CONSTRUCTIONS DES ÉTABLISSE H SNTS
accostés de colonnettes à chapiteaux historiés. Les lenètres sont longues et étroites ; mais au chevet une rose élégante répand une abondante lumière. Tout dans cette église respire une simplicité qui n'exclut pas la noblesse et l'élégance. Mais combien devait-elle être plus belle, ornée de ses peintureséclatantes qui retraçaient les scènes de l'ancien et du nouveau Testament. Ici la charité chrétienne était figurée par le Père Eternel accueillant dans son sein une troupe déjeunes enfants ; là le jugement dernier développait ses épisodes à la fois terribles et consolants. Que de fois les humbles frères ne puisèrent-ils pas de nouvelles forces dans la contemplation du souverain Juge, qui semblaitleur adresser les paroles placées par Gui en tête de la règle : Venez les bénis de mon Père, car j'ai eu faim, et vous m'avez nourri,
j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire La pauvre
chapelle, aujourd'hui tristement nue et dépouillée, est affectée au culte protestant.
Fig. j. ~ HApiUt du Saint-Esprit de Besançon. La maison conventuelle a conservé en partie le riche aspect qu'elle avait au XV' siècle.
On y visite en particulier une galerie de boisa colonnetted couvertes de rinceaux de feuillage et d'animaux fantastiques, le réfectoire aux poutres artistement sculptées et aux colonnes portant les armes de l'Ordre, et Ténorme tour carrée, construite en 1443 *.
La plupart des hôpitaux étaient réduits à des proportions plus modestes, qui répondaient d'ailleurs à leur destination. Les établissements de moyenne importance étaient formés de deux parties distinctes : le prieuré, comprenant les lieux réguliers nécessaires à toute communauté religieuse, comme le dortoir commun, le réfectoire, la salle capitulaire ; puis l'hôpital proprement dit, ordinairement composé d'une grande salle plafonnée ou voûtée et disposée pour recevoir jusqu'à quatre rangs de lits, et d'un étage supérieur ou de chambres latérales, qui servaient au logement des enfants, de leurs nourrices et des sœurs. On ménageait, soit près des cuisines, soit dans la grande salle, une vaste cheminée à l'usage des pauvres et des passants. Une chapelle avec son cimetière, un jardin ou un enclos entouré de murs, complétaient l'installation •.
On trouvait même des hôpitaux moins privilégiés encore, dont toute l'installation se bornait à une maison d'un ou de deux étages et d'une chapelle adossée qui permettait aux malades d'assister à l'office. Ces maisons n'avaient pas pris de développement, soit parce qu'étant situées dans des localités peu importantes, elles suffisaient aux besoins de la population, soit parce que d'autres établissements étaient venus partager avec elles le soin des malheureux et aussi les largesses des habitants. Les hôpitaux de Dole, de
* Nul doute que les hôpitaux de Montpellier, Marseille, Auray, Coutances, etc., niaient eu des constructions aussi importantes: mais les documents nous manquent au sujet de ces édifices.
' Voy. au chap. I de la seconde partie la Vue de Thôpital de Gray.