Ce Directeur, ajoute Arago dans son Astronomie populaire y n'était pas un amateur d'Astronomie.
La tour de Marly resta sur la terrasse de l'Observatoire jusque vers le milieu du dix-huitième siècle; en 1^5^ elle avait disparu (Blondel, Architecture française). Mais il semble que, depuis de longues années déjà, elle n'était plus d'aucun usage. Dans l'État des dépenses de Jacques Cassini de 1 729 à 1 ^43, dont il a été déjà question à l'occasion de la méridienne de l'Observatoire, nous trouvons bien des réparations au grand mat qui portait la lunette de 70 pieds, ainsi qu'à un autre mât plus petit pour les lunettes de moindres dimensions; c'est la corde du grand mât qui étail cassée et que l'on remplace; c'est une poutre de sapin pour porter la lunette de 3^ pieds; des tujaux de fer-blanc pour celles de 20 pieds; en 1736, on achète encore des objectifs de Campani; l'opticien Marie fournit des objectifs de i3 pieds et de 8 pieds; M. D'Ons-en-Braj se dessaisit pour l'Académie d'im \erre de i5 pieds, de Campani, pour remplacer celui qui avait été volé dans la tour Occidentale. Mais il n'est point parlé de la grande tour, et à peine une fois, en 1727, d'un support de lunette pour observer sans tuyau. 11 semble que, peu à peu, les astro-
LES INSTRUMENTS DE l'OBSERVATOI RE. 178
nomes avaienl perdu l'habitude de se servir des verres à très longs foyers que J.-D. Cassini employait couramment, et que l'habileté de ce patient et infatigable observateur avait fait bien vite défaut à ses successeurs. C'est une remarque qu'on a souvent faite que, 5o ans après le premier Cassini, les astronomes étaient impuissants à voir ce qu'il avait vu, et avaient perdu même le souvenir de plusieurs de ses découvertes. Les télescopes à miroir, qui auraient pu remplacer avec avantage les longues lunettes (*), n'étaient alors construits que sous de petites dimensions; Jacques Cassini en fît venir un d'Angleterre par l'intermédiaire de Du Fay, pour le prix de 288 li\res; cet instrument n'avait que deux pieds de long. (Voir sur Y Histoire des Télescopes : R. Smith, A complète sj'stem of opiics^ Cambridge, 17ÎÎ8, et Graîît, Ilist, of ph. Astr., p. 026 et sui\antes.)
(') D'après les essais de Pound et Bradley, en 1728, un télescope ncwtonnien de Hadley de 6 pouces d'ouverture et de 5 pieds 3 pouces anglais de foyer, définissait les images aussi bien qu'une lunette de Iluyghens de laS pieds et donnait seulement un peu moins de lumière {Phil. Trans., 1728, p. 382. — Grant, llistory of physical Astronomy, p. 529).
LES INSTRUMENTS DE L OBSER VATOIR E
(suite. )
Les instruments de Jacques Cassini, de Philippe Maraldi et de Cassioi de Thury. — Les Cabinets d'observation. — Instruments des missions du Pérou, de Laponie et du Cap ; des observateurs des passages de Vénus. — Inventaire de 1777.
Jacques Cassini et les deux Maraldi furent à peu près les seuls astronomes de l'Observatoire qui continuèrent les observations physiques de Jean-Dominique à l'aide des grandes lunettes (* ).
En même temps ils poursuivaient les travaux d'observation de position des astres avec les instruments du chef de leur famille.
« Dès les premiers temps que M*" Maraldi (Jacques Philippe ou Maraldi I) se mit à observer le ciel (1687) il conçut le dessein de faire un Catalogue des étoiles fixes Le Catalogue de Bayer est celui dont les astronomes
( ' ) On trouve dans les Archives de l'Observatoire une Note de Jacques Cassini sur remploi des objectifs sans tuyau, sans date, mais où il parle déjà des objectifs achromatiques; cet écrit est donc postérieur à 1752. Au mois de juin 1780, Cassini IV^ eut la curiosité d'essayer d'observer Saturne avec un objectif de 5o pieds, placé sur le mur de soutènement de la terrasse attenant à l'appartement de la tour Occidentale. Mais il ne dit rien du résultat obtenu, et il ne parait pas avoir poursuivi cet essai {Hist, cet. de l'Obs.). — On raconte qu'en 1871, Delaunay, persuadé que Ton ne voyait plus à TObservaloirc, avec les objectifs de Secrétan et de Foucault, les satellites de Saturne que Cassini y avait découverts à l'aide de ses grandes lentilles simples, voulut s'assurer si ces lentilles n'avaient pas quelque vertu particulière. Avec le concours de Marié-Davy^ il observa le Soleil en plaçant les objectifs de Campani devant le miroir du sidérostat de Foucault. Naturellement, il n'obtint que de mauvaises images. (Procès-verbaux manuscrits du Bureau des Longitudes, ai juin 1871.)
