‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 43 sur 125 · CONSTRUCTIONS DES ÉTABLISSEMENTS · texte numérisé non relu

CONSTRUCTIONS DES ÉTABLISSEMENTS

moyens de communications à cette époque, o£Fraient, échelonnées sur leur parcours, de nombreuses stations ou refuges pour les voyageurs \

« On comprendra, dit un éminent architecte, que parmi tant d'édifices élevés sous l'inspiration d'une charité vive et voulant immédiatement porter remède au mal, beaucoup n'étaient que des bicoques, des maisons que l'on appropriait tant bien que mal au service des pauvres et des malades; car nombre de ces hospices se composaient d'une maison donnée par un simple bourgeois, avec une rente à prendre sur son bien. Peu à peu ces modestes donations s'étendaient, s'enrichissaient par les quêtes et devenaient des établissements importants *. »

Il ne faut donc pas nous imaginer en général que les hôpitaux du moyen-âge ressemblaient à ces imposantes et sévères constructions qui sont nos hospices modernes. Les villes importantes seules, comme Chartres, Angers, Tonnerre • purent tout d'abord se doter d'Hôtels-Dieu vastes et complets, où l'on ne sait ce que l'on doit le plus admirer, de la beauté architecturale de ces salles monumentales, ou de l'entente parfaite et ingénieuse de tous les besoins dans la distribution des services.

Certains de nos établissements du Saint-Esprit rivalisaient d'importance avec les grands Hôtels-Dieu.

Le frère Calmelet, historien et dernier commandeur de Dijon, nous a laissé de sa maison une description qui, jointe à ses dessins, en donne une haute idée S Autour d'une cour intérieure s'élevaient d'un côté l'église, vaste, bien ornée de peintures murales et de tableaux, abondamment pourvue de vases sacrés, de reliquaires précieux et

* Voir Guigue, Les poies antiques du Lyonnais déterminées par les hôpitaux du moyen-âge, Mém. de la Soc. Littéraire de Lyon. 1876.

* Viollet-le-Duc, Dictionnaire raisonné de C architecture^ t. VI, p. lo^

* Voy. dans VioUet-ie-Duc, à l'art, cité, la description de ces hôpitaux.

* Voir la fig. au chap. I de la seconde partie»

d'ornements d'étoffes rares; en face de l'église, un beau bâtiment à deux étages, renfermant la grande salle des malades et les appartements réservés aux enfants et aux sœurs. Deux autres bâtiments complétaient l'ensemble et servaient d'habitation aux frères et de magasins aux provisions *. Dans les siècles suivants, de nouvelles constructions s'ajoutèrent aux anciennes et ces édifices, en partie conservés, ne sont pas une des moindres curiosités de la cité des ducs de Bourgogne, pourtant si riche en monuments anciens.

La maison conventuelle de Besançon ne le cédait pas en grandeur à celle de Dijon. Ses bâtiments formaient tout un quartier de la ville •. De la fondation primitive l'église seule nous reste, et dépouillée des peintures et des ornements dont elle était enrichie. Néanmoins elle est encore un des monuments les plus intéressants de la ville. De curieuses sculptures ornent la porte d'entrée à voussures romanes ; autour de cette porte on lisait jadis l'inscription suivante qui rappelait que cet édifice était à la fois une église et un asile pour les malheureux : Flosflorum,,, cibuset requies miserorum '. La même idée est exprimée en termes identiques dans les deux vers qui furent gravés en 1443 sur le portail de l'hôpital de Dijon :

Ut rosa flos florum, sic est domus ista domorum:

Nam pupillorum est cibus, et reçûtes miserorum.

« Comme la rose est la fleur des fleurs, de même cette maison est la maison des maisons : car les orphelins y trouvent leur nourriture, et les malheureux, le repos * . »

Les nervures de la voûte retombent sur des piliers

* p. Calmelet, Hist. de la maison magistrale, conventuelle et hospitalUre de Dijon, chap. II.

* Voir la description de cet hôpital dans Guénard, Besançon. Description de ses monuments, 1844, p. 120-123 ; — A Castan, Besançon et ses environs, 1887, p. 7 1.

' Guénard, B:sançon, p. 120.

* G. Peignot, Histoire de la fondation ., p. 8,

Page 1