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Aussi, lorsque les circonstances nous mirent en rapport avec lui, accueillit-il avec bonheur l'offre que nous lui fîmes d'entreprendre cette œuvre. Il nous remit les documents nombreux qu'il avait patiemment amassés et nous épargna ainsi les premiers tâtonnements, inévitables au début de telles entreprises. En même temps, sa générosité nous fournit 4argement les ressources nécessaires à des recherches longues et étendues. Nous accomplissons ici un devoir de justice autant que de reconnaissance, en déclarant que, si nous avons pu mener à bien ce travail, c'est grâce à son concours généreux et dévoué.
L'intérêt d'un tel sujet d'étude nous avait séduit tout d'abord, et nous nous mîmes au travail avec une grande ardeur. Mais bientôt les difficultés surgirent: c'était une véritable réhabilitation historique que nous avions entreprise ; les sources étaient extrêmement nombreuses et fort disséminées, les résultats de nos recherches hors de proportions avec les efforts qu'elles nous coûtaient. Et nous nous demandâmes quelquefois si notre engagement n'avait pas été présomptueux et si la tâche n'était pas au-dessus de nos forces.
Non seulement l'histoire générale de Tordre du Saint- Esprit n'a pas encore été faite ; mais nous pourrions citer plus d un volume consacré à des hôpitaux qui ont sûrement appartenu â cet ordre, et où son nom même n'est pas cité ! Nous ne parlons pas des Encyclopédies et des Dictionnaires historiques, qui, lorsque par hasard ils en font mention, accumulent les erreurs en quelques lignes. Ce n'est point pour rehausser notre mérite, mais pour nous faire pardonner les imperfections de notre travail, que nous accusons ici la pauvreté d'ouvrages estimables d'ailleurs.
Hâtons-nous cependant de le dire, quelques travaux récents nous ont heureusement dédommagé de nos nombreuses déceptions. Les hôpitaux de Besançon, de Gray, de Toul et de Vaucouleurs ont été l'objet de notices très exactes et qui nous ont été d'un grand
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secours. Nous avons également tiré profit 4es recherches érudites de M. l'abbé Renard, auteur d'une Histoire manuscrite de la maison de Neufchâteau. Le dernier commandeur de Dijon, Frère Calmelet, a recueilli dans un volumineux manuscrit des détails très circonstanciés sur son hôpital et l'ordre entier ; ses derniers chapitres nous ont guidé à travers le dédale de l'histoire de notre ordre aux deux derniers siècles» conjointement avec la notice que P. Hélyot lui a consacré dans son Histoire des ordres religieux. Gui de Montpellier, fondateur de l'ordre, a trouvé, dans Mgr Paulinier, un biographe élégant et un admirateur de sa grande mémoire. Mais les deux ouvrages les plus importants pour rhistoire de Tordre sont d'abord une Dissertation latine sur l'hôpital de Sainte-Marie in Saxia, à Rome, parue en 1649. Son auteur. Frère Pierre Saulnier, était religieux de cette maison et composa son ouvrage à l'aide •de ses archives. Malgré son but restreint et sa composition en forme d'arguments, ce volume renferme de précieux renseignements, qu'on chercherait vainement ailleurs. Le second ouvrage est le Recueil des bulles et privilèges de l'ordre du Saint-Esprit, publié en 1727 en un volume in-folio ; on y trouve, avec les principaux documents pontificaux^ un très grand nombre d'édits royaux et d arrêts judiciaires concernant les affaires de l'Ordre.
sont en Rome ; éprouvées par divers incendies et surtout lors du sac de Rome par le connétable de Bourbon^ elles sont néanmoins riches encore en pièces anciennes. Aux archives nationales de Paris^ nous avons analysé les quelques cartons de l'ordre du Saint-Esprit ; ils ne •renterment guère que des factums imjprimès ou manuscrits, œuvre des pseudo-chevaliers du siècle, et dont nous ne nous sommes servi qu'avec une extrême réserve. Parmi les dépôts locaux, deux seulement sont importants, ceux des nôpitauxde Dijon et de Besançon;
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ce dernier surtout est d'un grand intérêt, parce (ju'il renferme les archives de toutes les maisons qui étaient soumises à cette commanderie magistrale. Quant aux hôpitaux des provinces méridionales, dévastés pour la plupart au temps de la Réforme, les débris de leurs archives sont conservés aux archives nationales, dans le fonds de Saint-Lazare, par suite de leur annexion à cet ordre. Ajoutons que nous avons consulté les principaux ouvrages d'histoire locale, ainsi que les Mémoires des Sociétés savantes, le plus souvent, il faut bien le dire, sans grand profit, — et nous aurons indiqué les principales sources où nous avons puisé pour la confection de cet ouvrage. Nous devons maintenant dire un mot de la manière dont nous l'avons conçu.
Un écrivain bien connu n'a pas craint d affirmer que la fondation de l'ordre du Saint-Esprit a été « l'un des plus grands événements de l'histoire du monde au moyen-âge* ». C'est, dit-il, une admirable institu-^ tion, dont l'histoire mériterait d'être écrite par une plume illustre^ Ce magnifique éloge n'est pas exagéré. Dans l'ordre du Saint-Esprit, en effet, on trouve la synthèse de toutes les institutions charitables du moyen-âge, qui en eut un si grand nombre. Le caractère de l'œuvre de Gui de Montpellier est l'universalité de la charité : il a voulu que toutes les œuvres de miséricorde inspirées par l'Evangile fussent exercées dans ses maisons, qu'aucun besoin, aucune misère n'y restassent sans secours. L'ordre du Saint- Esprit résume donc le moyen-âge charitable : et l'on retrouve dans son histoire, toutes les institutions bienfaisantes de nos pères. Mais les hôpitaux du moyenâge tiennent par des liens trop étroits aux institutions qui les ont précédées dans l'Eglise, pour qu'on les puisse bien comprendre sans un retour sur celles-ci.
/ Léon Gautier, Hist. de la charité^ dans les Etudes et- Tableaux hUtoriques, 2« éd., p. 59.
' Ibidf p. 4o«