LKS INSTRIMKNTS DK L OBSKR V ATO I RE . l'j't
se servent le plus ordinairement, et auquel ils semblent être convenus de donner leur confiance ( * ). Mais M*" Maraldi crut pouvoir porter la précision et re\actitude au delà de celles de tous les catalogues connus, et il se détermina courageusement à en faire un nouveau De son Ouvrage qui
n*est encore que manuscrit, il en a détaché des positions d'Etoiles, dont quelques auteurs avaient besoin, par exemple M** Delisle pour son Globe célesie, M** Manfredi pour ses Ephémérides, {VF Isaac Broukner(Bruckner) pour le globe dont il a été parlé en tyi'y (>).
» Il ne restait plus à M' Maraldi, pour terminer son Catalogue des Fixes, que d'en déterminer quelques unes vers le Zénit et vers le Nord, et dans ce dessein il venait de placer un quart de cercle mural sur le haut de la terrasse de l'Observatoire, lorsqu'il tomba malade et mourut le i*"* Décembre 1739. » (Fontenelle, Élo^e de Maraldi. )
Les observations de Maraldi sont inscrites de sa main dans le Journal des Observations faites à V Observatoire de Paris, 1683-1798 {Archives de l^ Observatoire, D.3.), puis dans le Registre particulier de cet astronome (D.a.SiSi). Les manuscrits de Delisle : Catalogues d'Étoiles et Mémoires sur les Observations de Pétersbourg (E. 1.9) contiennent les copies des Catalogues manuscrits de Cassini et de Maraldi. Ces Catalogues n'ont jamais été publiés (').
L'instrument emplové par Maraldi pour ses observations était le grand quart de cercle de Picard, que de la Hire avait attaché en i683 au mur de la tour Orientale. Cet instrument, de construction ancienne, fatigué d'ailleurs par un long usage, demandait à être remplacé.
En 1730, sur la proposition de Jacques Cassini, TAcadémie décida la construction d'un nouveau quart de cercle mural et celle d'un cabinet d'observation situé en dehors du grand bâtiment, qui n'offrait aucune salle commode pour l'installation de ce quart de cercle. Ace premier cabinet, d'autres vinrent se joindre par la suite, et leur ensemble constitua dès lors le véritable Observatoire, les salles de l'ancien monument de Perrault ne servant plus (jue
(' ) La première édition de Historia Ccelestis britannica de Flamstecd ne parut qu'en 1713.
(') Il n'est question, à celle dale, que d'un globe terrestre. («) Voir Chap. XIII.
pour le logement des astronomes et pour des observations temporaires.
Le cabinet M {PL XII) fut adossé à la tour de l'Est, en communication avec elle par la grande baie orientale. Il était presque exactement carré, ayant extérieurement 17 pieds de large, dimension du côté de la tour octogonale auquel il s'appuyait, sur 1 5 pieds de long à l'intérieur. De ce cabinet, on descendait sur la grande terrasse par une porte et un escalier placés très près du mur de la tour. De l'autre côlé, au nord, il y avait une cheminée et une fenêtre.
On installa dans ce cabinet, le i3 août 17.^^, un quart de cercle mural N de 6 pieds, par Langlois, à qui il fut payé 2154"*^ (État de dépenses de J. Cassini). La carcasse de cet instrument était en fer, le limbe en cuivre était divisé de minute en minute par des transversales; la lunette, à objectif simple, portait un micromètre. On le fixa, tourné au Sud, au mur de la tour comme l'avait été le mural de La H ire, et à la même place, par trois branches de fer de 2 pieds { de long, genre de suspension qui ne fut pas sans inconvénient.
a On lui a toujours reproché avec raison, dit Cassini IV, que Tinstrument ainsi fixé par trois points n'est pas libre de se prêter à la différente dilatation tant des barres que de la carcasse, d'où doit résulter une déformation du plan de l'instrument (i).
» De plus on ne pouvait estimer qu'à Tœil les fractions de minute et cela d'autant plus grossièrement que le biseau de la lunette ne s'appliquait pas parfaitement au limbe dans plusieurs endroits et couvrait toujours une partie de la division. Enfin la lunette très pesante, sans contrepoids, fatiguait le cercle et ébranlait môme l'instrument, si l'on ne prenait pas les plus grandes précautions quand on la déplaçait sur le limbe. » (Cassini IV, Description des instruments de V Observatoire, n* V.)
On avait installé dans le cabinet d'observations une pendule de Fieffé, probablement assez grossière : elle ne lui avait été payée que 102 livres [État de dépenses de J. Cassini), II y avait aussi deux armoires et les escabeaux nécessaires pour observer au mural; la belle gravure que Le Monnier a placée en tête de son
(') Sur les inconvcnienls des anciens quarts de cercle muraux, voir Le Monnier, Observations de la Lune, etc, in-folio, l\* Livre, p. 3 et 4> et Description et usages des principaux instruments d* Astronomie, in-folio, 1774» P« 5.