CONSTRUCTIONS DES ÉTABLISSEMENTS
Neufchâteau, d'Arlay, de Chaussin, etc. , rentrent dans cette catégorie '.
Fig. 4- — Hfipilal du Saint-Esprit de Dole, d'aprè$ une ancienne gravure (1668).
Le mobilier des maisons répondait naturellement à leur importance. Si dans les grandes maisons conventuelles l'ameublement était abondant et quelquefois somptueux, dans les hôpitaux ordinaires, on savait se contenter du fltrict nécessaire.
Les inventaires montrent que le luxe était réservé à la chapelle; encore provenait-il le plus souvent des donations de nches bienfaiteurs ou de la reconnaissance des malades. C'est ainsi qu'un inventaire du petit hôpital de Saint-Julien mentionne soigneusement, à coté des ornements etdes vases sacrés, assez nombreux, « deux ymaiges et un petit livre de St Aloïs *. ..
L'hôpital de Dole, qui ne se composait que d'un bâtiment, assez vaste il est vrai, avec une chapelle construite à son
' Voyet PI. Xt, lavue de I'h6piial de Neufchitaau.
■ IitPtnt. dt t)6e. Arch. de l'hfip, de Besançon, chap. I, n* it.
128 BIBN8 ET PRIVILiOBS DE l'ORDRB
hôpitaux du Saint-Esprit, dont la dotation primitive consistait le plus souvent en terres. A cette première dotation venaient successivement se joindre les donations des habitants et seigneurs du voisinage, faites à charge d'anniversaires et de services religieux; peu à peu se formait un domaine souvent assez considérable, que les frères cultivaient eux-mêmes, ou qu'ils a£Fermaient à cens.
Les maisons conventuelles et magistrales réunirent assez rapidement de grandes possessions. Ainsi, nous voyons celle de Besançon posséder dès le XV* siècle ving^-neuf domaines, tant aux environs de la ville, que dans des lieux plus éloignés, dont plusieurs étaient assez considérables pour nécessiter la présence d'un frère chargé de diriger les travaux d'exploitation. La plupart de ces possessions provenaient de dons ou encore d'achats opérés à Taide du produit des quêtes dans le cours du XIII« et du XIV* siècle *.
L'exploitation du domaine des hôpitaux fournissait la part principale de la nourriture des malades et des frères ; on y joignait dans toutes les maisons l'élevage des animaux domestiques. L'ordre du Saint-Esprit partageait avec celui de Saint-Antoine le privilège enviéde faire paitrepartoutses animaux, ses porcs en particulier, et de les faire nourrir par les habitants des villes et des campagnes. Comme signe distinctif, ils devaient être munis de sonnettes. Une bulle d'Urbain V (1363) confirma ce droit à l'hôpital de Toul*. Les Antonins prétendaient jouir seuls des privilèges et empêchaient les frères du Saint-Esprit d'en user ; ceux-ci en appelèrent au pape Sixte IV, qui en 1482, leur accorda une bulle dans laquelle, constatant que l'ordre du Saint- Esprit jouissait de ce droit de temps immémorial, il ordonna aux Antonins de ne plus l'inquiéter *.
' A. Caatan, Notice, II, p. aoo et sv.
' Arch. de Thôp. de Besançon, chap. I, n^S^.
> Diplomata, l, p. iio.