AVERTISSEMENT. IX
J'ai consacré tout un Chapitre à la défense de J.-D. Cassini : j'espère que le lecteur ne trouvera pas que je m'y suis trop attardé.
J'ai peu de chose à dire sur l'ordre que j'ai suivi dans l'exposition de l'Histoire de l'Observatoire : il m'était pour ainsi dire imposé par la nature même de mon sujet. La description de Tenceinte et des bâtiments, avec l'histoire des personnages qui les habitèrent; les instruments dont ils firent usage, et enfin le régime sous lequel ils ont vécu : telles sont les trois grandes divisions de mon récit. Dès les premières pages, nous rencontrons ce qu'on a appelé la grande querelle de Perrault et de Cassini au sujet du plan de rObservaloire, querelle qui fut plutôt celle de leur entourage et de leurs successeurs, car ces deux grands hommes paraissent avoir vécu en bonne intelligence. J'ai mis sous les yeux du lecteur toutes les pièces du procès; j'espère qu'il conclura avec moi qu'il est impossible de reprocher ni à l'un ni à l'autre la forme donnée au bâtiment. Nul ne pouvait, à l'époque de sa construction, prévoir la révolution qui allait s'accomplir dans les méthodes d'observation, et l'on ne voit pas que l'abbé Picard ni aucun des astronomes de l'Académie aient fait aucune objection aux plans de Perrault. L'Observatoire a eu le malheur d'être bâti à une époque de transition; on ne peut s'étonner que les successeurs de ceux qui le construisirent n'en aient pas trouvé l'ordonnance bien appropriée aux applications de leurs idées nouvelles.
Le régime sous lequel vécut l'Observatoire depuis sa fondation jusqu'aux dernières années du xviii*^ siècle eut sur ses destinées une influence bien autrement fâcheuse que la forme donnée au bâtiment. Durant plus d'un siècle, l'Observatoire n'eut pas de Directeur et, chose plus grave encore,