‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 11 sur 125 · LA CHARITÉ AVANT LB XIII* SIÈCLE Q · texte numérisé non relu

LA CHARITÉ AVANT LB XIII* SIÈCLE Q

pellier et son ordre du Saint-Esprit, et restaurée ensuite par « le plus grand homme du XVI" siècle, » saint Vincent de Paul*.

Les Orphelins avaient leurs établissements spéciaux (Orphanotrophia) ; les directeurs de ces maisons étaient, selon la disposition des lois, « les tuteurs de ces enfants et les curateurs de ces adolescents*, » jusqu'au moment où. rendus capables de gagner honnêtement leur vie, ils fondaient à leur tour des familles laborieuses et chrétiennes \

Les Vieillards dénués de ressources eurent aussi leurs asiles : les Gerontocomia ne nous sont guère connus que par le texte des lois * ; cela suffit cependant à prouver que TEglise ne les oublia pas. Nous avons du reste des exemples de sa sollicitude. Le pape Pelage II (577) « fit de sa maison un hôpital pour les vieillards pauvres ^ » Au temps de saint Grégoire, il existait un hôpital pour les vieillards jusque sur le Sinaï. Ayant appris qu'il manquait du mobilier nécessaire, le grand pape y envoyait quinze matelas, trente couvertures et quinze lits, avec une somme d'argent*.

Les Pauvres continuaient à être visités à domicile ; mais les secours leur étaient habituellement distribués dans des maisons, appelées en Orient Ptochotrophia et en Occident Diaconies^ parcequ'elles s'élevaient au centre des titres ou régions des diacres. L'affluence y était considérable : « Comptez, dit S. Jean Chrysostôme, combien l'Eglise nourrit chaque jour de vierges et de veuves. La liste de ces pauvres s'élève au moins à trois mille (à Constanti-

' L. Gautier, p. 42.

* Sur le rôle de TEglise au sujet de la protection des enfants à cette époque, voy. le bel ouvrage de M. Léon Lallemand, Histoire des enfants abandonnés et délaissés t livre II.

• CodJust. III, 32.

• Itid., I,Ut. II, 19.

" Liber Pontif, Ex -ejus vita, ap. Labbe.

* s. Greg. Begesl,^ ii.

nople seulement). Ajoutez-y les détenus des prisons, les malades de Thôpital, les pauvres valides, les étrangers, les estropiés, les serviteurs de TEglise, et ceux qui viennent lui demander chaque jour des aliments, des vêtements et autres secours *. » Les clercs des églises et les monastères recueilleront un jour Théritage des diaconies.

Loger les Etrangers et les pauvres passants, tel était, d'après les canons Arabiques du concile de Nicée, le but des refuges nommés Xenodochia*. Il faut lire la description enthousiaste que fait saint Jérôme de rhôtellerie élevée par le patricien Pammachius et la noble dame Fabiola, qui s'y étaient consacrés eux-mêmes au soin des pauvres et des voyageurs' ; rien n'est plus propre à nous donner une haute idée de la grandeur de ces établissements et du dévouement héroïque de ceux qui les desservaient.

L'assistance et la visite des malades à domicile ne devait pas cesser avec les persécutions ; elle continua pendant la paix et TEglise Ta toujours placée au premier rang parmi les œuvres de miséricorde. Maïs cette visite ne faisait plus qu'accompagner et suppléer l'assistance dans des hôpitaux spéciaux. On comprend que la charité de l'Eglise dût porter principalement sur ce point son ministère secourable ; les maisons pour les malades, ou Nosocomia, étaient les plus utiles de ses nouvelles créations : c'est à ce titre que nous les verrons survivre presque seules aux invasions et à l'anarchie de la domination barbare, pour devenir enfin, au XIIP siècle, ces Maisons-Dieu répandues avec une magnifique profusion jusque dans d'humbles villages.

Souvent ces Nosocomia élevés par les grands évèques des quatrième et cinquième siècles, ne le cédaient point en grandeur à nos modernes hôpitaux. Saint Grégoire de

* //t. MaUi. hom. i^.

* Tollemer, p. $66.

* s. Hieron. Ep» 84.

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