CHAPITRE VII
Le Val d'Andorre, le Caïd, le Toréador, la Fée <tux roses, le^ Torcherons, le Songe d*ùne Nuit d'été^ Qiralda, la Chanteuse voilée.
Cette suite de titres, tous connus et quelques-uns célèbres, suffit à résumer Thistoire de la salle Favart pendant deux années. Pu 1 1 novembre 1848 au 26 novembre 1850, une période en effet s'étend qu'on peut considérer comme incomparable, comme unique même dans les annales du théâtre en général et de rOpéra-Comique en particulier. L'habileté du directeur, l'inspiration des auteurs, la valeur des interprètes, tout semble concourir à la prospérité de l'entreprise. Le cadre s'élargit peu à peu, le niveau musical et dramatique s'élève d'un degré, et chaque pas en avant est marqué alors par une victoire nouvelle, Halévy triomphe avec deux ouvrages dont l'un compte parmi ses meilleurs, et dont l'autre n'a jatnais quitté le répertoire de la province ; Ambroise Thomas obtient les deux succès les plus retentissants qu'il ait
•counus avant Mignon ; Adolphe Adam fait représenter deux de ses pièces les plus charmantes ; Albert Grisar écrit la plus réussie de ses partitions en trois actes; Victor Massé débute au théâtre par un coup d'éclat. Donc, excepté Meyerbeer, qui ne songeait pas encore à TOpéra-Comique, et Auber, qui déjà préparait sa rentrée à TOpéra, tous les maîtres d'alors semblent rivaliser entre eux et jeter un défi à la fortune ; tous livrent bataille et tous sont vainqueurs. Retardé au dernier moment par une indisposition d'Audran, et joué enfin le 11 novembre 1848, le Val d'Andorre offrait un contraste absolu avec le précédent ouvrage des mômes auteurs, de Saint-Georges pour les paroles et Halévy pour la musique. Dans les Mousquetaires de la Reine^ des aventures galantes de grands seigneurs, des palais, des pourpoints de soie ; dans le Val d'Andorre^ des amours de paysans, des chaumières et des costumes de laine ; en revanche, là comme ici, môme abondance mélodique, môme connaissance de la scène, même souci de la facture etde J'instrumentation. Aussi, dès le premier soir, le succès fut-il complet ; plusieurs morceaux eurent les honneurs du bis, comme la Basquaise chantée par Georgette et la chanson militaire du troisième acte. Appelé sur la scène par des acclamations sans fin, Halévy, contrairement à Tusage, consentit à se montrer dans un coin des coulisses, puis disparut bien vite, cédant la place aux remarquables interprètes qui avaient combattu vaillamment pour lui. Le retentissement a l'étranger fut tel qu'une semaine plus tard deux des éditeurs les plus connus arrivèrent à Paris pouracquérir la partition, M. Beale, de Londres, et M. Bock, de Berlin. Il ne saurait ôtre question ici d'énumérer toutes les villes qui s'empressèrent de
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monter l'œuvre nouvelle ; mais on peut» avec des chiffres, mesurer sa carrière à Paris. De 1848 à 1851, elle s'est donnée 128 fois ; la centième eut lieu le 23 décembre 1849, c'est-à-dire un peu plus de treize mois après la première, et fut célébrée par un banquet que les auteurs offrirent aux artistes, au directeur et aux éditeurs. Le Val d'Andorre reparut ensuite au Théâtre-Lyrique, une première fois le 15 octobre 1860, une seconde fois le 24 octobre 1868 ; il revint enfin à son lieu d'origine le 15 octobre 1875, et fournit une série de 32 représentations ; il a donc été joué en tout 160 fois à la salle Favart.
Voici, au surplus, les différents chanteurs qui s'y sont succédé i
Opéra-
Théâtre-
Théâtre-
Opéra-
Comique.
Lyrique,
Lyrique.
TComiquf..
Jacques,