‹ Histoire de l'Ordre Hospitalier du Saint-EspritChapitre 47 sur 125 · QUÊTES ET TRIBUTS I3I · texte numérisé non relu

QUÊTES ET TRIBUTS I3I

les œuvres diocésaines soufiEraient de ces abus, interdirent de bonne heure à leurs fidèles de donner Taumône aux religrieux, vrais ou déguisés, qui se 'présentaient sans leur autorisation écrite. Les Souverains Pontifes agirent de même et veillèrent soigneusement à ce que des bulles d'indulgences ne fussent point accordées aux indignes *.

L'ordre du Saint-Esprit jouit dès l'origine des privilèges les plus étendus relativement aux quêtes, grâce à son utilité et à TafiFection que lui témoignaient les Papes. Nul ordre hospitalier ne partagea d'aussi insignes faveurs. Innocent III, dans sa bulle d'union des maisons de Rome et de Montpellier (1204), ordonnait que les frères quêteurs du Saint-Esprit fussent reçus, lors de leur tournée annuelle, dans toutes les cités, villes et bourgs, au son des cloches. Les églises devaient leur être ouvertes^ afin qu'ils pussent librement exhorter le peuple à l'aumône ; l'interdit même était suspendu à leur arrivée et durant tout le temps de leur présence *. Les successeurs d' Innocent III augmentèrent à l'envi les concessions accordées à l'Ordre par ce Pape ; citons en particulier Nicolas IV (1289), Clément V (1306), Jean XX(i3i8), Grégoire XI (1372), Calixte III, Sixte IV (1476), Innocent VIII (1485), Urbain VI, Paul IV, LéonX'. Entre toutes leurs bulles, la plus complète est celle de Nicolas IV. Ses successeurs se contentèrent habituellement de la confirmer, sans en modifier notablement les termes; à raison de son importance, nous en donnons ici les principales dispositions :

« Nicolas, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à nos vénérables frères : patriarches, archevêques, évêques, et à nos chers fils, abbés, prieurs, doyens, chantres, archidiacres, sacristains, et à tous les recteurs des églises à qui

' Voy. Ducange, V'« Quaesta et Quacstuarii, * Diplomata, I, p. 7.

' ibid,9 p. ;o et sqq.

îll BtEMS ET PRITOIGES DE LOUMLE

ces lettres parviendront, salut et bénédîctioo apostolique.

tf Nos prédécesseurs de bonne mémoire Innocent III. Honorios III. Alexandre r\". et plusieurs autres des Pontifes Romains après eux, ont accordé, et nous-mêmes avons confirmé à nos chers fils le Précepteur et les frères de l'hôpital du Saint-Esprit in Saxia et de ses membres^ le privilège d*ètre reçus une fois Tan dans les églises, pour y recueillir des aumônes. Cependant nous avons appris que certains, mus par Tavarice. font leurs assemblées le jour de Tarrivée des frères, si bien que ceux-ci n'obtiennent rien ou très peu de chose et sont forcés de se retirer*avec confusion.

« Voulant réprimer ces procédés outrageants pour Dieu et TEglise Romaine, et suivre les traces de nos prédécesseurs, nous vous ordonnons à tous par ces lettres apostoliques et vous enjoigrnons absolument, en vertu de la sainte obéissance et sous peine d'excommunication et de la perte de vos bénéfices et offices, de recevoir et traiter honnêtement les frères susdits, lorsqu'ils seront de passage pour recueillir des aumônes ; de leur permettre d'exhorter le peuple et de solliciter la charité des fidèles dans vos églises. Prenez garde d'opposer vos assemblées, que vous pouvez faire tous les jours, aux leurs, qu'ils ne font qu'une fois par an, de peur que les o£Frandes destinées aux pauvres ne viennent à diminuer et les œuvres de piété à cesser par votre faute

ce Lorsque les frères ou leurs envoyés vous en feront la demande, nous voulons que vous leur accordiez bénévolement des lettres de convocation favorables à leur mission, avec des indulgences pour le bien des pauvres.

« Nous ajoutons que si une cité, une ville ou un bourg se trouvaient être sous le coup de l'interdit, à l'arrivée des frères, les églises seront ouvertes, en l'honneur de leur venue, pour la lecture des lettres apostoliques, en ayant soin cependant d'en défendre l'entrée aux interdits ou excommuniés nommément. Les offices y seront célébrés

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