EPOQUE DE LULLI
jouait à cette époque les mardis, vendredis et dimanches, et les jeudis depuis la Saint-Martin jusqu'au dimanche de la Passion exclusivement. A cette date il fermait jusqu'au mardi de la Qiiasimodo^ c'est-à-dire pendant vingt-trois jours. En 1725, un privile'ge du Roi accorda à Philidor, compositeur ordinaire de la musique de la chapelle de Sa Majesté, le droit de donner des concerts-spirituels aux Tuileries, « à la charge que ce concert dépendrait toujours de l'Opéra et que Philidor paierait à cet établissement une somme annuelle de 6,000 livres. » Le nombre des concerts-spirituels était fixé à vingt-quatre par an.
Les règlements nouveaux , édictés sous Louis XVI, sous l'Empire et sous la Restauration^ ont laissé en vigueur ceux de Louis XIV et de Louis XV. On n'y a guère changé que le chiffre des sommes et le nombre des exécutants. Sous l'Empire, les appointements des premiers sujets étaient uniformément de 10,000 francs, sans compter les feux et les gratifications. Sous la Restauration, il n'y eut plus de maximum fixé et l'on traita directement avec les artistes, comme
on le fait aujourd'hui, selon la valeur qu'on leur attribuait.
Les gros appointements, amenés par la concurrence des théâtres italiens, sont un fait tout moderne. Adolphe Nourrit, mademoiselle Taglioni, mademoiselle Falcon ne recevaient que 3o,ooo francs chacun au temps de leur plus grande vogue. Madame Damoreau fut la seule qui touchât 5 0,000 francs, parce qu'elle appartenait à la scène italienne. Le droit des auteurs fut porté de 200 francs à 5oo pendant quarante représentations ; à la quarante-unième, il retournait au chiffre de 200 francs, mais l'auteur recevait une pension. Cette pension fut supprimée par le roi Louis- Philippe, qui maintint néanmoins la retenue de 3oo francs. Ce fut le second Empire qui rendit au poëte et au musicien leur droit fixe de 5oo francs sur la demande du directeur de l'Opéra, auteur de ce volume.