LES MAITRES ET LEURS ŒUVRES
^?^ ARiE Gaspard Sacchini et Anto- I nio Salieri ferment, à l'Opéra, le dix-huitième siècle; Lesueur et Spontini ouvrent le dix-neu- ^ vième. — Les deux premiers de ces compositeurs appartiennent au règne de Louis XVI, les deux derniers à la période de Napoléon P^
I02 HISTOIRE DE LOPERA
Sacchini avait été le condisciple de Piccinni au Conservatoire de Naples. Lorsqu'il vint de Londres à Paris, il courut embrasser, à Bagnolet, son ancien camarade, le rival de Gluck, l'illustre auteur de Roland et d'Atys^ qui lui fit force compliments sur son Isola d'Amore que Framery venait de traduire en français et de faire jouer avec un suceès sans pareil à la Comédie- Italienne, sous le titre de la Colonie^ opéracomique en deux actes. La Colonie atteignit deux cents représentations. Au fond du cœur, le grand homme ne désirait pas voir son ami devenir son rival en France comme il l'avait été en Italie. VAlessandro nelle Indie^ de Sacchini, avait en effet établi à Venise la réputation du jeune maître napolitain, dés 1768. A Londres, il venait de faire représenter avec éclat dix de ses opéras italiens, parmi lesquels : un Tamerlano ^ un Lucîo VerOj donné pour la première fois à Naples, en 1 764; un Cid déjà représenté à Rome, en 1762; un Rinaldo^ qui devint le Renaud français, en 1783. L'empereur Joseph II, qui se trouvait alors à Paris, recommanda à sa sœur, la reine Marie-Antoinette, Marie Gaspard Sacchini