CONCURRENCE DD THÉATRB-LYRIQUE
d'opéra. » Celui dont on parlait ainsi devait, comme Roger, appartenir à nos deux grands théâtres de
musique et y occuper la première place.
Tandis que la troupe se modi&ait ainsi, la salle Pavart subissait quelques changements dignes d'être rappelés, La place sur laquelle elle était bâtie s'était de tout temps appelée, en souvenir de ses premiers occupants, place des Italiens. Par décret du 13 avril, le nom de place Boieldieu fut substitué à l'ancieD ; on avait un instant pensé à Nicolo; mais quelques protestations surgirent dans la presse, et l'auteur de Joconde dut céder le pas, c'était justice, à l'auteur de la Dame blanche. Puis, le 2 décembre, les théâtres reprirent la dénomination qu'ils avaient sous le premier Empire, et l'on vit de nouveau briller en lettres d'or sur le monument : Théâtre Impérial de l'Opéra- Comique. EnQn, par une attention délicate du ministère des Beaux-Arts, quatorze bustes en marbre furent commandés à divers artistes aûn d'orner le foyer; savoir : huit pour les musiciens: Monsigny, Grétry, Dalayrac, Méhul, Berton, Boieldieu, Nicolo, Herold ; six pour les auteurs dramatiques : Pavart, Sedaine, Marmontel, Marsollier, Saint-Just, Etienne.
Entre temps, à la date du 16 novembre, une représentation extraordinaire avait eu lieu pour célébrer solennellementla réunion du Louvre et des Tuileries, et le Prince-Président y assista. Le Domino noir fut donné avec Ponchard, Duvernoy, Nathan, M"" Blanchard, Félix, Décrois, Révilly, dans les rôles secondaires, Couderc, dans le rôle d'Horace qu'il avait créé, et M""" Ugalde dans celui qui avait servi à ses débuts. Au second acte, un pas de ballet fut dansé par M"" Priora, Malhilde et Louise Marquei, venues de l'Opéra. Endn, entre le deuxième et le troisième
acte, une sorte de cantate fut exécutée, dont Méry avait écrit lea paroles et Adolphe Adam la musique. Dans cette scène, intitulée la FSte des Arts, chants de l'Avenir, figuraient quatre personnages: la Musique, représentée par M"' Ugalde ; la Poésie, par M^"' Lefebvre; la Sculpture, par M"' Wertheimber, et, sous les traits de Battaille, un Africain, venu d'Algérie pour chanter ce couple t. bizarre :
Entre les cités la première, Paris aux rayons êclatauts.
Nous veaoDS chercher ta lumière, Eteinte cbei nous par le temps.
Sur DOS moDts, comme l'aigle antique.
Ton aigle trouve un libre accès ; La vapeur, sur la mer d'Afrique, Est an pont sur le lac français!
11 faut avoir la mélodie facile pour se sentir inspiré par une telle poésie. Plus loin, d'ailleurs, l'aimable compositeur avait fait appel à ses souvenirs, et par une flatteuse attention pour l'élu du peuple, il avait eu soin de placer l'air de la reine Hortense sous ces autres vers nou moins dignes de remarque :
De sa mère cliérie
11 se souvient toujours,
France, ù toi. Pairie
Des beaux-arts, des amours!
Son cceur reconnaissant :
La lyre d'une mère
Le berçait en naissant!
Après ce couplet, reçu avec transports, dit un journal de l'époque, a la toile du fond s'est relevée, soutenue par deux génies, et le Louvre réuni aux Tuileries s'est présenté aux regards, en môme temps que
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