VIII AVERTISSEMENT
de l'Observatoire, M. J. Guiffrey publiait les quatre premiers volumes des Comptes des Bâlimenls du roi Louis XIV. J'y ai trouvé une foule de renseignements précieux qui m'ont permis de préciser beaucoup de points d'histoire peu ou mal connus jusqu'alors. Ce sont ces comptes financiers que Cassini IV avait demandés et qu'on lui avait dit n'exister pas; on voit, dans la savante Introduction de M. Guiffrey, comment ils ont été retrouvés. J'ai pu, à leur aide, établir avec une exactitude parfaite le compte des dépenses faites pour la construction de l'Observatoire et détruire une légende, propagée par Arago, d'après laquelle elles se seraient élevées à i Sooooo*^*^ : l'Observatoire n'a pas coûté la moitié de cette somme.
Parmi les autres points sur lesquels mes recherches m'ont permis de rétablir la vérité historique, il en est un que je tiens à signaler tout particulièrement à l'attention du lecteur. D'après Delambre et à sa suite, tous les historiographes de l'Astronomie ont répété que J.-D. Cassini, dès son arrivée en France, avait été nommé Directeur de l'Observatoire, au mépris des droits légitimes de l'abbé Picard et au grand détriment de la Science astronomique. Et, partant de là, ils ont accumulé sur ce grand homme les calomnies les plus injustes; on a été jusqu'à le traiter de charlatan. Or, il n'y a pas eu de Directeur de l'Observatoire avant 1 771; la place et le titre en furent créés pour son petit-fils. L'étude consciencieuse de ses écrits m'a révélé un Cassini tout différent de celui qu'on s'était plu à nous peindre, et j'ai pu restituer à ce grand homme la figure sous laquelle ses contemporains l'avaient connu et admiré, le plus grand et le plus complet des Astronomes de l'Europe à son époque et, en même temps, l'homme le plus modeste et le plus bienveillant pour ses collaborateurs.