QUÊTES ET TRIBUTS IJJ
les portes ouvertes et au sondes cloches. Usera également
permis de procéder aux funérailles ecclésiastiques Ce
jour sera regardé comme un dimanche ou une fête solennelle, jusqu'à ce que les frères aient achevé leur œuvre
« Nous ordonnons aux doyens, prévôts, prélats, prédicateurs, chapelains, curés, exempts ou non exempts, et leur enjoignons sous les peines susdites, de permettre aux frères et à leurs envoyés, à toute réquisition, d'expliquer à leurs paroissiens ces lettres d'indulgences toutes les fois qu'il leur plaira, toutes quêtes faites ou à faire cessant le jour où la parole divine sera annoncée par lesdits frères
« Donné à Rome, la seconde année de notre pontificat, le jour des ides de mai. (15 mars 1289) *. »
Grégoire XI ajouta à ces privilèges des frères celui de publier leurs indulgences même dans les églises des ordres religieux, sans en excepter les mendiants, et défaire, dans les lieux de leur passage, des processions générales, croix en tête et au son des cloches*.
Des faveurs aussi éclatantes faisaient prendre à l'arrivée des frères quêteurs les proportions d'un événement solennel.
L'appareil imposant de la cérémonie ne pouvait qu'en augmenter les résultats, pour le plus grand profit des pauvres.
A l'hôpital de Besançon, dont les quêtes se faisaient très régulièrement chaque année, des religieux accompagnés de serviteurs étaient délégués par le commandeur pour cette fonction ; ou bien, lorsque les religieux manquaient, et comme les quêtes se faisaient à la fois en divers lieux dans une circonscription fort étendue, l'hôpital affermait l'entreprise àdes hommes probes et de conduite irréprochable, marchands ou banquiers *. La maison leur fournissait des
* Diplomataf , p. ;o.
* Bulle du j août IJ72. — Ibid.^ p. 67.
* A. Castan, Notice, II, p. 201.
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cliariots, des serviteurs pour conduire les chevaux, des troncs pour recneiUir les aamânes, des prêtres de l'Ordre pour la prédication, des châsses et des tableaux d'indulgences destinés à provoquer les libéralités des fidèles '.
Fig. {. — Chljse des qufite* de l'hfip. de Dijon, d'ipris D. Calmelet.
Lesquèteurs, en arrivant dans les bourgades et les villes, se rendaient à l'église, où ils exposaient les châsses renfermant les reliques de l'hôpital. Ces châsses étaient de grands coffres décorés et peints en forme d'églises à toiture aigûe, suivant l'usage da moyen-î^e. Elles s'ouvrùent à deux battants ; à l'intérieur on voyait la représentation de la Sainte-Trinité, et sur les parois des volets extérieurs, la double croixde l'Ordre*. Les quêteurs de Dijon se conten-
' A. CasUn, Ifrid. — En iI(o, l'^uipage des quêtes de Besançoo éuit trttni ptt oiue cheviux, comme on le verra plus loin.
* D. Calmelet, Hitt. nu. de Chip, de Dijon, chap. V; — C. Peisaot, Hûtairi de la fottdatioiu... p. 84; — Castan, Notice, IJ, p, 101.