CHAPITRE VI
ÉTOQUE COT^iTEmTO'KQAIV^E
^ 'est peut-être vainement que Rossini et Meyerbeer ont ouvert deux routes nouvelles au drame musical. Quelques-uns de nos compositeurs à la mode ont hésité jusqu'à présent à s'engager dans ces voies. Les grands prêcheurs de mauvaises doctrines leur ont tant dit et redit
sur tous les tons que la mélodie était un horsd'œuvre inutile, qu'ils se sont laissé convaincre. Ils ont songé d'ailleurs que cet oiseau rare était fort difficile à rencontrer. Les plus ingénieux ont imaginé d'en revenir à la tragédie lyrique des successeurs de Rameau et même de remonter au besoin jusqu'à Destouches et à Campra, se fondant théoriquement sur la fameuse préface à^Alceste où Gluck recommande l'intime liaison de la musique et des paroles. Mais^ comme l'accent de Gluck n'est pas moins difficile à trouver que la belle mélodie, il est arrivé que les partisans de ce système ont simplement reproduit les déclamations monotones des maîtres primitifs, et qu'à leur aride mélopée ils ont joint cette intensité instrumentale que Gluck n'admettait qu'en raison du degré de passion et d'intérêt que la situation pouvait offrir. M. Richard Wagner tient la férule dans cette petite classe récitante, qui sacrifie l'idée à la forme, et que l'on a surnommée plaisamment l'école des algébristeSy ou l'école du Civet sans lièvre, ou encore l'école du Renard ayant coupé sa queue.
Les ouvrages où le lièvre mélodique ne gîte