X PRÉFACE
titude, condition essentielle d'un travail comme le nôtre, et que les plus soigneux ne peuvent jamais se flatter d'avoir absolument remplie.
Une circonstance nous donne pourtant quelque espoir. Notre travail a paru d'abord en feuilletons dans le Ménestrel et y a même reçu de son directeur une trop courtoise hospitalité pour ne pas justifier ici l'expression de notre gratitude. Or, au cours de cette longue publication qui aura peutêtre inspiré et singulièrement facilité des travaux analogues, les intéressés n'auraient pas manqué de signaler les erreurs ; quelques notes complémentaires nous ont été gracieusement adressées ; aucune ou presque aucune rectification ne nous est parvenue.
Il ne suffit pas d'amasser des matériaux; il s'agit de les présenter avec ordre, de dissimuler le plus possible des énumérations fastidieuses et pourtant nécessaires, de maintenir l'attention par la variété des transitions et des rapprochements. De là, par exemple, le système que nous avons adopté pour la division des chapitres, sacrifiant parfois l'égalité de la mesure à l'intérêt des groupements, et rappelant dans les sous-titres mêmes, non pas toutes les pièces à succès, mais l'une au moins de celles dont les auteurs ont le plus contribué à la fortune du théâtre.
Un mot nous reste à dire au sujet des principes qui ont guidé notre critique. On n'écrit pas d'ordinaire une histoire détaillée pour amoindrir celui qui en est le héros. Si donc nous paraissons un
peu indulgents pour un genre plus attaqué, pour des artistes et des ouvrages moins estimés aujourd'hui qu'hier, ce n'est pas que nous professions en art des idées rétrogrades. Nos précédents écrits ont, croyons-nous, suffisamment prouvé le contraire. Au surplus, nous apprécions moins que nous n'enregistrons et nous nous efforçons surtout de remplir la tâche que doit s'imposer tout historien de bonne foi : rappeler les leçons de la veille aân d'assurer les progrès du leiidemain, se souvenir pour mieux prévoir.