‹ Histoire de l'OpéraChapitre 6 sur 35 · K PO Q U !■: 1) K I, U I. I. I · texte numérisé non relu

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je te rends. » Mademoiselle Ma u pi 11 quitta le théâtre en 1705, après avoir créé le rôle de Clorinde dans le 7^tz«crè<^c de Campra, en 1702, et celui de Diane dans le prologue de Vlpliigénie de Destouches et Campra, en 1704.

Les costumes et les décors en usage à l'Opéra, vers la fin du dix-septième siècle, étaient d'un goût beaucoup plus tourmenté que ceux employée dans les spectacles de la cour pendant la jeunesse de Louis XIV. Les arrangements de costumes antiques des premiers jours du règne avaient au moins conservé de l'élégance et de la distinction. L'immensité des perruques et l'abus des panaches détruisaient pourtant toute illusion. Le Roland de i685 portait un tonnelet, c'est-à-dire une espèce de panier comme les prêtres de Bacchus dans Atys ; Amadis s'affublait de manches brodées d'or avec lambrequins ; il se chaussait de brodequins de soie à boutons d'émeraude, et sur sa vaste perruque se balançait un casque volumineux, surmonté d'une chenille rouge et blanche.

Quand on reprit V Andromède de Corneille, le rôle de Pégase fut joué par un vrai cheval qui

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faisait dans le vide tous les mouvements qu'il aurait pu faire sur le plancher. On obtenait ce résultat en le laissant jeûner tout un jour et en faisant vanner de l'avoine dans la coulisse pendant son voyage aérien. (Voyez à ce sujet le Mercure de France de 1682.) Les Grecs et les Romains de TOpéra et les dieux , aussi bien que les paladins, exécutaient le mouvement du chapeau emplumé qu'ils faisaient passer de lei^r tête sous leur bras aux grands applaudissements du public. En somme, soit que le goût se fût déjà perverti, soit que l'argent manquât, les choses se passaient moins bien au Palais- Royal qu'aux Tuileries ou à Saint-Germain. Du sein de ce chaos sort enfin comme un météore, un compositeur d'un haut mérite, Jean-Philippe Rameau, né à Dijon, le 2 septembre i683. Avant d'aborder l'histoire de cette époque, disons d'abord un mot de la situation administrative faite à l'Opéra par les privilèges et règlements au dix-septième siècle et au commencement du dix-huitième.

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LES PRIVILEGES ET LES REGLEMENTS DE l'opéra

Dans la période qui s'écoula depuis le premier privilège de Perriii jusqu'à la mort de Louis XIV, le Roi établit par lettres patentes, privilèges et règlements, les droits et les devoirs de l'Académie royale de musique qu'il avait créée. Il déclare, d'abord, dans sa lettre de 1669, que les « gentilshommes, damoiselles et autres personnes pourront chanter à l'Opéra sans que pour cela ils dérogent au titre de noblesse. »

Le privilège de LuUi, daté de 1672, fait « inhibition et défense à toutes personnes, de quelque qualité et condition qu'elles soient, d'entrer au théâtre sans payer, comme aussi de faire chanter aucune pièce entière en musique sans la permission par écrit du dit sieur Lulli, à peine de dix mille livres d'amende et de confiscation. » Cette

même année 1772, le lieutenant de police La Reynie, par ordre du Roi, fait cesser les représentations que Sourdéac et Cambert avaient continué de donner à leur théâtre de la rue des Fossés de Nesles, en vertu de l'ancien privilège de Perrin. Une autre lettre de 171 2 introduit dans la nouvelle institution « un inspecteur générai sur la régie de l'Académie » avec 4,000 livres d'appointements à prendre sur le produit de la dite Académie. Une ordonnance de 17 14 vient ensuite ajouter aux fonctions d'inspecteur général deux places de simples inspecteurs, et, le 2 décembre 1715,1e Régent commet le duc d'Antin, puis le sieur de Landivisiau, maître des requêtes, « pour avoir connaissance de tout ce qui concerne la police et la régie de l'Opéra sous les ordres du ministre d'État ayant le département de la maison de Sa Majesté. «

Soucieux de la gloire de l'institution royale, le règlement de 1 7 1 3 prescrivait au directeur Francine, i( de choisir les meilleurs sujets tant pour la voix que pour la danse et pour les instruments. Aucun sujet n'était reçu sans l'approbation de l'inspecteur général. Ce règlement établissait, en

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outre, une école de musique, une école de danse et une école d'instruments où les élèves étaient reçus gratuitement. C'était Tembryon de notre Conservatoire. Le même règlement déclare encore que les acteurs sont tenus d'accepter tous les rôles et entrées qui leur sont distribués en premier ou en double ; il institue un fonds de quinze mille livres pour être distribué en gratifications et un autre fonds pour la caisse des pensions. Il règle les droits des auteurs à raison de deux cents livres à partager entre le poète et le musicien pendant les dix premières représentations, et à cent livres pour chacune des vingt représentations suivantes, « pourvu toutefois que les dites pièces soient jouées sans interruption. » Ne pourront entrer sur le théâtre que ceux qui sont absolument nécessaires pour le service du spectacle.

L'État annexé à ce règlement fixe le budget normal du personnel des artistes à 65,o5o livres par année; l'orchestre, composé de quarante-sept exécutants, au lieu de vingt qu'il avait d'abord, entre dans ce chiffre pour 20, i5o livres, y compris le batteur de mesure qui reçoit i ,000 livres

d'appointements. Les premiers sujets n'ont que i5oo livres et les seconds sujets 1200. Les chœurs comptent vingt-deux hommes et douze femmes à 400 livres par personne.

L'article 12 du règlement de 17 14 permet au compositeur d'un ouvrage de diriger seul ses répétitions et de battre la mesure même dans les représentations. L'article 21 dispose que « tous les acteurs et actrices, à l'exception de ceux et de celles qui occuperont les huit premiers rôles, seront qbligés de servir dans les chœurs et d'y chanter, lors même qu'ils seront chargés de quelques petits rôles, après l'exécution desquels ils reprendront leur place ordinaire. » Les doubles sont obligés d'assister à toutes les représentations. L'article 32 décide que l'Opéra commencera à cinq heures un quart. Le spectacle finira vers neuf heures.

Le règlement du régent Philippe d'Orléans, en date du 2 décembre 171 5, vient confirmer les lettres patentes de 171 3, permettant à l'Académie royale de donner des bals publics. On payait à ces bals 6 livres par place et 48 livres par loge, les secondes comme les premières. L'Opéra

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